Archives de Tag: Dub

Zenzile – Electric Soul : 5 + 2

Zenzile revient avec un album entièrement chanté « Electric Soul » qui contient neuf titres. Le groupe en profite pour s’agrandir en passant de six à sept membres et d’une à deux voix désormais. En effet, Jay Ree a rejoint le groupe pour enregistrer cet album et chante aux côtés de Jamika, toujours présente.

J’avoue avoir un peu été déçue dès la première écoute d’Electric Soul, car des morceaux comme « No Idol », « Chewin’ mi mic » et enfin celui qui clôt l’album, « Man Made Machine » ne m’ont pas convaincue: un dub plutôt simpliste sur une base de reggae trop souvent rebattu qui annonçait un album fade en couleurs. Disons qu’ils figureraient mieux en face B qu’en place de choix sur cet album. Mais mis à part ces trois titres, le reste est absolument réjouissant. Je me laisse littéralement ensorceler par le rythme chatoyant et chaloupé de « Scars » ponctué par la voix sensuelle et androgyne de Jamika, qui sert de longue introduction à l’album. Je ressens l’électricité magnétique qui émane des titres comme « Yuri’s Porthole » ou bien encore « Over/Time » qui sonne comme la suite du puissant « Motorbremsen » du précédent album Pawn Shop: avec un départ tranquille suivi d’une montée rageuse et électrique qui s’achève sur une accalmie feutrée annonçant la tombée d’une nuit noire: un morceau très fort qui aurait pu conclure l’album. J’attends avec impatience de le voir joué sur la scène du 104 le 24 novembre prochain à Paris.

Et puis, il y’a « Stay », le morceau central à deux voix d’Electric Soul car il en exprime toute sa quintessence: un dub reggae soul et électrique. Il se situe à mi-chemin entre « Histoire de papiers » de Pawn Shop et l’ambiance de l’album Le Cabinet du Dr Caligari (je pense notamment à « Jane »). La voix grave de Jamika caresse la voix suave et aérienne de Jay Ree. Comme l’effusion d’une douce et inquiétante noirceur, « Stay » vient réchauffer mon coeur engourdi dans la confusion la plus totale des sens. Que j’aime cette sensation soudain de perdre pied dans cette « inquiétante étrangeté ». Le rythme voluptueux de « Stay » provoque comme une distorsion de la perception, une torsion du temps et des repères. Qu’il est bon de découvrir ce diamant noir dans son écrin électrique. C’est certainement pour cela que j’écoute autant ce titre le soir quand la nuit se dévoile ou quand je croise ton regard, et ce que je suis la seule à y voir…

Posté par Miss Nelson le 23/09/2012

Zenzile, « Electric Soul » (chez Yotanka): sortie le 24 septembre 2012
Album en précommande ici: www.zenzile.com
En concert au 104 à Paris le 24 novembre 2012 pour le Télérama Dub Festival: http://www.104.fr/programmation/evenement.html?evenement=148

Toutes les dates de la tournée 2012-2013: www.zenzile.com

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High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (1/3): Brain Damage, « Dub Sessions »

Max Dormoy. Je sors du métro, le casque sur ma tête, le FX100 de Jarring Effects dans mes oreilles. Il fait déjà nuit. Je suis en route vers le 104 pour voir le premier concert de la tournée de High Damage, la rencontre entre Brain Damage et High Tone, qui sera également à l’affiche du Télérama Dub Festival.  J’avais posté un billet à ce sujet le 7 août (lire ici).  Je commence à réaliser seulement maintenant que je suis en train de traverser une cité l’air de rien, que je suis la seule fille qui marche dans une rue à l’atmosphère de plus en plus glauque. Je croise des bandes qui s’interpellent d’un trottoir l’autre. Allez: plus qu’un pont à traverser au-dessus de la voie ferrée et j’y suis… quoique? J’appelle Barb’ooz venu m’accompagner, seule personne de mon entourage martien qui aime aussi le dub électro, pour le prévenir que je n’atteindrai peut-être pas le bout du pont ce soir… Barb’ooz me récupère au bout du pont juste avant que je ne disparaisse dans la nuit…

On arrive au 104 que je ne connaissais pas, une fois à l’intérieur, je constate que c’est un très bel endroit où je me sens bien. On grignote un petit bout dans le restaurant-bar et comme la dernière fois au théâtre Montansier à Versailles lors du mémorable festival du Potager du Rock le 14 mai 2011, on reconnaît les basses vibrantes de Brain Damage qui viennent chatouiller nos pieds engourdis par le froid. Vite, on rentre dans la salle de concert. Un homme me tend le programme du Télérama Dub Festival: » Vous connaissez? » Euh…

Le concert est annoncé pour une durée d’environ 3 heures et il durera effectivement 3h30 sans entracte, donc c’est une véritable performance à laquelle on assiste ce soir. La rencontre est un triptyque car divisée en trois parties, trois tableaux: Brain Damage seul tout d’abord présentant les Dub Sessions, puis la rencontre avec High Damage, et enfin l’épilogue avec High Tone seul.

Brain Damage est tout de suite à droite dans l’entrée de la salle sur une scène. Le public lui fait face. Une autre scène en face tout au fond de la salle est plongée pour le moment dans le noir… Raphaël le bassiste étant parti sur un projet solo, il n’y a que Martin aux commandes des machines ce soir. J’ai dû mal à réaliser en fait que je suis vraiment juste à côté de lui, je suis contre le promontoir où il joue. Je vois le macbook, les consoles, le clavier, ce qu’il fait. Comme à son habitude, Martin ne reste jamais en place, c’est assez impressionnant de le voir faire tous ces réglages sur sa machine tandis que ses pieds bougent à un rythme effréné  !

Un homme à côté de moi hurle à l’attention de Martin : « Fais péter des trucs bizarres! ». Une grande partie du public se déhanche déjà dans la salle. Les Dub Sessions donnent un ton absolument reggae au dub joué dans cette première partie. Le son délivré n’a rien à voir avec les basses oppressantes du dernier album Burning before sunset. On est plus dans l’ambiance d’un album comme Dub 2 dub mais avec une rythmique plus accentuée et des samples plus importants et remixés.

Après une heure de prestation environ à haut voltage, Martin nous fait signe de regarder à l’autre bout de la salle en face de lui. Tout le monde se retourne. Des musiciens s’installent derrière cinq panneaux blancs. C’est High Tone qui fait face maintenant à Brain Damage, le public se retrouvant dorénavant entre les deux groupes. La deuxième scène du fond s’éclaire peu à peu. High Damage va utiliser tout l’espace de la salle du 104 pour jouer, pour la rencontre de deux groupes phares du dub français… (Lire la suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011: High Damage, dub alien…)

Posté par Miss Nelson le 20/10/2011
(Photos et vidéos Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) 

Pour voir toutes les photos et extraits vidéos du concert de High Damage au 104 le 14/10/2011 (Miss Nelson 2011 Tous droits réservés), c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
Toutes les dates du tour sur le site officiel de High Damage
Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

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High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (2/3): High Damage, dub alien

(Suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (1/3): Brain Damage, « Dub Sessions »)Ce soir au 104, après une heure de prestation de Brain Damage (avec seulement Martin), on assiste à la fusion entre les deux groupes de dub, High Tone et Brain Damage, qui se font face, le public entre les deux. High Tone apparaît au fond de la salle en ombres chinoises derrière cinq grands écrans-toiles, Martin en face d’eux, est toujours derrière ses machines. Les basses sortent du sols, anxiogènes, les murs de la salle du 104 tremblent, le premier concert tant attendu de la tournée d’High Damage  commence. La mise en scène avec les jeux d’ombres et de lumières, d’images et de correspondances entre les deux groupes est très subtile et réussie.

Il fait de plus en plus chaud dans la salle comble. La nuit s’annonce très longue. Et c’est tant mieux car je n’ai absolument pas envie de dormir ce soir malgré la fatigue accumulée ces cinq derniers jours et les perles de pluie persistantes  dans mes yeux. Le dub d’High Damage est parfaitement alien. Mutant et inquiétant car il empreinte les basses lourdes et les cliquetis étranges aux deux derniers albums de Brain Damage et la rythmique plus électronique et métallique d’High Tone depuis Underground Wobble et Outback. Il en résulte un dub sombre et envoûtant qui fait vibrer une à une les 33 marches de mon épine dorsale.

Après quelques morceaux mettant le public particulièrement en appétit ce soir, High Tone enlève les cinq panneaux blancs placés devant eux. Un écran géant s’allume derrière la scène. La voix qui sort alors des enceintes est si reconnaissable qu’elle est saluée par une partie du public: c’est celle de Black Sifichi qui a collaboré avec beaucoup de groupes électros et dub comme Brain Damage mais aussi Doctor Flake sur son dernier album Flake Up. Sa voix dit: « High Damage » en même temps que les mots apparaissant sur l’écran: une hypnotique hérésie hystérique traverse alors tous les corps remuants dans la salle.

J’observe le public. C’est drôle de voir tout ce mélange des genres: un homme devant moi en chemise blanche et catogan; un autre qui agite sa tête avec de longs dreadlocks qui descendent jusqu’en bas du dos. Beaucoup portent le tee-shirt avec le logo du coffret FX100 de Jarring Effects sorti fin septembre. Quant à moi, je porte un tee-shirt noir de Zenzile avec le très beau visuel de l’album Living in Monochrome, des Docs bien sûr et une fleur dans mes cheveux.

Dread ou fleur dans les cheveux, on est tous là ce soir pour vibrer au son de High Damage: le public a l’air vraiment réceptif à cette nouvelle expérience sensorielle insufflée par la rencontre des deux groupes. High Damage c’est fini. High Tone salue Martin de Brain Damage et le public. Il ne reste plus qu’à être très patients puisque l’album studio ne sortira qu’en mars 2012 après la tournée du groupe… (Lire la suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (3/3): High Tone »)

Posté par Miss Nelson le 20/10/11
(photos et vidéos Miss Nelson 2011, tous droits réservés)

Pour voir toutes les photos et extraits-vidéos du concert de High Damage c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
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Le label Jarring Effects.

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High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (3/3): High Tone

(Suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (2/3): High Damage, dub alien). Martin de Brain Damage est parti, seule la scène du fond où se trouve High Tone est à présent éclairée. Pas d’attente, le concert d’High Tone, qui sera la troisième et dernière partie de ce concert triptyque d’High Damage au 104, commence immédiatement après la rencontre fusionnelle des deux groupes de dub High Tone et Brain Damage (voir billet précédent).

La dernière fois que j’ai vu High Tone en concert, c’était à La Clef avec RTSF le 6 mai 2011 (lire le billet du live report) et j’avais trouvé leur prestation froide et leur son trop électronique et métallique. Cela était surtout dû au fait qu’ils avaient joué une grande partie du dernier album que je boude un peu: Outback. Ce soir, ils vont jouer l’extrait « Spank » bien sûr mais vont aussi piocher dans le reste de leur répertoire dub plus éclectique (tour à tour downtempo, sombre, reggae…). De plus, ils ne sont pas du tout statiques bien au contraire, il faut dire qu’ils viennent de jouer plus d’une heure avec Brain Damage et la prestation qu’ils ont donnée ensemble de High Damage a conquis le public du 104 et on aimerait bien poursuivre l’expérience sensorielle chez nous sur la platine et au casque mais il va falloir attendre que l’hiver passe…

High Tone ouvre le bal avec une version de « Rub a Dub » remixée et absolument survitaminée qui enchante et secoue le peuple de l’herbe présent dans la salle sur des rythmes reggaes. On aura droit aussi au fameux « Bad Weather » devenu un passage indispensable de tout concert des Lyonnais. Les jeux de lumières notamment dans les teintes chaudes jaunes et rougeâtres sur la fin du concert sur la vidéo en noir et blanc d’un visage de femme en gros plan sont superbes. J’ai vraiment énormément de plaisir à les retrouver dans une telle forme, tant ils se donnent sur la scène du 104.

Le triptyque d’High Damage prend fin plus de 3h après l’apparition de Brain Damage.  Les Lyonnais et les Stéphanois ont réussi le très beau pari de leur émouvante rencontre sur scène tout d’abord. Pas de doute que l’album studio sera à la hauteur même s’il manquera toute la mise en scène visuelle très réussie qui participe fortement à l’émotion sensorielle ressentie ce soir.

Après un passage au stand de Jarring Effects, je repars avec un sweet noir Brain Damage de l’époque Spoken Dub Manifesto que beaucoup voulaient également mais il ne restait qu’une taille: « Il ne vous reste que ça comme taille, c’est du 12 ans, non? »  demande un grand gaillard à côté de moi. « C’est une taille femme » répond le vendeur, « et il n’en reste plus qu’un ». Et bien voilà, du 12 ans ça m’ira très bien, je le prends, merci et bonne nuit Jarring Effects. Je vais encore entendre des gens me dire « ça veut dire quoi ce qu’il y a d’écrit dans ton dos? » ou bien « Brain Damage? Oh, ça n’a pas l’air encore très gai tout ça ». Vouis vouis. On prend un dernier verre avec Barb’ooz et on sort du 104 où il n’y a plus grand monde désormais. Le froid s’engouffre dans ma veste et me glace jusqu’aux os. On passe devant une 206 coffre ouvert où les membres d’High Tone essaient d’engouffrer tant bien que mal tout leur matériel. Je quitte Barb’ooz et rentre chez moi. Mes voisins dorment depuis longtemps mais moi, je ne dormirai pas, pianotant sur Grabuge, les basses d’High Damage raisonnant encore dans ma petite tête tout le reste de la nuit. Quelques heures plus tard, The Owl m’appelle: « Nelson viens donc chez moi m’aider, mon iMac sous Tiger ne reconnaît pas mon iPhone 4S, je fais quoi? ». Je débarque à République les cheveux encore emmêlés d’étranges parfums, The Owl pas réveillée non plus m’ouvre la porte et me dit que mes cheveux sentent drôlement bon l’herbe rare des prairies « dubesques »: « Ce n’est rien, dis-je, je suis encore complètement highdamagisée… ». (Relire tout depuis le début… 🙂 )

Posté par Miss Nelson le 20/10/2011
(Photos et vidéos Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) 

Pour voir toutes les photos et extraits-vidéos (Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) du concert de High Damage c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
Toutes les dates du tour sur le site officiel de High Damage
Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

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Idem – « Good side of the rain »: sous la thermocline

C’est un « Privilege class » de pouvoir écouter plus d’un mois avant sa sortie le prochain album d’Idem, Good side of the rain (sortie le 7 novembre chez Yotanka) qui est pour moi à ce jour, le plus beau de leur discographie. Pour entrer dans cet album, il faut accepter de faire cette plongée vénéneuse sous la thermocline d’un dub hybride d’une noirceur lumineuse.  Avec Good side of the rain, Idem nous entraîne toujours plus loin dans les sombres plaines abyssales de leur nouveau projet électro-organique. Post-traumatique.

« Experiencing the Depression »? L’anticyclone fugace s’éloigne et laisse place à une dépression atmosphérique insistante avec humidité dans l’air persistante. « Privilege class », morceau instrumental d’ouverture de l’album, fait le pont avec The Sixth aspiration museum overview. Il sonne comme la réverbération en négatif, le verso du recto de « Who or what? » du précédent album, avec cette troublante rythmique de plus en plus rapide, ce patchwork humide de boucles serpentines qui vous enveloppent, puis vous enserrent toujours plus fort et qui accélèrent peu à peu leur rotation hypnotique traversant tout votre corps. La musique d’Idem déclenche toujours en moi cette onde sismique si caractéristique qui secoue mes émotions une à une me laissant en plein émoi dans la confusion effervescente des sens…

Les premières notes dysphoriques de « Locked in syndrom », morceau hydrophone, retentissent comme un sonar anxiogène d’où s’élève progressivement la voix si grave et animale d’Isabelle Ortoli désormais présente sur tout l’album. Tantôt voluptueusement lasse et fragile sur le magnifique et mélancolique « Good side of the Rain » à écouter à la tombée de la nuit sous la pluie, morceau éponyme de l’album, tantôt rageuse en duo avec Ben Sharpa sur « Work in progress »…

Et puis il y a surtout ces cinq perles de pluie de l’album qui se suivent et qui me touchent. En plein dans mon coeur brûlant dans un monde éternellement en hiver. « Market return » tout d’abord. Le visage renversé en arrière, les yeux humides tournés vers le ciel orageux: j’attends qu’il se mette enfin à pleuvoir, « alone by rainy afternoon » … Car la pluie lave, un court instant seulement, la peine d’un coeur qui saigne. Comme l’artwork de la pochette: des flèches rouges qui tombent au coeur de la pluie. Ces mots qui sonnent de la même manière en anglais: Rain, Pain. A 2’11 min exactement de « Market Return »: les larmes coulent sur mes joues chaque fois que j’entends la voix d’Isabelle qui monte en puissance sur ce refrain absolument entêtant. Ce morceau est tout simplement le plus beau de l’album, d’une intensité émotionnelle bluffante. Et il n’y a rien d’autre à faire… que se laisser faire. Se laisser aller et descendre encore sous les couches sous-jacentes saturées du dub nerveux d’Idem qui brasse et superpose les courants froids et chauds du trip-hop, de l’électro et du rock indus.

Des flots ondulants de pluie saline roulent sur ma peau… plus forts quand monte encore en crescendo le superbe refrain magnétique de « Wings of Joy » qui injecte de l’adrénaline pure directement en intra-veineuse. Des torrents de spleen électrique se déversent des guitares grisantes qui mettent le corps en transe. Et la voix lancinante d’Isabelle: « Come on, come on » . La forteresse n’est plus là. Et je sais que mon petit coeur n’est pas étanche et ploie sous la pression des émotions. Entraînée par les courants sous-marins, je descends toujours plus profond pour effleurer « Missed it ». Ce morceau mutant évolue du calme abyssal à la montée houleuse de lames de fond en vagues à l’âme éperdue. « And he said you missed it« . Trop tard. Le morceau s’achève sur ces mots, comme une peine incommensurable. Le rythme cardiaque ralentit, 40 bpm. Et maintenant, que reste-t-il?  « A dust in peace » et toujours cet art de faire monter la pression de plus en plus fort: 1086 bars au compteur.

30 bpm. La bradycardie est totale sur le somptueux épilogue « The gipsy trail » dernier morceau de l’album qu’il faut absolument écouter au casque dans le noir.  On est si loin dans la profondeur des eaux sombres que l’on ressent le manque d’oxygène. La température chute brutalement. 20 bpm. La voix d’Isabelle se pose sur des accords sinueux qui engourdissent le corps jusqu’aux derniers sons ataxiques qui referment l’album…15 bpm…  A 4’25min retentit un étrange bourdonnement dans mes oreilles… 10 bpm… Je n’entends plus mon coeur, je ne sens plus la douleur… Je touche les abysses… Loin, si loin… sous la thermocline.

Posté par Miss Nelson le 02/10/2011.

Ajout du 01-11-2011: l’album est en pré-écoute du 31 octobre au 6 novembre sur Mowno: http://www.mowno.com/non-classe/avant-premiere-exclusive-mowno-ecoutez-le-nouvel-album-didem-du-31-oct-au-6-nov/ 

Good side of the rain: sortie le 7 novembre 2011, en précommande ici: http://www.idem-kzfp.com/goodsideoftherain/preorder/
En concert le 22 novembre 2011 à Paris, Le Divan du Monde, avec Picore et Aucan
Lire le billet « Le retour d’Idem… »
Le site officiel d’Idem 

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Télérama Dub Festival 2011: du dub, encore et encore…

La neuvième édition du Télérama Dub Festival se déroulera du 12 au 26 novembre 2011 en Province et au 104 à Paris.

Voici la programmation à Paris au 104 et en Ile de France (Sannois):

Samedi 12 novembre à L’EMB – Sannois: High Damage (Fr) + Sounds Around Sound System (Fr) : Lire le Live Report du premier concert de High Damage au 104 le 14 octobre 2011 en 3 parties…

-Mercredi 23 novembre: Gotan Project vs El Hijo de la Cumbia (Fr/Arg)

-Jeudi 24 novembre: Gotan Project vs El Hijo de la Cumbia + Dub in V.O (Fr)

-Vendredi 25 novembre : Ruts DC meets Mad Professor (Uk) + Dub Syndicate (Jm) + Mad Professor Dj Set (Uk) + Hammerbass Sound System plays On-U Sound (Fr) + Sounds Around Sound System (Fr) + Collusion (danse & dub)

-Samedi 26 novembre: Richard Dorfmeister feat. Ras T Weed (Aut) + O.B.F Sound System (Fr) + Prince Fatty (Uk) + Sounds Around Sound System (Fr) + O.S.S.R « Boudou » + Dub Addict (Fr) + Collusion (danse & dub)

Posté par Miss Nelson

Lire le Live Report du premier concert de High Damage au 104 le 14 octobre 2011 en 3 parties…
Pour la programmation en Province, toutes les dates ici
Lire le billet sur High Damage 

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Doctor Flake délivre une nouvelle ordonnance Flake up le 12 septembre 2011

Après Minder Surprises sorti en 2009 en collaboration avec l’écorchée vive Vale Poher, Doctor Flake, chirurgien surdoué ciselant hip-hop et trip-hop électro avec délicatesse mélancolique, revient avec un quatrième album autoproduit intitulé Flake up. Sortie annoncée pour le lundi 12 septembre. Doctor Flake sera en concert le mercredi 12 octobre à La Boule Noire à Paris.

Sur cet album il invite à nouveau Vale Poher et collabore notamment avec DJ Pee du Peuple de l’Herbe, Miscellaneous et Black Sifichi qui a travaillé avec de grands noms du dub français dont je parle souvent sur Grabuge comme Brain Damage, Ez3kiel… donc forcément je tends l’oreille déjà apprivoisée… Un premier extrait « Swell Line » est déjà sorti et donne envie d’écouter la suite très vite… je vous poste la vidéo ici: calez-vous bien dans votre siège et laissez agir:

En attendant d’écouter Flake Up, un petit mot sur Les Paradis Dirtyficiels, dont j’ai fait la chronique en 2007 (à lire ici: http://web.me.com/miss.nelson/Grabuge/doctorflake.html) et qui reste pour moi le meilleur album thérapeutique du Docteur du Coeur qui saigne, qui pourtant ne rend pas moins mélancolique après son écoute bien au contraire mais qui sait cautériser avec tant de tendresse, de précision chirurgicale et de caresses mentales, les plaies si douloureuses du mal être, de la solitude, du manque que l’on peut ressentir si souvent au fond de soi… « Allo Doctor Flake? Miss Nelson à l’appareil. Je me sens si… Je souhaiterais prendre un rendez-vous pour une thérapie. Le 12 octobre 19h30? Oui j’y serai… » (Lire le live report du concert du 12 octobre 2011 à La Boule Noire…)

Teaser de l’album Flake up, sortie le 12 septembre 2011:

Posté par Miss Nelson le 20/08/2011

Lire le live report du concert du mercredi 12 octobre 2011 à La Boule Noire, Paris
Précommande de Flake up et extraits:

Lire ma chronique de l’album « Paradis Dirtyficiels » écrite en avril 2007: http://web.me.com/miss.nelson/Grabuge/doctorflake.html
Plus d’infos sur le site de Doctor Flake: http://www.doctorflake.com/
Suivre Doctor Flake sur Twitter

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High Damage = High Tone + Brain Damage en tournée dès octobre

Depuis le mois de mai qui fut un concentré intense de live (High Tone, RTSF, Kaly Live Dub et Brain Damage), rien, nada, je ne suis pas allée voir un seul concert depuis. Ce qui commence sérieusement à manquer à mes oreilles désoeuvrées. L’été hélas est là et tous ceux que je vais voir jouer en live sont pour la plupart dans les festivals en Province et/ou en tournée dans les Balkans. Je sais qu’il faut en laisser un peu aux autres pendant ces deux mois arides en mode sound off. Encore un peu de patience et le Télérama Dub Festival va revenir me chatouiller les tympans en novembre pour sa neuvième édition, ainsi que le retour d’Idem, Dr Flake et bien d’autres encore…

Et voilà que la newsletter de Jarring Effects m’annonce qu’High Tone et Brain Damage partent en tournée ensemble sous le nom de High Damage présenter leur rencontre fusionnelle sur scène avant de sortir une galette en mars 2012. High Tone avait déjà pratiqué ce rapprochement des corps impatients du dub français avec Zenzile, Improvisators Dub, Wang Lei, Kaly Live Dub, sous les noms respectifs de Zentone, Highvisators, Wangtone et Kaltone, albums tous sortis sous le label Jarring Effects. Dernièrement, Ez3kiel l’a également fait avec Hint (même label) et j’avais vu leur prestation endiablée à La Machine à Paris le 28 janvier 2011 (à lire ici). A chaque album a précédé une tournée. Si le dernier album d’High Tone, Outback, et leur prestation scénique m’ont déçue, je suis curieuse de voir en concert ce que va donner cette rencontre avec les alchimistes du son, Brain Damage.

La tournée commence en octobre à… Paris! High Damage sera 2 jours au 104 les 14 et 15 octobre. Ils parcourront ensuite la Province et reviendront faire un tour dans le 95 à Sannois pour faire l’ouverture de l’édition 2011 du Téléréma Dub Festival bien entendu.

On connait déjà le déroulement de leur prestation/création scénique de 3h30 environ composée en trois parties: Prélude: Brain Damage Dub Sessions / High Damage / Epilogue: High Tone. Le tout accompagné de vidéos, sons et jeux de lumières.

>Ajout du 20_10_2011: lire le Live Report en 3 parties du triptyque d’High Damage pour le premier live au 104 le 14 octobre 2011

>Ajout du 20_10_11: High Damage en studio: premier aperçu…

>Ajout du 04_09_2011: Martin de Brain Damage sera seul sur scène car Raphaël le bassiste part pour d’autres projets. Merci à Simon pour cette info postée dans les commentaires de ce billet.

Posté par Miss Nelson

En concert les 14 & 15 octobre 2011 au 104-Cent Quatre, à Paris. Lire le Live Report de Miss Nelson
En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
Le site officiel de High Damage
Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

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Le retour d’Idem : nouvel album et nouvelle tournée… vivement l’automne sous la pluie

Il y a trois ans exactement, en plein été, je débarquais à Zagreb, ville de l’Est grise triste et pas belle du tout, point de départ d’une traversée de la Croatie qui finissait en Italie à Venise. On m’avait dit avant de partir: « va dans les criques où tu peux faire topless sous un soleil brûlant ». Mais bien sûr… tout à fait moi ça.

Heureusement, dès le premier soir à mon arrivée en Croatie, je marchais en grelottant dans la grisaille pluvieuse de Zagreb à la recherche du KSET où jouait ce soir-là un groupe français d’électro dub dont Télérama avait fait plusieurs fois l’éloge dans ses colonnes: Idem. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans une zone bizarre très à l’écart du centre ville au KSET, intriguée d’être là en vacances au même moment qu’eux au travail. Je n’avais jamais écouté leur musique auparavant ni vu leur fameuse boule blanche sur scène. Idem aime transformer la prestation scénique en expérience visuelle et sonore (vidéos, jeux d’ombres, photos noir & blanc rappelant l’imagerie de Bunuel…) aux frontières du surréalisme. Leur dub est parfois planant souvent très noisy. Depuis ce jour, Idem séjourne régulièrement dans mon iPod.

Idem revient donc le 7 novembre avec leur album Good side of the rain, titre qui me fait de l’oeil humide, sous le label Yotanka. On peut d’ores et déjà écouter un premier extrait en streaming « Locked in syndrom » sur leur site officiel ici qui annonce un album dans la continuité du précédent The sixth aspiration museum overview (en écoute ici).

Pour Idem, il n’y a pas d’album sans nouvelle tournée et sans nouvelle création visuelle qui l’accompagnent: son studio, design très soigné des pochettes, prestation live et jeux visuels sont les composantes essentielles des oeuvres d’Idem (c’est en cela qu’ils sont cousins d’Ez3kiel bien que leur dub délivre un son qui n’a rien à voir avec Idem, Ez3kiel fonctionne sur ce même principe artistique: il faut regarder l’oeuvre pour mieux l’entendre et en percevoir la signification). Il faut les voir sur scène pour apprécier pleinement l’album studio ensuite. Leur tournée a déjà commencé en mai dans les Balkans comme d’habitude dont le KSET. Mais j’attendrai cette fois-ci qu’ils viennent jusqu’à chez moi. Ils joueront à Paris au Divan du Monde le 22 novembre avec Aucan (dub italien) en première partie. Alors, vivement l’automne à Paris sous la pluie…
En attendant novembre, voici le teaser qui présente la nouvelle création pour patienter:

Posté par Miss Nelson

Lire la chronique de « Good side of the rain »
En concert le 22 novembre au Divan du Monde, Paris
Plus d’infos et dates de la tournée sur le site officiel d’Idem: http://www.idem-kzfp.com/goodsideoftherain/
Site du label Yotanka: http://www.yotanka.net/
Photos de Nelson du concert au KSET à Zagreb en 2008: http://web.me.com/miss.nelson/Grabuge/idemzagreb.html

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Le Potager du Rock 2/2: Brain Damage au théâtre Montansier le 14 mai 2011

(Suite du billet « Le Potager du Rock au théâtre Montansier ».) Depuis quelques jours déjà, pour préparer mes oreilles, j’avais fait tourner le Short Cuts Live de Brain Damage assez souvent sur la platine et l’iPod. Je m’endormais souvent sur l’intro de « Mundhu Live » (extrait de Short Cuts Live) qui me sert de doudou, de berceuse. On m’avait conseillé de lire du Marc Lévy pour me détendre et m’endormir le sourire béat après une dure journée de labeur mais cela me provoque des symptômes radicalement opposés c’est fou, non? Revenons-en à nos moutons électriques… Je ne les avais jamais vus en concert jusqu’à ce soir-là. Ce billet est aussi l’occasion de parler de ce groupe (chez Jarring Effects, label dont je parle souvent ici) car je ne l’avais pas encore fait sur Grabuge et cela fait longtemps que je voulais parler de leur son si particulier, si personnel.

Prélude: Brain Damage, un son émotionnel à part dans la scène dub française

Originaires de St Etienne, ils ne sont que deux comme les deux hémisphères du cerveau, brain: le bassiste et l’ingénieur du son. Leur dub est à part dans la scène française, plutôt intimiste, complètement cérébral (d’où leur nom?…), parfois sombre et anxiogène comme ils le qualifient eux-même mais pas seulement, certains diront « ambient« , je dirais « émotionnel », à la fois profond et à fleur de peau, à l’opposé d’High Tone justement qui fait maintenant un dub froid depuis Outback, qui ne me touche plus. Comme quoi on ne peut pas définir ce genre de musique, on entend souvent à propos du dub-électro qu’il s’agit d’une ligne de basses avec quelques variations de samples. Un raccourci. Alors que finalement, c’est comme n’importe quel autre genre de musique, ce qu’on entend et donc l’effet que cela nous procure dépend de notre émotivité et de notre sensibilité, c’est cela qui donne vraiment la tonalité, la teinte à ce que l’on écoute, à ce que l’on perçoit. Comme pour un tableau, une sculpture, un film, un livre… C’est la charge émotionnelle de l’instant que l’on apporte à l’oeuvre que l’on regarde, que l’on écoute, que l’on ressent, qui fait que cette oeuvre prend du sens ou non pour soi, qu’elle vous « parle » ou vous indiffère. Pratiquant un dub très intimiste en studio, Brain Damage est pourtant réputé pour électriser totalement la scène quand ils jouent en live.

Le concert au théâtre Montansier, samedi 14 mai

Nous y voilà enfin… L’ingénieur sur sa machine à son à droite. Le bassiste à gauche. Au fond 5 boules blanches en forme de lampes qui me rappellent la boule blanche d’Idem (Zagreb, Idem, KSET: remember Nelson…) A deux, ils vont secouer le petit théâtre comme jamais. Les voix graves si reconnaissables et les cliquetis du son de Brain Damage font frémir les piliers de la salle et courent sur ma peau telles des ondes filantes épidermiques.

Le répertoire varie entre le dernier album Burning before Sunset (dont le titre porte toute sa signification ce soiret  Short Cuts. Pour achever le festival, Brain Damage transforme le théâtre en boîte à musique déchaînée. Leur son si intimiste sur album prend une toute autre teinte sur scène avec une rythmique plus rapide. Le public en transe ondule contre les planches de la scène: on est tous en train de « burning before sunset« . Les spots circulaires recolorent les peintures du plafond voûté. Au-dessus de moi, des gens se déhanchent dans les balcons. J’imagine le théâtre les autres soirs avec tous ces gens assis en rang d’oignon tous bien habillés, pas un qui moufte alors que cette nuit, c’est un déchaînement de sons et de lumières auquel j’assiste. Tout le monde danse les yeux clos avec un sourire planant. Hypnotisée je suis par cette ambiance électrique qui mélange cette nuit un son si électronique résolument moderne à un décor tout en retenue, si classique.

L’alchimiste du son n’a jamais les deux pieds posés en même temps sur le sol tant il bouge avec frénésie à chaque réglage. Le moindre dialogue avec le public est samplé, mixé dans sa machine et sert d’introduction à quelques morceaux. Mais le duo s’excuse et débranche tout car le théâtre doit fermer ses portes. Quelqu’un hurle dans la salle « On s’en fout, seule la musique compte ce soir ». Oui, toutes les nuits du samedi devraient être ainsi, des nuits magiques qui vous laissent en suspens au réveil à l’envers, avec cette impression d’avoir vécu ou bien fantasmé quelque chose qui n’a rien à voir avec l’ordinaire. La fermeture du festival du Potager du Rock 2011 au théâtre Montansier restera une expérience sonore, visuelle, cérébrale et corporelle mémorable.

Posté par Miss Nelson

Voir les photos et vidéos du concert: http://gallery.me.com/miss.nelson/100361
Des infos sur Brain Damage: http://www.myspace.com/braindamagedub

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