Archives de Catégorie: La salle obscure

Cinéma et visionnage en tout genre pour l’oeil électrique

UTOPIA, la nouvelle série anglaise déviante: « Where is Jessica Hyde? »

Utopia Channel 4 serieJe dévore tellement de séries depuis quelques temps que j’en oublie d’écrire. Il fallait pourtant que je parle des dernières que je viens de visionner. Il y’a la décevante The Following, la grande House of Cards de David Fincher avec Kevin Spacey qui méritait forcément toute mon attention mais aussi et surtout UTOPIA, une série made in UK réalisée par Marc Munden lancée le 15 janvier 2013 sur Channel 4 dont je vais parler aujourd’hui. Il s’agit de six épisodes d’une heure chacun que j’ai savourés dans le noir, à l’heure du thé, au coeur de la nuit, en fin de journée. Six épisodes dans lesquels mon stress de journées délirantes sous haute-pression se dissipait le temps d’un chapitre dans les méandres de cette nouvelle série électrique complètement barrée, dark et déviante qui mérite donc sa place dans les colonnes de Grabuge. Tous les ingrédients électriques sont là pour faire une bonne recette qui prend très très vite au point de vous rendre addict. Tout d’abord, une bande originale électro-dark à la fois étrangement dansante et oppressante; des couleurs très vives et froides avec une prédisposition pour des verts, des bleus et des jaunes très intenses, crus; les paysages verdoyants, humides et désespérés que j’aime tant des côtes anglaises frappées par l’océan;

des personnages tous complètement décalés, frappés, paranoïaques aigus, à tendance spooky. Le renard Mulder n’est pas loin: en hommage à X-Files, Wilson, sorte de cousin des trois bandits solitaires, possède une affiche chez lui de « I believe »  et passe plus son temps à gommer ses traces dans ce monde qu’à y vivre. Des personnages qui n’hésitent pas à se déguiser en lapin, comme un clin d’oeil à l’univers de David Lynch. On croise aussi deux tueurs implacables, effrayants parce que ressemblant aux agneaux innocents de Funny Games, qui flinguent sans émotion aucune et pratiquent la torture en détail avec quelques variations selon la situation: une bonbonne de gaz au Comic Store, un flingue ou une simple cuillère dans le sous-sol de Wilson, et qui ne se séparent jamais de leur gros sac jaune citron comme l’affiche de la série. Enfin, l’art graphique est l’ingrédient principal: en effet, Utopia n’est autre qu’une bande dessinée créée par un génie scientifique visionnaire et tortionnaire, sorte de Dr Jekyll qui a une fille: Jessica… Hyde bien sûr.

Jessica Hyde

Grant

Mais de quoi diable parle cet ovni venu d’outre-manche? Cinq personnes dont un petit garçon, Grant, entrent en contact à propos d’une bande dessinée, Utopia, que l’un d’eux possède. Ce dernier ne verra jamais les quatre autres. Network, une société mystérieuse et meurtrière fera tout pour récupérer les planches d’Utopia car il semble que les dessins révèlent un mystérieux secret, des réponses à plusieurs questions, une vision très noire de notre avenir sur cette planète. Deux employés de Network (les cousins de Funny Games) affublés du fameux sac jaune vont les traquer, les torturer sans répit: l’un deux parle peu et ne ne sait poser qu’une seule question lors des premiers épisodes dont la célèbre : « Where is Jessica Hyde? ».

Where is Jessica Hyde?

Les cinq n’ont plus qu’un seul choix: fuir avec les planches de la bande dessinée. Ils découvrent peu à peu qu’elle décrit des événements qui se sont réellement passés, des expériences sur des humains mais dans quel but? C’est alors qu’apparaît Jessica Hyde, fille de l’auteur d’Utopia, femme enfant avec une voix de souris, véritable personnage de bande dessinée, qui vient récupérer l’oeuvre de son père et tuer celui qui est à la tête de Network: le fameux Mr Rabbit.

A chaque épisode, la paranoïa monte cruellement de plusieurs crans, les dialogues (à voir en VO absolument), les scènes de tuerie et de torture sont très violentes mais en même temps complètement décalées: il se passe toujours quelque chose qui vient contrecarrer la situation. Pourquoi Network fait croire au retour de la grippe russe pour vacciner la population anglaise? Est-ce pour inoculer quelque chose aux gens? Dans quel but? Le père de Jessica Hyde lui a-t-il fait subir ses expériences digne d’un Docteur Moreau? Et surtout, qui est Mr Rabbit? Six épisodes qui, jusqu’à la retournante dernière scène, ne vous lâcheront pas. Ce qui est sûr, c’est que vous ne verrez plus des choses jusqu’ici simples de la même façon: un magasin de bande dessinée, un sachet de bonbons, un post-it jaune, un sac jaune et une petite cuillère.

Posté par Miss Nelson le 24/02/2013

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Le film du mois de février: Bullhead

En février, il y aura juste eu un film Belge, inoubliable, que j’ai pris comme un coup de poing d’une grande violence dans le ventre, gravé au fer rouge dans mon coeur: Bullhead de Michael R. Roskam, qui fera partie sans conteste des films de l’année 2012.

Jacky, la trentaine, est fils d’agriculteurs. Il vit encore chez ses parents dans la ferme familiale paumée au milieu de nulle part. Il fait partie de ces personnages qui m’émeuvent par leur silence, leur difficulté à communiquer avec les autres, leur différence qui les rend si sensible à tout ce qui les entoure. Jacky, c’est au premier regard un corps gonflé de muscles avec des yeux d’enfant, perdus, affolés, timides. Capable d’une grande violence avec les hommes comme d’une grande gêne avec les femmes qui lui plaisent, Jacky semble revenir de loin, si loin. Titan au coeur fragile, il cache un lourd secret. Dès les premières images du film suinte le malaise dans une campagne glauque. A entendre ceux qui nous bassinent avec leur envie de quitter définitivement la ville pour vivre loin à la campagne, pour sa « qualité de vie », grand terme à la mode repris par les magazines « In », image d’épinal, il faut croire que, décidément, ils n’y ont jamais grandi. Dans une maison perdue dans les champs au milieu de rien avec au loin la vue splendide sur la centrale nucléaire… Se lever aux aurores pour prendre le seul bus du matin qui me conduit à l’école et attendre que les portes s’ouvrent. Descendre à la ferme chercher le lait avec une voisine, partir en vélo seule à travers champs pour ne plus entendre les cris et les pleurs à la maison. Et les gens tristes et aigris du voisinage qui s’observent et se convoitent par ennui les longues soirées d’hiver. Et n’avoir qu’une envie: foutre le camp d’ici. Il faut l’avoir connu des années durant, avoir grandi au milieu de ça pour ressentir ce sale frisson parcourir l’échine bovine lorsqu’on entend la voix off sur les premières images brumeuses de Bullhead nous dire en flamand que le plus honteux des secrets, celui qu’on voudrait oublier, finit toujours par éclater un jour. On sait déjà à cet instant que l’on va descendre dans les profondeurs sinistres et moites de l’arène avec Jacky.

Le petit frigo de Jacky est rempli de flacons. Chaque jour, il sort la seringue et l’élastique et fait son petit mélange, son « Redbull » fait maison: Jacky s’injecte des hormones bovines. Qui gonflent ses muscles, toujours plus. L’acteur Matthias Schoenaerts a pris 27 kg pour ce rôle et remplit l’écran par sa présence spectaculaire. Sa prestation est ahurissante. Pour échapper à un destin tragique, Jacky se pique encore et encore pour surmonter et combler un drame qu’il a vécu enfant. Ce qu’il a subi est effrayant: « Je suis comme ces boeufs »avoue-t-il à son ami d’enfance. On comprend qu’il ne vit plus depuis ce jour. Ce jour où l’on a fracassé l’adulte, l’homme en devenir chez le petit garçon qu’il était encore alors. Non, il ne vit plus, il survit. Jusqu’au dernier moment, jusqu’à ce dernier plan. Le dernier quart d’heure secoue comme un shaker mon corps de sanglots. Je vois Jacky, fébrile,  s’injecter le contenu de tous les flacons, les uns après les autres. Je ne peux plus m’arrêter de pleurer. Il ne peut plus s’arrêter de se piquer jusqu’à ce qu’ils soient tous vides. Coktail molotov qui agite son corps animal de soubresauts sauvages, incontrôlables. Jacky est devenu une bombe humaine à retardement jusqu’à l’explosion finale des sentiments, de la honte, de la douleur de ne pas être complètement soi-même. Et alors que tout le monde se lève dans la salle pour retourner vaquer à ses diverses occupations, rester là, en pleurs, tapie dans un siège rouge sang.

Posté par Miss Nelson le 18/03/2012

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Le film du mois de janvier: Take Shelter

Le film du mois de janvier est celui que j’attendais impatiemment de voir et qui ne m’a pas déçue: Take Shelter de Jeff Nichols, film saisissant sur nos peurs inconscientes qui révèlent tant de choses inavouées sur nous-mêmes. Les murs tremblent. Les meubles du salon se soulèvent et flottent dans la pièce. Dehors, le ciel tourne à l’orage. Les nuages se transforment en d’effrayants tourbillons qui tournoient toujours plus fort. Une pluie terreuse tombe comme un torrent du ciel et coule sur la peau de Curtis. Il attrape sa fille pour la protéger du chaos intérieur et extérieur qui règne partout autour d’eux. Il veut crier mais sa bouche reste ouverte et muette comme le tableau de Munch, comme sa fille sourde et muette dans le monde réel. Une angoisse terrifiante perle de sueur dans son dos. Il se recroqueville au sol mais rien n’y fait. Il se réveille en apnée la bouche toujours et encore ouverte sans qu’aucun son ne soit émis. Je sais ces cauchemars effrayants qui vous sortent du sommeil privée d’oxygène. Je cours vers la fenêtre pour respirer mais mes poumons sont bloqués. Je sais ces apnées qui m’arrachent de mon lit. Je manque d’air. Meday Meday. Mais personne n’est là pour m’apaiser, me réapprendre à respirer, pour me dire qu’il s’agit juste d’un mauvais rêve qui va passer. L’impression terrible d’être en train de mourir asphyxiée. Juste assez de force pour ouvrir une fenêtre et plaquer mes lèvres sur les volets, attendre que ma cage thoracique s’ouvre et veuille bien laisser rentrer l’air à nouveau.

Et comme un enfant qui ne peut se réveiller, prisonnier de son cauchemar et d’une peur inqualifiable, Curtis assiste impuissant à toutes ces scènes apocalyptiques sorties tout droit de son esprit pris dans la tourmente, toutes plus oppressantes les unes que les autres. On en veut à sa vie: la nature ou les autres? Sous la pluie toujours plus forte, des cadavres d’oiseaux noirs se déversent des nuages alors qu’il court dans un lotissement à perdre haleine protégeant sa fille dans ses bras. Sous la pluie encore, Curtis est en voiture avec sa fille. Mais quelqu’un les agresse et la kidnappe. Curtis enferme son chien qu’il croit apeuré et excité par la tempête qu’il sent venir, son chien si gentil qui a voulu le mordre. Des sons intenses, comme des cris d’oiseaux apeurés, semblent lui briser les tympans. Il voit dans le ciel des nuages prendre des formes étranges, des tornades l’encercler, des nuées de volatiles affolés par quelque chose. Mais ce chaos ne gronde qu’à l’intérieur de la tête de Curtis lui infligeant des visions cauchemardesques de fin du monde où la nature prend le dessus et emporte tout sur son passage. Curtis est persuadé d’être atteint du même mal que celui de sa mère qui n’arrivait plus à s’occuper de son fils plus jeune: la schizophrénie. Il en a, pense-t-il, tous les symptômes et tente de consulter.

Mais bien que conscient du mal qui le ronge à l’intérieur, il construit quand même un abri anti-tempête sous son jardin quitte à s’endetter. Il commence les travaux. Personne ne le comprend, ni sa femme qui pourtant tente de l’aider, ni les voisins dont il devient la risée. Michael Shannon est tout bonnement impressionnant et émouvant. Il joue à la perfection le rôle de Curtis, un homme solitaire parlant très peu, n’exprimant peu ou pas ses émotions, si ce n’est avec sa fille hypersensible et différente comme lui car ressentant ce que les autres ne voient pas: « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Parfois, ce n’est plus un adulte que l’on voit à l’écran, mais un visage et un corps avec des expressions brutes d’enfant. A chaque crise de Curtis, c’est l’enfant effrayé qui ressort. Et lorsqu’une tempête arrive vraiment et que la famille s’abrite sous le jardin, Curtis est comme un enfant incapable d’ouvrir la porte de l’abri pour en ressortir, angoissé à l’idée que la tempête dehors ne soit pas tombée. Sa femme essaie de le convaincre, sa fille ne ressent plus l’orage. Il y a à ce moment-là dans le regard de Michael Shannon plaqué de terreur contre la porte, une fragilité, une innocence émotionnellement très fortes. Lors d’un repas entre villageois, Curtis sort de ses gonds, il devient alors comme un géant d’une force incroyable. Il casse presque tout et parle très fort pour dire qu’une tempête terrible va arriver même si personne ne le sent. Il le sait lui. La minute d’après, le colosse d’argile s’effondre, fragile, dans les bras de sa femme comme un enfant. Bouleversant.

Et puis encouragé par sa femme, Curtis accepte de suivre un traitement pour sa schizophrénie. C’est alors que survient ce que les autres n’attendaient pas. Sur une plage tranquille, Curtis est enfin détendu, il s’amuse avec sa fille à faire une forteresse… de sable. Elle est face à la mer, il tourne le dos aux vagues. Elle bouge ses mains et lui fait le signe qui signifie « tempête ». Il se retourne et voit une multitude de tornades surplomber la mer et une vague se dresser de plus en plus haut. Il court avec sa fille vers sa femme. Sa femme est hypnotisée par la scène ce qui veut donc dire qu’il n’est pas en train de faire une crise. Que tout est réel. Et tout se renverse: Curtis n’a plus peur, c’est lui qui, avec un calme maîtrisé, interpelle doucement sa femme qui reste paralysée par la peur de ce qui est réel tout à coup et de ce qu’elle n’avait jamais pu imaginer. Curtis l’a tellement « vécu » dans ses crises, qu’il est préparé au pire même devenu réel puisque ses sensations, ses émotions pendant ses crises et ses cauchemars étaient parfaitement réels: la peur, la terreur, l’angoisse, la paralysie… Il est donc « équipé » pour ce qui arrive. Ce sont encore une fois, les plus fragiles, les plus émotionnellement instables, les plus différents, qui tiennent au final la barre, qui rattrapent les autres par la main, ceux qui vont toujours bien et qui ne supportent pas la douleur, la peur, car ils n’y sont pas préparés.

Et c’est exactement le même discours de Melancholia de Trier que j’avais tant apprécié:  Justine, la soeur atteinte de dépression absolue, sera celle qui deviendra la forteresse qui apaisera les peurs de sa soeur et de son fils au moment de l’impact de la planète « Melancholia » et de la Terre. Elle construit d’ailleurs elle aussi un « abri » de branches, symbolique ici, pour les abriter tous les trois.  J’y disais en conclusion : « (extrait) Comme si finalement, le mal être (la planète Melancholia) dédaigné (par peur?) et incompris par ceux qui ne le ressentent jamais cachait une force de vie extraordinaire. En ce sens la planète Melancholia, allégorie du spleen, qui vient percuter avec violence notre quotidien, change la façon de voir et de percevoir l’horizon. Paradoxalement, ne pas l’éviter, laisser la dépression nous traverser serait-il le seul moyen d’en sortir plus vivant qu’avant? » Take Shelter et Melancholia se rejoignent donc sur ce point. Car je dirais la même chose ici sur la tornade dans Take Shelter, annonciatrice de fin du monde. La schizophrénie envahit Curtis et le rend finalement plus fort, plus sensible et plus prêt que les autres à vivre la peur extrême, réelle. La peur faisant déjà partie de son quotidien, il a pu apprendre à l’apprivoiser. Le chaos imaginaire intérieur d’un seul homme est passé à l’extérieur en devenant réel pour tous les autres. C’est peut-être même une guérison dont il s’agit: lorsque la tornade devient réelle, qu’elle se lève, alors la fièvre de Curtis tombe.

Posté par Miss Nelson le 29/01/2012

Lire la chronique de Melancholia de Lars Von Trier

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De la densité des flux magnétiques en 2012 (où il est surtout question de Motorville, groupe de l’année?)

« Cette année sera différente de la précédente. » Je dévale les marches d’un escalier. Manque de tomber. Vite avant que les larmes ne coulent. Je m’enferme, tourne le loquet. Les soubresauts arrivent comme un hoquet. Je les reconnais. J’entends des pas aller et venir. L’eau du robinet couler. Je voudrais que ça cesse ou que ça continue, je ne sais plus. Devant moi la porte fermée. Entre quatre murs je me laisse glisser. Pas de fenêtre pour s’échapper. Tout arrêter. Avant d’avoir mal. A en crever. Les cauchemars reviennent, je vois les serpents ramper sous la porte. J’entends leurs sifflements. Je me rappelle ses coups de poing dans les murs la nuit m’empêchant de dormir. Le mal au ventre à s’en plier. M’éjecter du cockpit? Je suis rivée aux commandes, paralysée. Laissez-moi descendre. Je cherche le piège qui va se refermer sur moi. Forcément il y a un truc, quelque chose qui va faire mal. Caché derrière tout ce qui est beau. Des éclats de verre se briser dans mon coeur broyé? La peur de se lâcher. De morfler. Toujours restée éveillée. La sueur perle dans mon dos, je ne peux plus bouger. Les serpents se rapprochent, m’entourent. Je crie mais aucun son ne sort. Je ne peux plus respirer. « Urgent crier »*. La porte que je croyais fermée s’ouvre brusquement: « Ce n’est qu’un cauchemar Nelson, il n’y a pas forcément de piège. Respirez. Acceptez de ressentir. Vous êtes juste en train de comprendre. Rebranchez-vous. » Comprendre quoi? Je dois remettre en marche le générateur. Rejoindre les fils conducteurs, les points de suture comme des points de suspension sur le revers de ma peau qui ponctuent le désir de vibrer encore… Je me concocte un programme pour un 2012 étrange et surprenant avant tout, pour agiter à nouveau les électrons libres qui tournoient dans mon corps.

On commence par descendre dans les salles obscures, avec le superbe et douloureux Take Shelter de Jeff Nichols (lire la chronique) que j’ai déjà visionné. Une tempête effrayante gronde sous le crâne d’un homme. Sa différence, sa maladie suscite les moqueries et l’incompréhension des autres se croyant à l’abri car « normaux ». Pourtant, elle le rendra plus fort tandis que les autres perdront pied quand la tempête deviendra réelle. Dans un tout autre registre, j’attends de voir le prochain film surréaliste de Quentin Dupieux (Mr Oizo), Wrong. J’avais particulièrement apprécié le premier déjanté, Rubber (lire la chronique). « Am I Wrong? »

On continue avec The Dark Knight Rises de Christopher Nolan que j’espère aussi noir et envoûtant que le précédent malgré la présence de Christian Bale et Marion Cotillard, Frankenweenie de Tim Burton, Holly Motors de Leos Carax, Django Unchained de Tarantino, Haywire de Soderbergh, Cosmopolis de Cronenberg…

On remonte à la surface pour aller se promener dans mon potager sonore, où l’on verra pousser encore de curieuses plantes psychédéliques cette année. Certaines sont déjà sorties de terre prêtes à être cueillies comme l’herbe magique A Matter of Time, le nouvel album du Peuple de l’Herbe paru lundi 16 janvier et qui tourne sur ma platine. Il sera suivi d’un concert le 14 mars au Bataclan: je ne les ai encore jamais vus sur scène. Puis, il sera enfin question de la sortie de l’album d’High Damage, la fusion entre High Tone et Brain Damage annoncée le 26 mars chez Jarring Effects. Après une furieuse entrée en la matière le 14 octobre au 104, la tournée reprend en 2012 avec un passage au Bataclan le 10 mai où je serai à nouveau là pour les voir. Metastaz actuellement en studio nous prépare également son nouvel album qui devrait sortir au Printemps intitulé Encounters. Il est déjà en tournée actuellement et j’espère le voir sur scène à Paris.

Enfin, et surtout, je finis sur l’événement le plus excitant de 2012: après le retour sur scène d’Earthling à La Maroquinerie en novembre 2011, j’apprends grâce à un message reçu sur last.fm que Mau, masqué, a formé, en parallèle d’Earthling, un groupe « Motorville » avec Kid Loco et DJ Seep eux aussi masqués, dont j’espère vous reparler très très vite. En attendant l’album, cinq bijoux précieux tournent déjà sur la toile sur Youtube et sont donc sur mon iPod: l’entêtant « I’m your sin », « Driving through the city », « Sweet Heart », « Birds and Bees » et « Nothing ever stays the same ». My god, le son, le rythme, sont juste fabuleux. Après la première écoute de « Driving through the city », je ne pouvais déjà plus me défaire de la mélodie et de cette voix, la voix de Mau, de « Saturated » (Humandust), qui m’est si familière…

Et croire que les choses jusqu’ici immuables peuvent enfin changer. Puisque, no no no… nothing ever stays the same. 

Posté par Miss Nelson le 22/01/2012

La page officielle de Motorville: http://www.facebook.com/pages/Motorville-dont-give-a-shit/274544849222836?sk=
Lire la chronique du film Take Shelter
*Extrait de « Parler le fracas », A Matter of time, Le Peuple de l’herbe.
Photo: « Miss Nelson feels Music » de Miss Nelson, 2011 Tous droits réservés

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L’année électrique 2011 de Miss Nelson

Mon retour sur la toile pour commencer 2012 sera pour consacrer un billet aux courants alternatifs extatiquo-dark qui m’auront fait vibrer en 2011, année noire aux cimes vertigineuses et aux sous-sols sombres humides et vénéneux où je suis tombée en chute libre le parachute en torche. 2011, l’année où j’apprends à dire « Non ». Non à ceux et celles qui excellent dans l’art de vous faire culpabiliser pour tout et pour rien, parfois même pour être là. Fini tout ça… Toutes ces ondes électriques, ces chocs sensoriels nécessaires pour supporter les jours tristes. Ils ont été là, ils sont là, j’y viens, j’en parle.

Il y aura eu les pleurs de Cascadeur dans mon coeur, la pluie noire et lumineuse d’Idem dans mes yeux, la découverte du dub oriental onirique de l’ingénieux Metastaz, le dub-électro unique en son genre de TD+, la set-box 5+1 de Zenzile, le FX100 de Jarring Effects, le retour inespéré d’Earthling sur scène, d’autres scènes fabuleuses chargées à haute tension qui ont fait éclore les roses épineuses de mes Docs: Ez3kiel versus Hint, Doctor Flake, Polly Jean Harvey, Kaly Live Dub, Brain Damage avec et sans Raphaël, High Damage, Thiéfaine… Des claques visuelles qui auront remué la lame dans mon âme comme Animal Kingdom, Drive, Winter’s Bone, l’oeuvre calcinée de Christian Jaccard, Bart Baele le craquelé…

Et puis des pics émotionnels intenses: ma chronique de l’album d’Idem Good Side of the Rain et mon live report de leur concert au Divan du Monde le 22 novembre dans leur dossier de presse (à voir ici) ; le lien sur le site d’Universailles de mon live report du Potager du Rock à Versailles (Brain Damage et Kaly Live Dub); le record de visites jamais atteint le jour où Brain Damage a posté sur son facebook le lien vers mon live report du concert de High Damage au 104; les remerciements sur twitter de Mau pour mon live report du concert d’Earthling à La Maroquinerie le 4 novembre et le lien qu’ils ont mis sur leur site officiel… (http://www.earthlingmusic.co.uk/site/?page_id=104); tous les commentaires de ceux, émus, qui ont aimé le live report de Thiéfaine à Bercy... Merci à vous d’être là aussi pour vibrer et merci à eux.


Je décerne donc les palmes électriques à:

Meilleur album :
Good side of the Rain d’Idem (lire la chronique)

Meilleur album émotionnel:
The Human Octopus de Cascadeur (lire la chronique) 

Meilleur album dub-électro:
Aliénation de TD+  (http://www.myspace.com/tdplus)

Meilleures compilations (ex-aequo):
FX 100 de Jarring Effects (http://fr.ulule.com/fx100/)
Set box 5+1 de Zenzile
(http://www.zenzile.com/)
A tribute to PJ Harvey DRY de A découvrir absolument (lire la chronique)

Meilleure bande originale:
Drive 

Meilleurs morceaux (ex-aequo):
« Good side of the rain » de l’album éponyme d’Idem (lire la chronique)
« King David » et « Smash It » de l’album Aliénation de TD+ (http://www.deezer.com/fr/music/td) 

Meilleurs concerts émotionnels (ex-aequo):
Kaly Live Dub au théâtre Montansier, Festival du Potager du Rock, le 14 mai 2011 (lire le live report)
Brain Damage au théâtre Montansier, Festival du Potager du Rock, le 14 mai 2011 (lire le live report)

Meilleur concert « come-back »que je n’attendais plus:
Earthling à La Maroquinerie le 4 novembre 2011 (lire le live report)

Meilleures rencontres fusionnelles live (ex-aequo):
Ez3kiel versus Hint, Collision Tour, à La Machine le 28 janvier 2011 (lire le live report)
High Damage (High Tone+Brain Damage), triptyque, au 104 le 14 octobre 2011
(lire le live report)

Meilleurs films (ex-aequo):
Animal Kindgdom de David Michôd (lire la chronique)
Winter’s Bone de Debra Granik  (lire la chronique)

Meilleures expos:
Le voyage imaginaire d’Hugo Pratt à La Pinacothèque (lire la chronique)
Bart Baele, le Flamand craquelé, à la Galerie Polaris
(lire la chronique)
Christian Jaccard dans les collections permanentes de Beaubourg 

Meilleur roman:
Les revenants de Laura Kasischke (Christian Bourgois)

Meilleur essai:
La voie d’Edgar Morin (Fayard) 

 Meilleures BD/livres illustrés (ex-aequo):
Eco, tome 2: La bête sans visage de Guillaume Bianco (Métamorphose)
Milky de Lilidoll (Venusdea)
Réédition de Beautiful Nightmares de Nicoletta Ceccoli (Venusdea)

Meilleurs magazines (ex-aequo):
Elegy (site officiel)
Obsküre 
( site officiel) 

Posté par Miss Nelson le 22/01/2012

Photos: Première: Théâtre Montansier à Versailles. Barb’ooz 2011. Tous droits réservés;Deuxième: Théâtre Montansier à Versailles. Miss Nelson 2011. Tous droits réservés

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Le film du mois d’août: Melancholia

Le billet sur le film du mois d’août arrive tardivement… Mais le film en question mérite qu’on prenne son temps. Et puis, il est toujours à l’affiche. Il s’agit de Melancholia de Lars Von Trier. Justine (Kirsten Dunst) vient juste de se marier avec Michael. Ils passent la soirée dans la grande demeure romantique de la soeur de la mariée, Claire (Charlotte Gainsbourg). Pendant ce temps, une planète, Melancholia, se rapproche de plus en plus de la Terre. Les statistiques disent qu’elle va la frôler. D’autres qu’elle va la percuter et que ce sera la fin du monde.

Claire est une femme bien organisée dans une vie bien organisée où rien ne dépasse, où tout tourne rond, où le quotidien défile tranquillement. Sans se poser de questions. Se poser des questions pour voir les choses (la planète) en face, ça rend malheureux, non? Elle tient sa maison, attend sagement son mari, s’occupe de son fils. Elle a préparé tout le mariage de sa soeur, qui n’arrive pas à s’occuper d’elle-même, selon un programme qui doit être parfaitement tenu. C’est sans compter sur Justine qui s’égare dans les jardins de la maison, comme dans les méandres labyrinthiques du mal de la dépression dont elle souffre silencieusement. Ce mal qui l’empoisonne et qui l’entrave.

Quand on se marie, il faut sourire, en soirée, il faut sourire, en famille, il faut sourire. Se cacher pour pleurer. Toujours ce paraître du bien-être, du bonheur facile qu’on nous vend à outrance à la télévision, dans le métro, dans les magazines. Justine ne tiendra même pas une soirée. A l’heure de couper le gâteau, on la cherche alors qu’elle s’éclipse prendre un bain qui n’en finit pas. Lars Von Trier filme le visage de cire de Kirsten Dunst en très gros plan: le sourire a disparu, la mélancolie envahit tout l’espace du plan comme une bouffée d’angoisse. Cet instant est saisissant de beauté douloureuse.

Plus tard après le mariage, c’est Claire qui devra la porter de son lit jusqu’à la baignoire pour se laver, incapable de le faire elle-même. Tout comme la scène onirique de Justine essayant en vain de courir, de s’échapper d’elle-même, les pans de sa robe retenus et emmélés par des fils de laine noire sortant du sol boueux: les dépressifs évoquent souvent le corps devenu comme un poids trop lourd à porter, la difficulté de se hisser hors du lit le matin, de se laver, de sortir, de bouger, de ressentir leur corps. L’inertie devient maîtresse des lieux: de l’âme et du corps. Comme une petite mort.

Il faut avoir connu ou connu dans son entourage quelqu’un qui a subi une dépression pour filmer avec tant de beauté le vague à l’âme, les névroses, le spleen, la mélancolie. C’est le cas de Lars Von Trier durant plusieurs années. Qui mieux que lui sait filmer le mal être surgissant dans un regard éteint, un corps fourbu. Il touche ici à un sujet passionnant et dévoile le « négatif » positif de l’état dépressif: ce que j’ai souvent remarqué autour de moi: les gens d’humeur toujours joyeuse, prenant toujours les choses de la vie avec sérénité et optimisme, peuvent devenir d’un seul coup incapables de gérer une situation violente inattendue: deuil, abandon, maladie… Comme si le bonheur ne les avait jamais préparés au pire. A contrario, les gens d’humeur sombre, sujets à la mélancolie depuis toujours, qui peuvent atteindre les cimes de la pression et redescendre aussi vite dans les profondeurs de la dé-pression sont capables de subir un événement violent et sans espoir avec une sérenité exceptionnelle servant de repère aux autres. C’est exactement ce que raconte Melancholia: lorsqu’on découvre que la planète Melancholia ne va pas frôler la Terre mais va la percuter, le mari de Claire, pourtant toujours optimiste et souriant, agacé d’ailleurs par la dépression de Justine car ne la comprenant pas, se suicide juste avant l’impact. Quant à Claire, elle divague, devient de plus en plus nerveuse à l’approche de la planète, pleure, crie, fuit avec son fils pour revenir car aucune sortie de secours n’existe.

Au contraire de sa soeur, plus l’impact se fait ressentir, plus Justine se sent mieux, plus elle maîtrise ses humeurs et ses émotions jusqu’à devenir le chef de famille, la vraie forteresse. Elle ne pleure plus et c’est elle qui calme sa soeur, apaise sa douleur jusqu’au dernier moment. Elle encore qui construit un abri contre l’inéluctable pour le fils de sa soeur. Comme si finalement, le mal être (la planète Melancholia) dédaigné (par peur?) et incompris par ceux qui ne le ressentent jamais cachait une force de vie extraordinaire. En ce sens la planète Melancholia, allégorie du spleen, qui vient percuter avec violence notre quotidien, change la façon de voir et de percevoir l’horizon. Paradoxalement, ne pas l’éviter, laisser la dépression nous traverser serait-il le seul moyen d’en sortir plus vivant qu’avant?

Posté par Miss Nelson le 02/10/2011

Melancholia de Lars Von Trier avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, 2011 

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Le film du mois de juillet: The Murderer

De tous les films vus en juillet, Le Moine de Dominik Moll, Chico et Rita de Fernando Trueba, et The Murderer de Hong-Jin Na, c’est The Murderer que je retiens.

Après The Chaser (avec, tiens, la même affiche représentant un homme qui court…), Hong-Jin Na revient avec The Murderer, son thriller palpitant très sombre et nerveux. Un homme, Gu-Nam, chauffeur de taxi, a pour habitude de traîner le soir après le travail dans les bas fonds d’une ville chinoise et perd son maigre salaire de la journée dans des jeux pour payer ses innombrables dettes. Il vit seul sans nouvelles de sa femme depuis qu’elle est partie chercher du travail en Corée du Sud. A-t-elle refait sa vie ou reviendra-t-elle?

Un parrain, Myun, du genre impulsif et assez rancunier par la suite dirons-nous, lui propose de partir en Corée tuer un homme pour lui en échange d’une grosse somme d’argent qui lui permettrait d’éponger toutes ses dettes. Ne voyant aucune autre issue de secours à ses problèmes d’argent, il accepte.

Mais tout part de travers car il n’y a pas d’issue de secours: aucun échappatoire ne sera possible pour Gu-Nam. Des scènes d’action à haute tension s’enchaînent devant nos yeux pendant près de deux longues heures et font monter très vite l’adrénaline: une poursuite démentielle en voiture à faire pâlir Doug Liman et Paul Greengrass (The Bourne), Gu-Nam qui court à perdre haleine pour échapper à Myun et toute sa clique, et surtout, une sacrée dose d’hémoglobine qui se déverse à l’écran sans jamais avoir le temps de coaguler. Pas de répit donc pour Gu-Nam. Il faut dire que l’homme qui l’a engagé et qui le poursuit sans relâche, le parrain Myun, est juste le roi de la machette, enfin version grand modèle puisqu’à lui seul, il massacre une quantité phénoménale de gens à la hache d’une seule main même s’il est lui-même blessé, rien ne l’arrête ou presque, il n’en finit pas de mourir ce qui provoque des rires nerveux dans la salle forcément tant l’histoire devient surréaliste lors de ces scènes.

Mais qu’importe, on se laisse emporter par ce film plutôt bien ficelé même si, avec un Johnnie To derrière la caméra, le scénario aurait incontestablement gagné en finesse et en humour.

Posté par Miss Nelson

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Bande annonce de Carnage, prochain film de Polanski (sortie décembre 2011)

Le prochain film de Roman Polanski est une adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza intitulée Le dieu du carnage qui parle de deux couples au bord de la crise de nerf en huis clos.

Le casting réunit Jodie Foster, Kate Winslet, Matt Dillon, Christopher Waltz, John C Reilly.

Date de sortie annoncée sur les écrans: le 7 décembre 2011…

Posté par Miss Nelson

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L’Etrange festival du 2 au 11 septembre 2011

Dérangeant, excessif, subversif, corrosif, épouvantable, effrayant… c’est L’Etrange festival qui annonce le programme de sa 17e édition qui se tiendra au Forum des images à Paris du 2 au 11 septembre. Les billets pourront être réservés en ligne 13 jours avant la séance sur le site internet du Forum des Images.

Il y aura entre autres le très attendu car controversé A Woman (US) par l’auteur du très beau May, Lucky McKee, qui s’annonce particulièrement violent et trash, des ambiances de fin du monde avec The Divide (US) de  Xavier Gens, le flippant The Clinic (Australie) de James Rabbits, l’anxiogène 22nd of May (Belgique) de Koen Mortier mais surtout Don’t be afraid of the dark (US) de Troy Nixey produit par Guillermo del Toro (Le labyrinthe de Pan que j’ai beaucoup apprécié et Hellboy dont le premier volet est somptueusement mélancolique). Une gamine découvre une cachette dans le sous-sol d’une vieille maison et ouvre la boîte de Pandore de monstres de la nuit. Vous savez, ceux-là même que l’on craint, cachée sous les draps (les adultes qui font encore leurs cauchemars d’enfant me comprendront très bien…). Quelques bandes-annonces:



Posté par Miss Nelson

L’Etrange Festival au Forum des images à Paris du 2 au 11 septembre 2011
Infos, bandes-annonces sur le site officiel: http://www.etrangefestival.com/index.php
Achat des billets en ligne 

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Court-métrage LandEscape de John H. King

En se baladant sur la toile, on peut visionner depuis juillet un superbe teaser très poétique d’un court métrage annoncé pour cet automne du motion designer John H. King intitulé LandEscape. Des images de synthèse langoureuses parcourent les rues et enveloppent telles des caresses multicolores les monuments, les bâtiments, les coins et rabicoins de Paname, la si mystérieuse, dorant sous les feux d’un soleil amoureux.

Ces surprenantes images ont été greffées sur une vidéo prise par un reflex (Eos Canon 5D Mark). Si vous éprouvez comme moi une passion électrique pour Paname au point de vous sentir décliner dès que vous vous en éloignez un peu trop longtemps, vous devriez être charmé(e) tout comme je le suis par ces images et le teaser de LandEscape:

Posté par Miss Nelson

Le site de John H King: http://flavors.me/john_h_king#_

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