Archives mensuelles : janvier 2011

Compilation: A tribute to PJ Harvey (Dry)

En attendant la sortie du prochain album de Polly Jean Harvey, on peut écouter la dernière compilation d’À découvrir absolument, A tribute to PJ Harvey (Dry), consacrée à une reprise du premier album rocailleux de la grande dame: le bien nommé Dry.

Quatorze artistes participent à cet album apportant chacun une ambiance bien particulière à chaque morceau. Quelques perles enchantent l’ouïe délicieusement étonnée. Karl-Alex Steffen donne une touche de douceur et de poésie à deux voix au très lyrique « Sheela Na Gig ». Laudanum susurre comme Tricky et enveloppe de vapeurs trip-hop-électros le « Joe » si furieux en version originale: ici le tempo devient bristolien, ondoyant et lourd. Chalk Face fait des étincelles rock-folk avec « Plants & Rags » qu’il fredonne tranquillement, sur un ton légèrement blasé: on se croirait dans un film des frères Cohen avec Jeff Bridges, The Dude, cheveux au vent au volant d’une vieille Mustang, écoutant crépiter le vieil autoradio. Watine nous fait frissonner sur « Oh my lover ». Mention spéciale à Lou pour sa réorchestration ogresque et cuivrée (trompette, saxo et trombone) et très originale de « Victory »: on croirait entendre Les Ogres de Barback et c’est parfaitement réjouissant.

Cette compilation est en téléchargement libre sur le site d’À découvrir absolument en cliquant: ici.

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Ez3kiel versus Hint: collision frontale à La Machine

Fin de semaine, vendredi soir. Exit les bottines lacées, le foulard en soie rose et la petite robe noire. J’enfile le pantalon bouffant et le sweat à capuche: je suis parée. Il est 22h dans les rues de Pigalle: me voici enfin arrivée. Je montre mon billet d’entrée à un man in black pas très bavard qui marmonne « OK » avec un geste sec me signalant que je peux y aller. Je rentre et descends dans l’antre de la Machine du Moulin Rouge.

Je traverse un couloir rouge le long d’un aquarium rempli de gens qui fument. Puis, c’est le stand du label Jarring Effects avec son équipe de passionnés. L’un deux me montre la dernière compilation Audio Activism 2 dont j’ai déjà reçu le lien dans ma boîte de Grabuge suite à mon post sur Kaly Live Dub au Casino. Les pochettes cartonnées des albums d’artistes produits par eux sont étalées sur une table: la plupart sont empilées sur mon étagère Louis XV made in Ikéa… Hightone, Kaly, Ez3kiel, Idem, Vuneny, les duos Wangtone, Zentone…

Les lumières s’éteignent: Ez3kiel et Hint entrent en scène. C’est pour les voir et les entendre que je suis là ce soir. Les Tourangeaux et les Angevins jouent ensemble et sont en tournée depuis plus d’un an maintenant pour présenter leur Collision Tour: la playlist est une correspondance de morceaux de l’un et l’autre groupe.

Pendant quelques heures, je ressens le choc frontal, la collision et la cohésion des genres, puis le mélange des envolées lyriques gracieuses d’Ez3kiel apaiser le rock expérimental tranché à vif de Hint, le chaud et le froid, le calme et la fureur, le son mélodieux des cuivres et du xylophone joyeux caresser la grosse caisse frappée par un tonnelier comme possédé. Ez3kiel apporte de la douceur harmonique à l’envolée de décibels des riffs métalliques de Hint. Le plaisir qu’ont ces deux groupes à jouer ensemble est explosif sur scène. Beaucoup plus tard, je marche dans la nuit lumineuse et froide des rues de Paname, le son incendiaire qui résonne encore dans mes oreilles empêche l’engourdissement de poindre son nez. La nuit est électrique.

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Bakchich: voilà c’est fini…

On achève bien les journaux… La lente et longue agonie de la presse d’information ne va donc pas cesser de sitôt. Après le Plan B qui a suspendu sa parution en mai 2010, le sabordage de la presse indépendante continue dès ce début 2011 puisque l’aventure Bakchich vient de s’arrêter.

Pendant ce temps-là, je vois les Métro, Direct Soir et autres hamburgers de l’info insipide tronquée et compilée de la pensée unique, recouvrir les sièges des trains et métros chaque jour et ce, jusqu’à l’écoeurement…

Souhaitons à Bakchich de continuer son activité par le biais du site internet.

Le dernier numéro, le 53, est disponible en kiosque du vendredi 14 janvier au 21 janvier au prix de 1,50€.

Plus d’infos et l’accès aux anciens articles de Bakchich, c’est ici

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Le film du mois de décembre… Le nom des gens

Sans aucun doute, de tous les films vus au mois de novembre (Le nom des gens, De vrais mensonges, Les émotifs anonymes), celui qui remporte tous les suffrages est Le nom des gens, de Michel Leclerc, un film rafraichissant au possible et particulièrement émouvant avec deux acteurs formidables: Jacques Gamblin et Sara Forestier.

Où l’on peut y voir une jeune femme délurée et très libérée, Bahia Benmahmoud, en jupette et Doc Martens, plutôt franchement bien dans son corps et dans sa tête mais en apparence seulement, rencontrer un quadra mal dans sa peau qui porte le nom des appareils électroménagers: Arthur Martin.

Bahia n’a qu’un but dans la vie: se servir de son corps pour convertir tout homme de droite à la gauche, car comme elle le dit si bien: « mais comment peut-on être jeune et à l’UMP? » Très judicieuse question ! Elle tient donc à jour un journal de bord de ses conquêtes converties avec brio: on retiendra notamment le jeune UMP qui après être tombé sous le charme de Bahia est parti dans le Larzac élever des chèvres…

Les dialogues sont savoureux, les situations parfois rocambolesques mais on s’attache à ces deux personnages qui nous touchent profondément. On croise même Jospin venu de l’Ile de Ré, devenu comme le symbole d’une espèce de pensée politique en voie de disparition. Et surtout, on revit soi-même des moments affreusement inoubliables: l’horreur de voir la tête de Le Pen apparaître au 1er tour, la Une de Libé avec un « NON » écrasant cette même tête, l’obligation insoutenable de voter Chirac pour éviter que l’autre candidat, le pire du pire, passe… A voir absolument.

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L’ordonnance électrique de Grabuge pour 2011

Grabuge vous recommande pour 2011 sans modération:

-de toucher, (res)sentir, écouter le froissement du papier de chaque journal et livre que vous lirez pour en garder, en plus de la mémoire du contenu, toute l’essence olfactive et la quintessence du toucher qui lui seront associées : toucher un écran si extraordinaire soit-il ne pourra jamais remplacer ces sensations qui mobilisent tous vos sens
-de toucher encore, sentir chaque digipack et son livret quand vous écouterez votre musique favorite digitale, et aller en concert dans des petites salles pour sentir le son vous traverser comme un courant magnétique: associez vos sensations à chaque écoute
-de nourrir vos oreilles électriques de dub, reggae, classique, électronique ou métal(lique), qu’importe pourvu que ça vous plaise: ce seront les sels de lithium que vous prendrez pour apaiser le stress ou supporter la douleur que vous subirez
-de traîner le plus possible dans les salles obscures pour voir ce qui se cache derrière le rideau rouge lynchéen et mieux décrypter vos rêves étranges qui peuplent votre inconscient
-de mobiliser sans répit vos 5 sens pour rester attentif et encore vivant: l’oeil, l’oreille, la main, le nez, le goût doivent rester branchés au courant alternatif
Grabuge vous souhaite une année 2011 électrique nourrie d’impulsions éclectiques et vous invite à venir ici recharger les batteries dès que le besoin s’en fait sentir…
Stay alive, stay wired

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