Archives mensuelles : juillet 2011

Le retour d’Idem : nouvel album et nouvelle tournée… vivement l’automne sous la pluie

Il y a trois ans exactement, en plein été, je débarquais à Zagreb, ville de l’Est grise triste et pas belle du tout, point de départ d’une traversée de la Croatie qui finissait en Italie à Venise. On m’avait dit avant de partir: « va dans les criques où tu peux faire topless sous un soleil brûlant ». Mais bien sûr… tout à fait moi ça.

Heureusement, dès le premier soir à mon arrivée en Croatie, je marchais en grelottant dans la grisaille pluvieuse de Zagreb à la recherche du KSET où jouait ce soir-là un groupe français d’électro dub dont Télérama avait fait plusieurs fois l’éloge dans ses colonnes: Idem. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans une zone bizarre très à l’écart du centre ville au KSET, intriguée d’être là en vacances au même moment qu’eux au travail. Je n’avais jamais écouté leur musique auparavant ni vu leur fameuse boule blanche sur scène. Idem aime transformer la prestation scénique en expérience visuelle et sonore (vidéos, jeux d’ombres, photos noir & blanc rappelant l’imagerie de Bunuel…) aux frontières du surréalisme. Leur dub est parfois planant souvent très noisy. Depuis ce jour, Idem séjourne régulièrement dans mon iPod.

Idem revient donc le 7 novembre avec leur album Good side of the rain, titre qui me fait de l’oeil humide, sous le label Yotanka. On peut d’ores et déjà écouter un premier extrait en streaming « Locked in syndrom » sur leur site officiel ici qui annonce un album dans la continuité du précédent The sixth aspiration museum overview (en écoute ici).

Pour Idem, il n’y a pas d’album sans nouvelle tournée et sans nouvelle création visuelle qui l’accompagnent: son studio, design très soigné des pochettes, prestation live et jeux visuels sont les composantes essentielles des oeuvres d’Idem (c’est en cela qu’ils sont cousins d’Ez3kiel bien que leur dub délivre un son qui n’a rien à voir avec Idem, Ez3kiel fonctionne sur ce même principe artistique: il faut regarder l’oeuvre pour mieux l’entendre et en percevoir la signification). Il faut les voir sur scène pour apprécier pleinement l’album studio ensuite. Leur tournée a déjà commencé en mai dans les Balkans comme d’habitude dont le KSET. Mais j’attendrai cette fois-ci qu’ils viennent jusqu’à chez moi. Ils joueront à Paris au Divan du Monde le 22 novembre avec Aucan (dub italien) en première partie. Alors, vivement l’automne à Paris sous la pluie…
En attendant novembre, voici le teaser qui présente la nouvelle création pour patienter:

Posté par Miss Nelson

Lire la chronique de « Good side of the rain »
En concert le 22 novembre au Divan du Monde, Paris
Plus d’infos et dates de la tournée sur le site officiel d’Idem: http://www.idem-kzfp.com/goodsideoftherain/
Site du label Yotanka: http://www.yotanka.net/
Photos de Nelson du concert au KSET à Zagreb en 2008: http://web.me.com/miss.nelson/Grabuge/idemzagreb.html

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Le papier à l’oeuvre au musée du Louvre

L’affiche dans le métro et le titre de cette exposition me faisaient de l’oeil depuis quelques semaines. Je profite donc d’une nocturne et surtout des vacances des Parisiens tous partis à la plage, pour aller voir l’exposition Le papier à l’oeuvre visible jusqu’au 5 septembre au Louvre dans l’aile Sully en association avec Canson répartie en différents thèmes dont le papier et la couleur, les papiers assemblés, les papiers fortuits, les papiers magnifiés et martyrisés…

On peut y admirer des collages, jeux de transparences sur calques, découpages, superpositions de matières et encres en tout genre qui imbibent, incrustent, malmènent la matière première qu’est le papier, traversant les ans du XVIe à aujourd’hui.

Gribouillages à la sauvette sur des couvertures de livre ou cartes à jouer. Papier laqué rose pour Degas qui y dessine ses danseuses de dos. Silhouettes découpées par Oberlin et recollées pour un jeu de noir & blanc, recto/verso (cf l’affiche de l’expo). Volets collés et découpés sur un dessin s’ouvrant ainsi sur une scène différente de la première. Mais aussi l’autoportrait de Baudelaire avec ses annotations que j’ai enfin pu voir et sonder, mes yeux longtemps plantés dans son regard fiévreux.

Découpages gouachés punaisés de Matisse, assemblages de différents papiers chez Braque et Picasso. Papier arraché, griffé, tailladé, troué par les termites chez Barcelo, empreint de rouille, tressé, brûlé et consumé par les flammèches revêches de Jaccard.

J’ai envie ici d’évoquer Christian Jaccard, ce plasticien pyronaute que je retrouve par un beau hasard une semaine après l’avoir découvert à Beaubourg (un grand merci à Lennso) dans les collections permanentes. Je me suis laissé embraser par la puissance poétique et organique de ses immenses toiles vibrantes de rouge, blanc et noir, toutes intensément marquées et décolorées par les traces des flammes qui déversent des cendres palpitantes dans mon coeur encore incandescent.

Je quitte cette très belle exposition et regarde, en sortant de la salle, par les fenêtres, le soleil descendre sur les toits du bâtiment. Je traverse la salle des peintures italiennes. Des touristes asiatiques fatigués ont la bouche ouverte et le regard tourné vers La Joconde imperturbable derrière sa paroi de verre. Je n’entends pas ce qu’ils disent car la musique sombre et enivrante de Brain Damage enveloppe tout mon être. Je peux contempler tranquillement La Belle Ferronnière avant de continuer ma balade du vendredi soir dans les couloirs majestueux du Louvre. Mes pas effleurent le vieux parquet tandis que je contemple les colonnes et les hauts plafonds peints. Je voudrais être seule ici ce soir et parcourir tous les couloirs et escaliers à la lumière de la lune tant je me sens liée à ces lieux mystérieux. Et c’est à ce moment-là que je pense, comme une évidence, que je sais…  que je dois retourner vivre à Paris.

Posté par Miss Nelson

« Le papier à l’oeuvre » du 9 juin au 5 septembre 2011 au musée du Louvre, Paris. Plus d’infos sur l’exposition ici.

Les toiles du diptyque « Minuit, Minuit et quart » (combustions gel thermique) de Christian Jaccard sont visibles dans les Collections permanentes de Beaubourg, Paris.
A lire: Conversations de Christian Jaccard aux Editions Les Beaux-Arts de Paris, janvier 2011
Voir Christian Jaccard à l’oeuvre:

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Les films du mois de juin: X-Men, Le commencement et L’Affaire Rachel Singer

Je sais que je vais en décevoir plus d’un/une en avouant que de tous les films vus en juin: X-Men Le commencement de Matthew Vaughn, Limitless de Neil Burger, Une séparation d’Asghar Farhadi, L’affaire Rachel Singer de John Madden, Omar m’a tuer de Roschdy Zem, ce n’est pas du tout Une séparation  que j’ai retenu. Encensé dans la presse, radio, ce film fait apparemment l’unanimité et pourtant, malgré les excellents acteurs certes, j’ai trouvé ce film pesant, parfois même pénible dans sa répétition, prévisible, et non, je n’ai pas été émue plus que cela par la dernière scène où se lance le générique. Je me souviens encore d’Animal Kingdom ou de Winter’s Bone qui sont des films qui m’ont vraiment bouleversée cette année quand Une séparation m’a véritablement ennuyée. Je trouve très bien que ce film iranien ait pu faire autant d’entrées par le simple bouche à oreilles mais là où c’est agaçant, c’est quand ça devient « bien » de l’avoir vu… Cela me rappelle la période Des hommes et des Dieux qu’il fallait absolument voir. Occultant le reste. Ah bon? Passons donc là-dessus.

J’ai préféré, oh mon Dieu est-ce possible?!, X-Men, si si, que j’ai pris grand plaisir à voir et L’Affaire Rachel Singer. X-Men, Le commencement, qui raconte la jeunesse et la rencontre de Professeur X et Magneto, rappelle les bons vieux James Bond de nos parents. C’est sans conteste le meilleur de tous les épisodes de la série que Matthew Vaughn nous livre ici à la fois léger, drôle, sensible, coloré et très sombre (la scène d’ouverture dans le camp de concentration où est retenu Magneto est impressionnante). Rien à redire non plus concernant le casting impeccable; on y voit d’ailleurs l’héroïne de Winter’s bone, Jennifer Lawrence, en mutant qui n’accepte pas sa véritable apparence physique couleur bleu Klein (merci à Lennso pour m’avoir fait découvrir ce bleu hypnotique à Beaubourg:)). Un film donc pour ceux donc qui aiment les Marvel mais aussi pour les autres qui ne connaissent pas la série X-Men, celui-ci est l’occasion de les découvrir en passant un très bon moment de cinéma.

Dans un tout autre registre, bien que la première scène du film de X-Men se déroule dans un camp de concentration, j’ai apprécié L’affaire Rachel Singer surtout pour l’interprétation à fleur de peau de l’actrice Helen Mirren (qui joue Rachel aujourd’hui), toujours très classe, et le très secret Sam Worthington que j’avais trouvé si fade et lisse dans Avatar et qui trouve ici un rôle à sa mesure. Rachel est rattrappée par son passé lorsqu’elle fut agent du Mossad dans sa jeunesse: avec deux autres agents, ils avaient organisé l’enlèvement du chirurgien de Birkenau afin qu’il soit jugé pour ses actes criminels envers les juifs pendant la deuxième Guerre Mondiale. Un film sur l’impossible vérité qui ronge, les non-dits, l’incapacité des personnages à exprimer leurs vrais désirs enfouis et leurs émotions toujours retenues; des personnages qui de ce fait passent à côté de leur vie. John Madden filme de très belles scènes du trio entre Rachel jeune (Jessica Chastain), David (Sam Worthington) et Stephan (Marton Cskosas) ou comment une femme peut épouser par dépit un homme alors qu’elle en aimera un autre toute sa vie durant.

Posté par Miss Nelson

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