UTOPIA, la nouvelle série anglaise déviante: « Where is Jessica Hyde? »

Utopia Channel 4 serieJe dévore tellement de séries depuis quelques temps que j’en oublie d’écrire. Il fallait pourtant que je parle des dernières que je viens de visionner. Il y’a la décevante The Following, la grande House of Cards de David Fincher avec Kevin Spacey qui méritait forcément toute mon attention mais aussi et surtout UTOPIA, une série made in UK réalisée par Marc Munden lancée le 15 janvier 2013 sur Channel 4 dont je vais parler aujourd’hui. Il s’agit de six épisodes d’une heure chacun que j’ai savourés dans le noir, à l’heure du thé, au coeur de la nuit, en fin de journée. Six épisodes dans lesquels mon stress de journées délirantes sous haute-pression se dissipait le temps d’un chapitre dans les méandres de cette nouvelle série électrique complètement barrée, dark et déviante qui mérite donc sa place dans les colonnes de Grabuge. Tous les ingrédients électriques sont là pour faire une bonne recette qui prend très très vite au point de vous rendre addict. Tout d’abord, une bande originale électro-dark à la fois étrangement dansante et oppressante; des couleurs très vives et froides avec une prédisposition pour des verts, des bleus et des jaunes très intenses, crus; les paysages verdoyants, humides et désespérés que j’aime tant des côtes anglaises frappées par l’océan;

des personnages tous complètement décalés, frappés, paranoïaques aigus, à tendance spooky. Le renard Mulder n’est pas loin: en hommage à X-Files, Wilson, sorte de cousin des trois bandits solitaires, possède une affiche chez lui de « I believe »  et passe plus son temps à gommer ses traces dans ce monde qu’à y vivre. Des personnages qui n’hésitent pas à se déguiser en lapin, comme un clin d’oeil à l’univers de David Lynch. On croise aussi deux tueurs implacables, effrayants parce que ressemblant aux agneaux innocents de Funny Games, qui flinguent sans émotion aucune et pratiquent la torture en détail avec quelques variations selon la situation: une bonbonne de gaz au Comic Store, un flingue ou une simple cuillère dans le sous-sol de Wilson, et qui ne se séparent jamais de leur gros sac jaune citron comme l’affiche de la série. Enfin, l’art graphique est l’ingrédient principal: en effet, Utopia n’est autre qu’une bande dessinée créée par un génie scientifique visionnaire et tortionnaire, sorte de Dr Jekyll qui a une fille: Jessica… Hyde bien sûr.

Jessica Hyde

Grant

Mais de quoi diable parle cet ovni venu d’outre-manche? Cinq personnes dont un petit garçon, Grant, entrent en contact à propos d’une bande dessinée, Utopia, que l’un d’eux possède. Ce dernier ne verra jamais les quatre autres. Network, une société mystérieuse et meurtrière fera tout pour récupérer les planches d’Utopia car il semble que les dessins révèlent un mystérieux secret, des réponses à plusieurs questions, une vision très noire de notre avenir sur cette planète. Deux employés de Network (les cousins de Funny Games) affublés du fameux sac jaune vont les traquer, les torturer sans répit: l’un deux parle peu et ne ne sait poser qu’une seule question lors des premiers épisodes dont la célèbre : « Where is Jessica Hyde? ».

Where is Jessica Hyde?

Les cinq n’ont plus qu’un seul choix: fuir avec les planches de la bande dessinée. Ils découvrent peu à peu qu’elle décrit des événements qui se sont réellement passés, des expériences sur des humains mais dans quel but? C’est alors qu’apparaît Jessica Hyde, fille de l’auteur d’Utopia, femme enfant avec une voix de souris, véritable personnage de bande dessinée, qui vient récupérer l’oeuvre de son père et tuer celui qui est à la tête de Network: le fameux Mr Rabbit.

A chaque épisode, la paranoïa monte cruellement de plusieurs crans, les dialogues (à voir en VO absolument), les scènes de tuerie et de torture sont très violentes mais en même temps complètement décalées: il se passe toujours quelque chose qui vient contrecarrer la situation. Pourquoi Network fait croire au retour de la grippe russe pour vacciner la population anglaise? Est-ce pour inoculer quelque chose aux gens? Dans quel but? Le père de Jessica Hyde lui a-t-il fait subir ses expériences digne d’un Docteur Moreau? Et surtout, qui est Mr Rabbit? Six épisodes qui, jusqu’à la retournante dernière scène, ne vous lâcheront pas. Ce qui est sûr, c’est que vous ne verrez plus des choses jusqu’ici simples de la même façon: un magasin de bande dessinée, un sachet de bonbons, un post-it jaune, un sac jaune et une petite cuillère.

Posté par Miss Nelson le 24/02/2013

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