Archives mensuelles : février 2011

Radiohead revient avec The King of Limbs

Après le retour de Polly Jean Harvey ce lundi, c’est la très bonne surprise qu’on n’attendait plus: Radiohead a sorti un nouvel album hier: The King of Limbs.

Composé de huit titres, il est, soit disponible en téléchargement sous format mp3 pour 7 euros, soit en pré-commande sous forme d’un coffret comportant 2 vinyles et 1 CD pour 36 euros,  l’album sous format CD ne sortant qu’en avril.

Cet album arrive à point nommé pour moi. La voix lancinante de Thom Yorke chuchote en boucle à mes oreilles depuis hier et apaise les blessures de mon âme perdue dans les limbes. La traduction du titre est à double sens: « Le roi des limbes » ou bien « Le roi des branches », la pochette, réalisée par Stanley Donwood (le graphiste des pochettes de Radiohead depuis 1995 avec The Bends), confirmant plutôt cette dernière: un être en forme d’arbre ou inversement. On pense au si beau et si inquiétant vidéo-clip de There There (extrait de Hail to the Thief) tourné par Chris Hopewell: à la fin, Thom Yorke est happé par la forêt où il erre, son corps se mute en arbre, ses jambes deviennent des racines et ses bras des branches.

The King of Limbs décevra ceux qui aiment la période OK Computer, l’album étant une continuité de Kid A et Amnesiac (« Morning Mr Magpie », « Feral », « Lotus Flower »…): plutôt électro-vaporeux, enveloppé d’une planante mélancolie toujours présente bien sûr et distillée avec le même savoir faire qu’on leur connaît. J’aime particulièrement « Codex », sorte de continuité à « Videotape » qui clôt le précédent album In Rainbow : « no one gets hurt, we’ve done nothing wrong… » Quant au premier extrait de l’album, « Lotus flower », la rythmique de l’intro sonne comme une superposition d’ « Idiotheque » et de « Morning Bell » (Kid A). Je vous laisse ressentir cette très belle vidéo: que j’aime voir danser Thom Yorke, l’introverti à fleur de peau. C’est comme cela que je sais et que j’aime bouger…

The King of Limbs est disponible ici: http://www.thekingoflimbs.com/DIEUR.htm

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Polly Jean Harvey en concert privé chez vous

Si vous ne savez pas quoi faire de votre peau demain et que vous vous demandez en quoi cette journée sera différente des autres de la semaine à venir, voici de quoi voir ce jour différemment.

Si vous venez souvent traîner ici, vous savez donc que sort demain Let England Shake, le nouvel album de Polly Jean Harvey (voir mon billet écrit en décembre à ce sujet).

Si vous hésitez encore à faire cet achat compulsif, ce que je peux comprendre, vous pouvez écouter intégralement l’album en ligne pour vous donner une idée (à écouter ici). C’est pas beau, ça?

Si vous faites encore la moue et que vous n’avez rien de prévu demain soir, détendez-vous. Si je vous dis que Polly Jean vient chanter chez vous demain en direct live à 21h, vous ne me croyez pas? Elle jouera à cette heure un concert privé à la Maroquinerie retransmis en direct sur Deezer pour le son et sur la chaîne d’Arte Live pour l’image en plus (ça se passera ici!). C’est pas merveilleux, non?

Maintenant, si malgré ça, vous baillez encore d’ennui à l’idée de vous lever demain matin, je ne peux plus rien pour vous.

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La douleur sur toile: Bart Baele, « le Flamand craquelé »

A bien y regarder comme ça, le Belge Bart Baele ressemble un peu à Kurt Wallander, personnage inquiet et secret des romans du Suédois Henning Mankell. Il présente en février ses oeuvres tourmentées – dessins, peinture, sculpture – à la galerie Polaris à Paris.

Né en 1969, il est vite délaissé par une mère psychotique et croyante fervente obsessionnelle. A 18 ans, le dessin et la peinture lui serviront de thérapie rédemptrice. Il cite souvent Artaud, Van Gogh, Munch, d’autres artistes écorchés vifs comme lui. La souffrance de son enfance suinte de chaque toile. Un coeur rouge flamboyant palpite dans une cage thoracique grisâtre: le rouge et le noir sont les dominantes lynchéennes de cette oeuvre sombre, violente, inquiétante et douloureuse.

Les esquisses de symboles religieux qui apparaissent souvent en arrière-plan semblent perdre leur sens originel pour devenir de simples éléments de décorations satiriques qui tournoient autour de visages sombres grimaçants (qui font penser au Cri de Munch), de corps vivants souffrants, représentations des angoisses de l’artiste lui-même. Sa peinture est une réflexion d’une beauté hallucinée sur les blessures de son Moi. Elle est, comme il l’écrit dans un de ses tableaux, la « Philosophie des larmes ».

Galerie Polaris, 15, rue des Arquebusiers, Paris 3e: « Le Flamand craquelé » de Bart Baele, jusqu’au 26 février, entrée libre.

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Le film du mois de janvier: Another Year

De tous les films visionnés en janvier (Another Year, Au-delà, Propriété interdite, Angèle & Tony), c’est Another Year qui restera dans mes souvenirs écrasant l’Au-delà de Eastwood vraiment très décevant malgré l’implication de Matt Damon.

Un couple de sexagénaire reçoit dans leur home sweet home, son fils, sa belle-fille et ses amis au fil des quatre saisons. Une année s’écoule. L’amitié, l’amour et la filiation évoluent avec tendresse et cruauté sous la caméra bienveillante de Mike Leigh. Il s’agit en effet pour ce couple de toujours parler de choses qui vont bien. Dès lors que l’un des invités apporte son mal être avec lui et s’effondre en larmes entre le fromage et le dessert, le couple s’agace, se moque. Ces gens sont si bien ensemble qu’ils ne veulent pas voir les petits malheurs et grandes tracasseries de leurs amis envahir leur tranquille petit quotidien surtout lorsqu’ils jardinent ou pendant l’heure sacrée du tea time.

Another Year est une fausse comédie plutôt cynique qui cache un vrai drame mélancolique, qui nous montre un couple soudé entouré d’êtres désespérément seuls, abîmés par la vie.  Et tout cela est fort bien interprété. On retient surtout Lesley Manville, qui joue Mary: elle est, jusqu’au plan final du film, époustouflante.

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