Le film du mois de mai: Minuit à Paris

Des deux films vus en mai, La Défense Lincoln de Brad Furman et Minuit à Paris de Woody Allen, c’est du deuxième dont je vais parler aujourd’hui. Un américain, Gil (Owen Wilson), part préparer ses noces à Paris avec sa belle famille. Accessoirement, il est aussi un romancier qui attend de cette grande ville culturelle qu’elle lui donne l’inspiration que son pays natal ne saurait lui insuffler. Sa future femme passe ses journées à se pomponner et à dépenser l’argent de ses parents dans les grandes boutiques des Champs-Elysées. Le soir, ils se retrouvent pour dîner tous ensemble au restaurant très chic de l’hôtel en critiquant cette ville asphyxiée par son trafic, voyez-vous ça, et en se plaignant de la météo locale: car il pleut très souvent, c’est un comble. Or ce que Gil aime par-dessus tout, c’est marcher dans Paris sous la pluie sans parapluie, ce qui me rappelle quelqu’un… oui, puisque c’est sous la pluie que je préfère Paris surtout la nuit car les lumières de la ville se reflètent sur les pavés trempés et sur la Seine ce qui a l’agréable tendance de troubler ma vue et laisser gambader mon imagination. La vue de Gil semble se troubler également sous les coups de minuit où, chaque soir, une vieille guimbarde Peugeot vient le chercher et l’emmène passer des heures jusqu’à l’aube dans le vieux Paris. Chaque nuit est un voyage romantique dans le temps où il discute entre autres avec Fitzgerald, Dali, Picasso, Toulouse-Lautrec, Bunuel…  Il rencontre un modèle de Picasso (Marion Cotillard), mal à l’aise dans son époque elle-aussi, puisqu’elle aimerait vivre à La Belle Epoque.

Filmer ce retour dans le passé, réel ou fantasmé, n’est finalement qu’une façon pour Woody Allen de montrer que son personnage rêve de vivre une autre vie que la sienne dans laquelle il se sent inadapté, décalé, à l’étroit. La conclusion de l’histoire étant qu’il n’a pas besoin d’aller si loin en arrière pour trouver ce qu’il a en fait sous le nez aujourd’hui: un bout de femme bien réelle (Léa Seydoux), croisée à un marché aux puces, qui vend des vieux 45 et 33 tours et qui surtout a une particularité… elle aime les choses simples comme sentir la pluie couler sur ses cheveux et sur sa peau… Evidemment, on pourra trouver la future mariée et la belle famille caricaturales et l’histoire bon enfant mais on se laisse aller avec plaisir à suivre Gil dans ses balades nocturnes. D’autant qu’Owen Wilson sort ici de son rôle habituel de comique poussif, tendance très lourd, de ces derniers films, en étant très convaincant en rêveur romantique et passionné qui aime se laisser surprendre.

Posté par Miss Nelson

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