Archives de Catégorie: Les humeurs électriques

Trois jours avec Bénédicte Le lay

J’ai passé trois jours intenses avec 12 personnes venues faire la même formation que moi: « S’entraîner à la prise de parole en public ». Douze personnes inconnues pour moi. Notre formatrice: Bénédicte Le Lay. Pendant trois longs jours, Bénédicte nous a poussés dans nos retranchements, nous a aidés à vaincre le malaise, la trouille de parler devant des personnes inconnues, la suée dans le dos qui nous paralyse, à calmer le coeur qui s’emballe tout à coup, à contrôler les torrents d’émotions qui veulent prendre le dessus sur la maîtrise de soi, sur la VOIX. Elle nous a appris a poser notre voix si haut que parler tout à coup inspire le respect, l’attention.

Jeux de mains, jeux de voix. Regarder loin devant soi. Sentir son corps. Savoir respirer au lieu de bafouiller. Ecouter le silence. Improviser sur un sujet, être incapable de parler en voyant affolée le sujet, quand tout s’embrouille dans ma tête et pourtant entendre des mots qui sortent de ma bouche! Ne pas se reconnaître, se révéler par les autres. Réciter du La Fontaine avec colère, hystérie, épuisement, exaspération, enchantée de regarder les autres improviser, trembler, sortir le meilleur d’eux-mêmes que, jusqu’ici, ils dissimulaient par peur, par timidité…

Bosser sur un sujet tiré au sort, élaborer un plan et laisser tomber juste avant de parler devant les autres: improviser 6 minutes sur un tout autre thème qui me tient à coeur et faire rire les autres, les toucher, voir leurs émotions perler au bout de mes mots. Et t’entendre Bénédicte pendant trois jours me dire « Merci, c’est bien!, encore…, vas-y!, c’est super! » dans un monde où les gens ne prennent plus le temps de vous le dire par lassitude ou par manque de temps, ça regonfle à bloc. Et voir sur ton visage ton émotion si palpable à la fin en nous écoutant les uns après les autres débriefer sur ces trois jours devant toi: un moment intense. Merci à toi.

Le dernier jour, chacun d’entre nous devait écrire sur un post-it ce qu’il avait pensé de la prestation des autres. Garder avec moi ces treize mots de tendre sincérité (dont celui de Bénédicte), c’est juste énorme!! A chaque moment de faiblesse, je lirai quelques-uns de vos mots, chers inconnus, qui ont croisé et marqué ma route: « sincérité », « humour, » « tu as une véritable présence », « tu as le talent d’une actrice », « on ne vit pas ton stress », « tu as une très belle personnalité, « tu devrais faire du théâtre, tu en as le potentiel », « garde confiance en toi », « on pourrait t’écouter des heures », « ne change rien »… Belle revanche quand on pense qu’une mère est capable d’avoir honte de son propre enfant simplement parce qu’il est timide.

Bénédicte Le Lay en plus de faire des formations sur la prise de parole en public est comédienne de théâtre. Elle coache aussi des artistes pour la scène. Elle a notamment beaucoup travaillé avec Majiker. On peut la voir dans le clip « Flesh and Bones ». Elle l’a d’ailleurs accompagné en tournée.

Posté par Miss Nelson le 23 novembre 2013

>Bénédicte Le Lay joue actuellement dans sa pièce « Si Camille avait dansé »: voir les dates.

>Elle coache des artistes pour la scène: Coach me up

>Son site web: http://www.benedictelelay.com/ et  Son profil Facebook

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques

06-05-2012: Game Over Sarkozy

Il y a cinq ans, ton visage apparaissant vainqueur sur les écrans ce même 6 mai m’avait cassée. Le pire fut d’entendre tout ceux qui trouvaient ce résultat pas si mal, voire admirable. Certains d’entre eux ont bien déchanté depuis. Le 7 mai, je me suis réveillée avec une gueule de bois qui ne m’a plus quittée. Ton élection clinquante m’a définitivement donné envie de ne plus avoir la télévision chez moi. Pour ne pas voir ta tête at home.

Pendant cinq années, il aura fallu supporter ton jogging dans Paris Match, ta femme dans Voici, tes discours indigestes, ton incapacité à aligner trois mots sans faute de français, tes erreurs de frappe sur le social et la culture, de tir stérile, tes gesticulations incessantes, ton hymne au fric tout puissant, ta haine, ta suffisance, ton mépris, et tout cet étalage. Et le livre à 7%.  Je me sentais enchaînée, il y avait Le Canard, Charlie pour rester éveillée. Rester en état de veille constant. Ne jamais baisser les bras face à toi. Tenir cinq années. C’est long.

Il est 19h et les Belges viennent d’annoncer à l’instant sur le site officiel de leur quotidien national Le Soir que nous sommes devenus Hollandais. Que tu n’es plus président. Nous sommes le 6 mai 2012, il est 19h. Moi qui déteste les dimanches, j’aurais aimé celui-là. Je pourrais te dire maintenant ce que tu avais dit à cet homme au Salon de l’Agriculture le 23 février 2008, mais je ne m’abaisserai pas à utiliser tes mots à ta si mauvaise manière. Et si je suis encore là, j’espère ne pas te revoir dans cinq ans. « Voulez-vous vider la corbeille? » Eject, Out, Game Over.

Voté par Miss Nelson le 22 avril et le 6 mai 2012

« Oui, Urgent crier, libérer les mots, Sortir du silence… Alerte rouge parce que le bleu me rend malade… » (« Parler le Fracas », Le Peuple de l’Herbe)

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques

# Sold Out #

Il pleut à torrent des rivières de pluie qui emmêlent mes cheveux et embrouillent mes yeux. Je m’approche du guichet le coeur battant. Il n’y a personne d’autre que moi qui attend là dehors pour prendre son ticket.

« Bonjour, je voudrais une place s’il vous plaît »
« Bonjour Nelson. Une place pour qui, une place pour quoi? »
« Une place dans sa vie, une place dans leurs vies. Une place pour compter, être écoutée. Une place pour être quelqu’un qui compte réellement. Pas quelques heures volées mais toute la nuit et le jour qui suit. En définitive. Je suis là pour ça. »
« J’ai le regret de vous dire que c’est complet. Il aurait fallu vous y prendre plus tôt, beaucoup plus tôt. Il y a quinze ans au moins. Vous arrivez beaucoup trop tard Nelson. Il ne reste aucune place pour vous, plus rien. Vous comprenez? Tout est déjà pris. Les places partent vite, très vite. »
« Non, il doit s’agir d’une horreur, je veux dire d’une erreur. Pouvez-vous revérifier encore et encore? Il doit bien y avoir une place pour moi. Quelque part. Hors du noir. J’ai déjà entraperçu la couleur une fois, vibrante, je l’ai touchée du bout des doigts, des yeux. Elle était là pour moi, je le sais. »
« Je n’ai pas besoin de révérifier, puisque je vous dis qu’il ne reste rien. Vous arrivez avec des années de retard. Tout le monde a pris sa place depuis longtemps déjà. Et vous Nelson, comme d’habitude vous débarquez comme une fleur avec vos yeux humides et étonnés. Vos parents ne vous ont pas expliqué? »
« Non. »
« Ils ne vous ont pas préparée? »
« Non. Tout est arrivé si tôt. Je suis arrivée à l’envers. J’ai commencé par la fin du scénario. Par ce que la plupart des gens vont vivre quand ils seront vieux. Je suis à l’envers. J’arrive maintenant au moment où eux étaient très jeunes. Je ne le savais pas. »
« La belle affaire que voilà. Que voulez-vous que ça me fasse? Il fallait vivre à l’endroit Nelson. Il n’y a pas de place pour ceux qui vivent à l’envers, à côté, dans les rêves ou autrement d’ailleurs. Ou bien il vous faut rencontrer des gens à l’envers comme vous: vous aurez ainsi l’impression d’être à l’endroit, avouez que ce serait drôle, on vous verrait rire plus souvent. »
« Attendez, j’ai plein de places vides à échanger, c’est possible? »
« Non, la Maison ne fait pas d’échanges ni de remboursement, vous rêvez! »
« Alors que vais-je faire? S’il n’y a pas de place pour moi? L’ennui finira par me tuer. »
« Il faut bien mourir de quelque chose Nelson. Même les gens qui ont une place ne sont pas à l’abri de mourir d’ennui. Vous pouvez toujours vous asseoir et contempler le vaste océan. Mais n’attendez pas que quelqu’un vous y rejoigne. Personne ne viendra. Puisque c’est complet. »

Branché par Miss Nelson le 22/04/2012 (this bloody sunday morning)

Photo: Barbooz, Bar du 104, concert High Damage, octobre 2011/Filtre: Nelson

7 Commentaires

Classé dans Les humeurs électriques

De la densité des flux magnétiques en 2012 (où il est surtout question de Motorville, groupe de l’année?)

« Cette année sera différente de la précédente. » Je dévale les marches d’un escalier. Manque de tomber. Vite avant que les larmes ne coulent. Je m’enferme, tourne le loquet. Les soubresauts arrivent comme un hoquet. Je les reconnais. J’entends des pas aller et venir. L’eau du robinet couler. Je voudrais que ça cesse ou que ça continue, je ne sais plus. Devant moi la porte fermée. Entre quatre murs je me laisse glisser. Pas de fenêtre pour s’échapper. Tout arrêter. Avant d’avoir mal. A en crever. Les cauchemars reviennent, je vois les serpents ramper sous la porte. J’entends leurs sifflements. Je me rappelle ses coups de poing dans les murs la nuit m’empêchant de dormir. Le mal au ventre à s’en plier. M’éjecter du cockpit? Je suis rivée aux commandes, paralysée. Laissez-moi descendre. Je cherche le piège qui va se refermer sur moi. Forcément il y a un truc, quelque chose qui va faire mal. Caché derrière tout ce qui est beau. Des éclats de verre se briser dans mon coeur broyé? La peur de se lâcher. De morfler. Toujours restée éveillée. La sueur perle dans mon dos, je ne peux plus bouger. Les serpents se rapprochent, m’entourent. Je crie mais aucun son ne sort. Je ne peux plus respirer. « Urgent crier »*. La porte que je croyais fermée s’ouvre brusquement: « Ce n’est qu’un cauchemar Nelson, il n’y a pas forcément de piège. Respirez. Acceptez de ressentir. Vous êtes juste en train de comprendre. Rebranchez-vous. » Comprendre quoi? Je dois remettre en marche le générateur. Rejoindre les fils conducteurs, les points de suture comme des points de suspension sur le revers de ma peau qui ponctuent le désir de vibrer encore… Je me concocte un programme pour un 2012 étrange et surprenant avant tout, pour agiter à nouveau les électrons libres qui tournoient dans mon corps.

On commence par descendre dans les salles obscures, avec le superbe et douloureux Take Shelter de Jeff Nichols (lire la chronique) que j’ai déjà visionné. Une tempête effrayante gronde sous le crâne d’un homme. Sa différence, sa maladie suscite les moqueries et l’incompréhension des autres se croyant à l’abri car « normaux ». Pourtant, elle le rendra plus fort tandis que les autres perdront pied quand la tempête deviendra réelle. Dans un tout autre registre, j’attends de voir le prochain film surréaliste de Quentin Dupieux (Mr Oizo), Wrong. J’avais particulièrement apprécié le premier déjanté, Rubber (lire la chronique). « Am I Wrong? »

On continue avec The Dark Knight Rises de Christopher Nolan que j’espère aussi noir et envoûtant que le précédent malgré la présence de Christian Bale et Marion Cotillard, Frankenweenie de Tim Burton, Holly Motors de Leos Carax, Django Unchained de Tarantino, Haywire de Soderbergh, Cosmopolis de Cronenberg…

On remonte à la surface pour aller se promener dans mon potager sonore, où l’on verra pousser encore de curieuses plantes psychédéliques cette année. Certaines sont déjà sorties de terre prêtes à être cueillies comme l’herbe magique A Matter of Time, le nouvel album du Peuple de l’Herbe paru lundi 16 janvier et qui tourne sur ma platine. Il sera suivi d’un concert le 14 mars au Bataclan: je ne les ai encore jamais vus sur scène. Puis, il sera enfin question de la sortie de l’album d’High Damage, la fusion entre High Tone et Brain Damage annoncée le 26 mars chez Jarring Effects. Après une furieuse entrée en la matière le 14 octobre au 104, la tournée reprend en 2012 avec un passage au Bataclan le 10 mai où je serai à nouveau là pour les voir. Metastaz actuellement en studio nous prépare également son nouvel album qui devrait sortir au Printemps intitulé Encounters. Il est déjà en tournée actuellement et j’espère le voir sur scène à Paris.

Enfin, et surtout, je finis sur l’événement le plus excitant de 2012: après le retour sur scène d’Earthling à La Maroquinerie en novembre 2011, j’apprends grâce à un message reçu sur last.fm que Mau, masqué, a formé, en parallèle d’Earthling, un groupe « Motorville » avec Kid Loco et DJ Seep eux aussi masqués, dont j’espère vous reparler très très vite. En attendant l’album, cinq bijoux précieux tournent déjà sur la toile sur Youtube et sont donc sur mon iPod: l’entêtant « I’m your sin », « Driving through the city », « Sweet Heart », « Birds and Bees » et « Nothing ever stays the same ». My god, le son, le rythme, sont juste fabuleux. Après la première écoute de « Driving through the city », je ne pouvais déjà plus me défaire de la mélodie et de cette voix, la voix de Mau, de « Saturated » (Humandust), qui m’est si familière…

Et croire que les choses jusqu’ici immuables peuvent enfin changer. Puisque, no no no… nothing ever stays the same. 

Posté par Miss Nelson le 22/01/2012

La page officielle de Motorville: http://www.facebook.com/pages/Motorville-dont-give-a-shit/274544849222836?sk=
Lire la chronique du film Take Shelter
*Extrait de « Parler le fracas », A Matter of time, Le Peuple de l’herbe.
Photo: « Miss Nelson feels Music » de Miss Nelson, 2011 Tous droits réservés

Poster un commentaire

Classé dans La salle obscure, Le potager sonore, Les humeurs électriques

L’année électrique 2011 de Miss Nelson

Mon retour sur la toile pour commencer 2012 sera pour consacrer un billet aux courants alternatifs extatiquo-dark qui m’auront fait vibrer en 2011, année noire aux cimes vertigineuses et aux sous-sols sombres humides et vénéneux où je suis tombée en chute libre le parachute en torche. 2011, l’année où j’apprends à dire « Non ». Non à ceux et celles qui excellent dans l’art de vous faire culpabiliser pour tout et pour rien, parfois même pour être là. Fini tout ça… Toutes ces ondes électriques, ces chocs sensoriels nécessaires pour supporter les jours tristes. Ils ont été là, ils sont là, j’y viens, j’en parle.

Il y aura eu les pleurs de Cascadeur dans mon coeur, la pluie noire et lumineuse d’Idem dans mes yeux, la découverte du dub oriental onirique de l’ingénieux Metastaz, le dub-électro unique en son genre de TD+, la set-box 5+1 de Zenzile, le FX100 de Jarring Effects, le retour inespéré d’Earthling sur scène, d’autres scènes fabuleuses chargées à haute tension qui ont fait éclore les roses épineuses de mes Docs: Ez3kiel versus Hint, Doctor Flake, Polly Jean Harvey, Kaly Live Dub, Brain Damage avec et sans Raphaël, High Damage, Thiéfaine… Des claques visuelles qui auront remué la lame dans mon âme comme Animal Kingdom, Drive, Winter’s Bone, l’oeuvre calcinée de Christian Jaccard, Bart Baele le craquelé…

Et puis des pics émotionnels intenses: ma chronique de l’album d’Idem Good Side of the Rain et mon live report de leur concert au Divan du Monde le 22 novembre dans leur dossier de presse (à voir ici) ; le lien sur le site d’Universailles de mon live report du Potager du Rock à Versailles (Brain Damage et Kaly Live Dub); le record de visites jamais atteint le jour où Brain Damage a posté sur son facebook le lien vers mon live report du concert de High Damage au 104; les remerciements sur twitter de Mau pour mon live report du concert d’Earthling à La Maroquinerie le 4 novembre et le lien qu’ils ont mis sur leur site officiel… (http://www.earthlingmusic.co.uk/site/?page_id=104); tous les commentaires de ceux, émus, qui ont aimé le live report de Thiéfaine à Bercy... Merci à vous d’être là aussi pour vibrer et merci à eux.


Je décerne donc les palmes électriques à:

Meilleur album :
Good side of the Rain d’Idem (lire la chronique)

Meilleur album émotionnel:
The Human Octopus de Cascadeur (lire la chronique) 

Meilleur album dub-électro:
Aliénation de TD+  (http://www.myspace.com/tdplus)

Meilleures compilations (ex-aequo):
FX 100 de Jarring Effects (http://fr.ulule.com/fx100/)
Set box 5+1 de Zenzile
(http://www.zenzile.com/)
A tribute to PJ Harvey DRY de A découvrir absolument (lire la chronique)

Meilleure bande originale:
Drive 

Meilleurs morceaux (ex-aequo):
« Good side of the rain » de l’album éponyme d’Idem (lire la chronique)
« King David » et « Smash It » de l’album Aliénation de TD+ (http://www.deezer.com/fr/music/td) 

Meilleurs concerts émotionnels (ex-aequo):
Kaly Live Dub au théâtre Montansier, Festival du Potager du Rock, le 14 mai 2011 (lire le live report)
Brain Damage au théâtre Montansier, Festival du Potager du Rock, le 14 mai 2011 (lire le live report)

Meilleur concert « come-back »que je n’attendais plus:
Earthling à La Maroquinerie le 4 novembre 2011 (lire le live report)

Meilleures rencontres fusionnelles live (ex-aequo):
Ez3kiel versus Hint, Collision Tour, à La Machine le 28 janvier 2011 (lire le live report)
High Damage (High Tone+Brain Damage), triptyque, au 104 le 14 octobre 2011
(lire le live report)

Meilleurs films (ex-aequo):
Animal Kindgdom de David Michôd (lire la chronique)
Winter’s Bone de Debra Granik  (lire la chronique)

Meilleures expos:
Le voyage imaginaire d’Hugo Pratt à La Pinacothèque (lire la chronique)
Bart Baele, le Flamand craquelé, à la Galerie Polaris
(lire la chronique)
Christian Jaccard dans les collections permanentes de Beaubourg 

Meilleur roman:
Les revenants de Laura Kasischke (Christian Bourgois)

Meilleur essai:
La voie d’Edgar Morin (Fayard) 

 Meilleures BD/livres illustrés (ex-aequo):
Eco, tome 2: La bête sans visage de Guillaume Bianco (Métamorphose)
Milky de Lilidoll (Venusdea)
Réédition de Beautiful Nightmares de Nicoletta Ceccoli (Venusdea)

Meilleurs magazines (ex-aequo):
Elegy (site officiel)
Obsküre 
( site officiel) 

Posté par Miss Nelson le 22/01/2012

Photos: Première: Théâtre Montansier à Versailles. Barb’ooz 2011. Tous droits réservés;Deuxième: Théâtre Montansier à Versailles. Miss Nelson 2011. Tous droits réservés

Poster un commentaire

Classé dans L'exposition, La bibliothèque, La salle obscure, Le potager sonore, Les humeurs électriques, Les planches

2011: une année à Alphaville, capitale de la douleur

« Les habitants d’Alphaville ne mourraient pas tous mais tous été frappés* ».

Vendredi 30 décembre 2011. Demain soir s’achèvera une année enfermée à Alphaville, capitale de la douleur. A tous tes « Pourquoi?* », on t’a répondu « Parce que* ».  Demain soir sonnera la fin d’un ultimatum parmi tant d’autres. Mais tu sais déjà que sa peur a pris le dessus sur ses émotions refoulées. A Alphaville, il ne faut surtout ne rien ressentir, c’est si rassurant. « Il est défendu d’y penser*. » Il y a ceux qui préfèrent rêver leur vie que vivre leur rêves. Tu ne pourras rien y faire, rien n’y changer. Pour qui te prenais-tu? Que croyais-tu? Tu vois l’anneau pourtant longtemps décrié briller à nouveau. Tu sens le métal froid remuer le couteau dans ta plaie. Tu sais déjà que les apparences, les faux semblants ont le règne facile.  Les dés sont toujours pipés dès le départ. Pas de hasard.  Reste le silence transparent qui t’entoure de ses bras, rassurant.

Janvier, février 2011 à Alphaville. Toujours dans la ligne de mire de ceux qui s’ennuient, qui rêvent de vibrer mais un instant seulement. Vivre plus longtemps? Vous n’y pensez pas. On chante ta force, ta différence, ton indépendance, quelle ironie quand on y pense, pauvre fantasme enfermé dans son cadre doré.  Mais regarde-toi, tu n’es rien d’autre qu’un objet de désir, un tableau qu’on aime regarder quand on soupire, qu’on aime casser quand on s’agace, qu’on place sur un pied d’estale, et qu’on descend aussi vite à la cave. Six feet under...  Et puis l’humiliation par les mots comme on brise son jouet. On peut tuer avec des mots. « Tu aimerais que la terre s’arrête pour descendre » comme disait Serge.

Mars, avril, mai, juin 2011 à Alphaville… et tous ces faux espoirs.  Ton coeur gorgé d’émotions vibrantes. Mais tu n’as pas compris le Grazie, tu n’as pas compris le Pop In. Si c’était pour te laisser là, oubliée. Une voix fredonne à ton oreille:  « De quoi nous avons parlé à la fin de l’été, j’ai oublié, j’ai tout oublié » (Noir Désir). Le noir s’est dilué dans les couleurs qui t’ont attirée comme un papillon de nuit, aveuglé.  Tu te rappelles ton corps vivant frappant la paroi sourde de verre. Te laissant à terre, le barillet déchargé en plein coeur, saignant des rivières de douleur impossible à canaliser. Quel dommage. Collatéral. Des pluies de larmes au printemps, en été, en automne, en hiver. On t’a pourtant maintes et maintes fois répété qu’à Alphaville, les gens n’ont pas le droit de pleurer. Lasse. Collapse. Apocalypse des émotions.

Tu te rappelles de ce jour. Quelque part éperdue en 2011 à Alphaville lisant un recueil de Paul Eluard. Tu es assise et sirote ton jus d’orange acide à la paille en écoutant de belles paroles qui fusent et s’enroulent autour de toi mais tu sais déjà. Depuis le début. Tu reconnais la fuite en avant. Cette voix enjouée qui te dit qu’elle n’oubliera pas la date du 5 décembre, c’est certain. Le 5 décembre fut un jour comme les 364 autres passés à Alphaville. Pas un mot, le mépris absolu. Que pensais-tu? A quoi rêvassais-tu? Petite sotte, petite conne. Car tu ne seras jamais Celle qui change tout. Tu sais que seule la musique est l’onde vibratoire qui maintient ton envie en vie. La voici enfin la fin du jour, la fin de l’année, la fin tout court. « Pourquoi les gens ont l’air tristes et sombres? Parce qu’ils manquent d’électricité* ».


L’année 2011 s’achève à Alphaville. Le noir est revenu te retrouver plus grand, plus majestueux. La nuit tombe sur Alphaville. Tu te sens si fatiguée dans ton dortoir, tes yeux se ferment. Toi aussi, tu essaies d’arrêter de vivre pour rêver ta vie. Tu rêves de quelqu’un qui te fait signe dans le brouillard humide des jours tristes. Chaque jour il se tient là devant toi. Il dit qu’il ne veut plus faire semblant, qu’il veut vivre ses rêves et ne plus rêver sa vie. Qu’il est prêt. Qu’il sait comment sortir d’Alphaville, avec toi. « I’m gonna tell you something you don’t want to hear. I’m gonna show you where it’s dark, but have no fear. » (Kavinsky, « Night Call »). Tu ne comprends pas. Tu ne réponds pas. Ta bouche est muette. Tes oreilles bourdonnent. Tu ne veux plus parler pour éviter le rejet. Tu montes le son encore et encore, toujours plus fort: Idem, Brain Damage, Les Têtes Raides, Metastaz, Heirs, Doctor Flake, Mansfield. TYA bouillonnent dans ta tête pour te protéger. Tu lis les mots qu’il t’écrit sur des bouts de papiers ça et là, écoute la voix apaiser tes maux. Il te semble étrangement que tu ne rêves pas, que tout est bien réel. Tu veux y aller. Tu sens ton corps paralysé basculer,  tu sens l’envie sortir des arcanes de la douleur. Mais c’est la chute vertigineuse à t’en donner le tournis. Chaotique. Tu sens une main te rattraper en vol, te serrer fort, tu sens un coeur vibrant cavaler au contact du tien, fleur sclérosée, meurtrie. Tu ouvres de grands yeux étonnés et…  Tu ne sais plus s’il faut croire à l’An demain**. Demain, c’est la fin? La fin des mensonges? « C’est toujours comme ça: on ne comprend jamais rien et un soir, on finit par en mourir*. »

Posté par Miss Nelson le 30/12/2011
*Les textes en italique suivis d’une astérisque sont extraits d’Alphaville de Godard.
Photos et vidéos extraites d’Alphaville de Godard. Anna Karina lit un poème extrait de Capitale de la douleur de Paul Eluard.
« Night Call » de Kavinsky est le premier extrait de la BO du magnifique film
Drive, de Nicolas Winding Refn.
**L’An demain, est emprunté au titre du dernier album des Têtes Raides. 

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques

Sache que je n’oublie rien…

« Et dans l’ombre en silence…
Si tu cherches un abri inaccessible…
ça m’a manqué tout ça
Sache que je n’oublie rien…
Toujours à l’horizon, des soleils qui s’inclinent
Comme on n’a pas le choix, il nous reste le coeur
A la beauté des rêves, à la mélancolie… »

N’avoir jamais ressenti ça avant… et avoir mal à en crever.

Pleuré par Miss Nelson le 10/09/2011

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques

Mon petit potager sonore

J’ai une activité secrète et solitaire que j’avoue ce soir: j’aime jardiner

Surtout la nuit, quand la ville dort, quand la lune sort

Dans mon potager sonore

Je plante des sons divers et variés, pas avariés

Tendance graves, quelques réglages disséminés bien attentionnés :

« Loudness, bassboost », je tourne, retourne, détourne et j’écoute mijoter

Pour récolter, je branche les câbles : le rouge et le noir en sortie A & B

Soit sur les enceintes murales, soit sur le gros casque, à ma petite tête, bien ajusté

Ou parfois directement en infusion à boire en sachet de thé

Dans mon coeur sentir les vibrations sonores transfuser

Je ferme les yeux et j'(en)attends de voir venir l’onde sonore qui va me traverser…

C’est pour cela que j’aime particulièrement Le Potager du Rock, un festival annuel nécessaire qui produit de bonnes récoltes et donc de bons crus et où je traîne mes oreilles et ma mélancolie colorée en baskets un peu usées. L’édition 2011 s’est déroulée du 7 au 14 mai à Versailles. Décidément, ces derniers temps, mes échappées sonores déroulent leurs partitions dans des villes de château (voir billet sur High Tone à St Germain en Laye). Une bonne âme m’appelle : « Tu as vu qui est en tête d’affiche du Potager? » Que vois-je? Kaly Live Dub et Brain Damage pour la clôture du festival dans un théâtre?… Vite un billet pour Nelson pour passer une nuit magnétique et électronique, au coeur du théâtre Versaillais de Madame Montansier, lieu idéal pour suspendre le temps, rejoindre le passé et le présent avant que l’aube ne renaisse avec son air triste chassant la lune si douce, ma bonne fée, en petit quartier, en croissant doré ou ronde comme un 33 tours, qui veille sur mes nuits sonores et multicolores… Lire la suite.

Le potager du rock: http://www.potagerdurock.fr/
Illustration de Tristan Cottin: voir sa galerie

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques

L’ordonnance électrique de Grabuge pour 2011

Grabuge vous recommande pour 2011 sans modération:

-de toucher, (res)sentir, écouter le froissement du papier de chaque journal et livre que vous lirez pour en garder, en plus de la mémoire du contenu, toute l’essence olfactive et la quintessence du toucher qui lui seront associées : toucher un écran si extraordinaire soit-il ne pourra jamais remplacer ces sensations qui mobilisent tous vos sens
-de toucher encore, sentir chaque digipack et son livret quand vous écouterez votre musique favorite digitale, et aller en concert dans des petites salles pour sentir le son vous traverser comme un courant magnétique: associez vos sensations à chaque écoute
-de nourrir vos oreilles électriques de dub, reggae, classique, électronique ou métal(lique), qu’importe pourvu que ça vous plaise: ce seront les sels de lithium que vous prendrez pour apaiser le stress ou supporter la douleur que vous subirez
-de traîner le plus possible dans les salles obscures pour voir ce qui se cache derrière le rideau rouge lynchéen et mieux décrypter vos rêves étranges qui peuplent votre inconscient
-de mobiliser sans répit vos 5 sens pour rester attentif et encore vivant: l’oeil, l’oreille, la main, le nez, le goût doivent rester branchés au courant alternatif
Grabuge vous souhaite une année 2011 électrique nourrie d’impulsions éclectiques et vous invite à venir ici recharger les batteries dès que le besoin s’en fait sentir…
Stay alive, stay wired

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques

La crise expliquée par Groland

Petit mémo particulièrement clair des causes et conséquences de la crise par Groland: on ne s’en lasse pas…

Poster un commentaire

Classé dans Les humeurs électriques