Le film du mois de mars: Winter’s bone

De tous les films vus en ce mois de mars, (Avant l’aube, Winter’s bone, Fighter), c’est Winter’s bone, film américain réalisé par Debra Granik, qui m’a fait l’effet d’un électrochoc cinématographique dont je ne suis pas prête d’oublier l’ambiance rêche et les images sèches.

La caméra de Debra Granik ne lâche pas le visage nu de Jennifer Lawrence sans une once de maquillage qui joue le rôle principal: Ree, une adolescente de 17 ans qui élève seule son frère et sa sa soeur plus jeunes qu’elle puisque leur mère, qui erre comme une âme en peine le regard effroyablement vide, est incapable de s’occuper ni d’eux, ni d’elle-même. Ils sont tous abandonnés par le père sorti de prison qui a donné comme caution leur maison familiale, leur seul toit. S’il ne se présente pas à l’audience du tribunal, la famille sera expulsée. Ree part donc seule à la recherche de son père et apprend qu’il a été tué: pour garder la maison, elle devra apporter la preuve que son père est bien mort.

Sans aucune autre bande son que celui du souffle du vent glacial pour l’accompagner, Ree arpente sans peur la forêt du Missouri où elle vit, à la rencontre de curieux habitants, sortes d’hommes et de femmes des cavernes, pas très causants, tous aussi loufoques les uns que les autres, souvent dérangés, parfois violents, voire vraiment barrés. Ils lui jouent un petit air de banjo, la repoussent, la menacent ou la tabassent, c’est selon (aucune image de violence gratuite n’est montrée: par exemple, Ree se fait tabasser dans un garage tandis que la caméra reste silencieusement face à la porte refermée).

On ne verra jamais le père, tout au plus sera suggéré ce qu’il en reste lors d’une étrange scène onirique entre cauchemar éveillé ou réalité hébétée, où des femmes, un peu sorcières, emmènent Ree dans un canot glissant lentement sur une eau noire recouvrant l’impensable… Cette curieuse scène hantera longtemps le spectateur. On traverse des moments tantôt bruts de décoffrage, tantôt empreints de pure poésie (la scène finale avec l’oncle de Ree qui joue du banjo avec les enfants est superbe). Il faut voir cette gamine faire plier un à un tous ces personnages qui croisent son chemin pour aller jusqu’au bout de sa quête. Jennifer Lawrence crève littéralement l’écran.

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