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L’année électrique 2011 de Miss Nelson

Mon retour sur la toile pour commencer 2012 sera pour consacrer un billet aux courants alternatifs extatiquo-dark qui m’auront fait vibrer en 2011, année noire aux cimes vertigineuses et aux sous-sols sombres humides et vénéneux où je suis tombée en chute libre le parachute en torche. 2011, l’année où j’apprends à dire « Non ». Non à ceux et celles qui excellent dans l’art de vous faire culpabiliser pour tout et pour rien, parfois même pour être là. Fini tout ça… Toutes ces ondes électriques, ces chocs sensoriels nécessaires pour supporter les jours tristes. Ils ont été là, ils sont là, j’y viens, j’en parle.

Il y aura eu les pleurs de Cascadeur dans mon coeur, la pluie noire et lumineuse d’Idem dans mes yeux, la découverte du dub oriental onirique de l’ingénieux Metastaz, le dub-électro unique en son genre de TD+, la set-box 5+1 de Zenzile, le FX100 de Jarring Effects, le retour inespéré d’Earthling sur scène, d’autres scènes fabuleuses chargées à haute tension qui ont fait éclore les roses épineuses de mes Docs: Ez3kiel versus Hint, Doctor Flake, Polly Jean Harvey, Kaly Live Dub, Brain Damage avec et sans Raphaël, High Damage, Thiéfaine… Des claques visuelles qui auront remué la lame dans mon âme comme Animal Kingdom, Drive, Winter’s Bone, l’oeuvre calcinée de Christian Jaccard, Bart Baele le craquelé…

Et puis des pics émotionnels intenses: ma chronique de l’album d’Idem Good Side of the Rain et mon live report de leur concert au Divan du Monde le 22 novembre dans leur dossier de presse (à voir ici) ; le lien sur le site d’Universailles de mon live report du Potager du Rock à Versailles (Brain Damage et Kaly Live Dub); le record de visites jamais atteint le jour où Brain Damage a posté sur son facebook le lien vers mon live report du concert de High Damage au 104; les remerciements sur twitter de Mau pour mon live report du concert d’Earthling à La Maroquinerie le 4 novembre et le lien qu’ils ont mis sur leur site officiel… (http://www.earthlingmusic.co.uk/site/?page_id=104); tous les commentaires de ceux, émus, qui ont aimé le live report de Thiéfaine à Bercy... Merci à vous d’être là aussi pour vibrer et merci à eux.


Je décerne donc les palmes électriques à:

Meilleur album :
Good side of the Rain d’Idem (lire la chronique)

Meilleur album émotionnel:
The Human Octopus de Cascadeur (lire la chronique) 

Meilleur album dub-électro:
Aliénation de TD+  (http://www.myspace.com/tdplus)

Meilleures compilations (ex-aequo):
FX 100 de Jarring Effects (http://fr.ulule.com/fx100/)
Set box 5+1 de Zenzile
(http://www.zenzile.com/)
A tribute to PJ Harvey DRY de A découvrir absolument (lire la chronique)

Meilleure bande originale:
Drive 

Meilleurs morceaux (ex-aequo):
« Good side of the rain » de l’album éponyme d’Idem (lire la chronique)
« King David » et « Smash It » de l’album Aliénation de TD+ (http://www.deezer.com/fr/music/td) 

Meilleurs concerts émotionnels (ex-aequo):
Kaly Live Dub au théâtre Montansier, Festival du Potager du Rock, le 14 mai 2011 (lire le live report)
Brain Damage au théâtre Montansier, Festival du Potager du Rock, le 14 mai 2011 (lire le live report)

Meilleur concert « come-back »que je n’attendais plus:
Earthling à La Maroquinerie le 4 novembre 2011 (lire le live report)

Meilleures rencontres fusionnelles live (ex-aequo):
Ez3kiel versus Hint, Collision Tour, à La Machine le 28 janvier 2011 (lire le live report)
High Damage (High Tone+Brain Damage), triptyque, au 104 le 14 octobre 2011
(lire le live report)

Meilleurs films (ex-aequo):
Animal Kindgdom de David Michôd (lire la chronique)
Winter’s Bone de Debra Granik  (lire la chronique)

Meilleures expos:
Le voyage imaginaire d’Hugo Pratt à La Pinacothèque (lire la chronique)
Bart Baele, le Flamand craquelé, à la Galerie Polaris
(lire la chronique)
Christian Jaccard dans les collections permanentes de Beaubourg 

Meilleur roman:
Les revenants de Laura Kasischke (Christian Bourgois)

Meilleur essai:
La voie d’Edgar Morin (Fayard) 

 Meilleures BD/livres illustrés (ex-aequo):
Eco, tome 2: La bête sans visage de Guillaume Bianco (Métamorphose)
Milky de Lilidoll (Venusdea)
Réédition de Beautiful Nightmares de Nicoletta Ceccoli (Venusdea)

Meilleurs magazines (ex-aequo):
Elegy (site officiel)
Obsküre 
( site officiel) 

Posté par Miss Nelson le 22/01/2012

Photos: Première: Théâtre Montansier à Versailles. Barb’ooz 2011. Tous droits réservés;Deuxième: Théâtre Montansier à Versailles. Miss Nelson 2011. Tous droits réservés

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High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (1/3): Brain Damage, « Dub Sessions »

Max Dormoy. Je sors du métro, le casque sur ma tête, le FX100 de Jarring Effects dans mes oreilles. Il fait déjà nuit. Je suis en route vers le 104 pour voir le premier concert de la tournée de High Damage, la rencontre entre Brain Damage et High Tone, qui sera également à l’affiche du Télérama Dub Festival.  J’avais posté un billet à ce sujet le 7 août (lire ici).  Je commence à réaliser seulement maintenant que je suis en train de traverser une cité l’air de rien, que je suis la seule fille qui marche dans une rue à l’atmosphère de plus en plus glauque. Je croise des bandes qui s’interpellent d’un trottoir l’autre. Allez: plus qu’un pont à traverser au-dessus de la voie ferrée et j’y suis… quoique? J’appelle Barb’ooz venu m’accompagner, seule personne de mon entourage martien qui aime aussi le dub électro, pour le prévenir que je n’atteindrai peut-être pas le bout du pont ce soir… Barb’ooz me récupère au bout du pont juste avant que je ne disparaisse dans la nuit…

On arrive au 104 que je ne connaissais pas, une fois à l’intérieur, je constate que c’est un très bel endroit où je me sens bien. On grignote un petit bout dans le restaurant-bar et comme la dernière fois au théâtre Montansier à Versailles lors du mémorable festival du Potager du Rock le 14 mai 2011, on reconnaît les basses vibrantes de Brain Damage qui viennent chatouiller nos pieds engourdis par le froid. Vite, on rentre dans la salle de concert. Un homme me tend le programme du Télérama Dub Festival: » Vous connaissez? » Euh…

Le concert est annoncé pour une durée d’environ 3 heures et il durera effectivement 3h30 sans entracte, donc c’est une véritable performance à laquelle on assiste ce soir. La rencontre est un triptyque car divisée en trois parties, trois tableaux: Brain Damage seul tout d’abord présentant les Dub Sessions, puis la rencontre avec High Damage, et enfin l’épilogue avec High Tone seul.

Brain Damage est tout de suite à droite dans l’entrée de la salle sur une scène. Le public lui fait face. Une autre scène en face tout au fond de la salle est plongée pour le moment dans le noir… Raphaël le bassiste étant parti sur un projet solo, il n’y a que Martin aux commandes des machines ce soir. J’ai dû mal à réaliser en fait que je suis vraiment juste à côté de lui, je suis contre le promontoir où il joue. Je vois le macbook, les consoles, le clavier, ce qu’il fait. Comme à son habitude, Martin ne reste jamais en place, c’est assez impressionnant de le voir faire tous ces réglages sur sa machine tandis que ses pieds bougent à un rythme effréné  !

Un homme à côté de moi hurle à l’attention de Martin : « Fais péter des trucs bizarres! ». Une grande partie du public se déhanche déjà dans la salle. Les Dub Sessions donnent un ton absolument reggae au dub joué dans cette première partie. Le son délivré n’a rien à voir avec les basses oppressantes du dernier album Burning before sunset. On est plus dans l’ambiance d’un album comme Dub 2 dub mais avec une rythmique plus accentuée et des samples plus importants et remixés.

Après une heure de prestation environ à haut voltage, Martin nous fait signe de regarder à l’autre bout de la salle en face de lui. Tout le monde se retourne. Des musiciens s’installent derrière cinq panneaux blancs. C’est High Tone qui fait face maintenant à Brain Damage, le public se retrouvant dorénavant entre les deux groupes. La deuxième scène du fond s’éclaire peu à peu. High Damage va utiliser tout l’espace de la salle du 104 pour jouer, pour la rencontre de deux groupes phares du dub français… (Lire la suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011: High Damage, dub alien…)

Posté par Miss Nelson le 20/10/2011
(Photos et vidéos Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) 

Pour voir toutes les photos et extraits vidéos du concert de High Damage au 104 le 14/10/2011 (Miss Nelson 2011 Tous droits réservés), c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
Toutes les dates du tour sur le site officiel de High Damage
Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

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High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (2/3): High Damage, dub alien

(Suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (1/3): Brain Damage, « Dub Sessions »)Ce soir au 104, après une heure de prestation de Brain Damage (avec seulement Martin), on assiste à la fusion entre les deux groupes de dub, High Tone et Brain Damage, qui se font face, le public entre les deux. High Tone apparaît au fond de la salle en ombres chinoises derrière cinq grands écrans-toiles, Martin en face d’eux, est toujours derrière ses machines. Les basses sortent du sols, anxiogènes, les murs de la salle du 104 tremblent, le premier concert tant attendu de la tournée d’High Damage  commence. La mise en scène avec les jeux d’ombres et de lumières, d’images et de correspondances entre les deux groupes est très subtile et réussie.

Il fait de plus en plus chaud dans la salle comble. La nuit s’annonce très longue. Et c’est tant mieux car je n’ai absolument pas envie de dormir ce soir malgré la fatigue accumulée ces cinq derniers jours et les perles de pluie persistantes  dans mes yeux. Le dub d’High Damage est parfaitement alien. Mutant et inquiétant car il empreinte les basses lourdes et les cliquetis étranges aux deux derniers albums de Brain Damage et la rythmique plus électronique et métallique d’High Tone depuis Underground Wobble et Outback. Il en résulte un dub sombre et envoûtant qui fait vibrer une à une les 33 marches de mon épine dorsale.

Après quelques morceaux mettant le public particulièrement en appétit ce soir, High Tone enlève les cinq panneaux blancs placés devant eux. Un écran géant s’allume derrière la scène. La voix qui sort alors des enceintes est si reconnaissable qu’elle est saluée par une partie du public: c’est celle de Black Sifichi qui a collaboré avec beaucoup de groupes électros et dub comme Brain Damage mais aussi Doctor Flake sur son dernier album Flake Up. Sa voix dit: « High Damage » en même temps que les mots apparaissant sur l’écran: une hypnotique hérésie hystérique traverse alors tous les corps remuants dans la salle.

J’observe le public. C’est drôle de voir tout ce mélange des genres: un homme devant moi en chemise blanche et catogan; un autre qui agite sa tête avec de longs dreadlocks qui descendent jusqu’en bas du dos. Beaucoup portent le tee-shirt avec le logo du coffret FX100 de Jarring Effects sorti fin septembre. Quant à moi, je porte un tee-shirt noir de Zenzile avec le très beau visuel de l’album Living in Monochrome, des Docs bien sûr et une fleur dans mes cheveux.

Dread ou fleur dans les cheveux, on est tous là ce soir pour vibrer au son de High Damage: le public a l’air vraiment réceptif à cette nouvelle expérience sensorielle insufflée par la rencontre des deux groupes. High Damage c’est fini. High Tone salue Martin de Brain Damage et le public. Il ne reste plus qu’à être très patients puisque l’album studio ne sortira qu’en mars 2012 après la tournée du groupe… (Lire la suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (3/3): High Tone »)

Posté par Miss Nelson le 20/10/11
(photos et vidéos Miss Nelson 2011, tous droits réservés)

Pour voir toutes les photos et extraits-vidéos du concert de High Damage c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
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Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

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High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (3/3): High Tone

(Suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (2/3): High Damage, dub alien). Martin de Brain Damage est parti, seule la scène du fond où se trouve High Tone est à présent éclairée. Pas d’attente, le concert d’High Tone, qui sera la troisième et dernière partie de ce concert triptyque d’High Damage au 104, commence immédiatement après la rencontre fusionnelle des deux groupes de dub High Tone et Brain Damage (voir billet précédent).

La dernière fois que j’ai vu High Tone en concert, c’était à La Clef avec RTSF le 6 mai 2011 (lire le billet du live report) et j’avais trouvé leur prestation froide et leur son trop électronique et métallique. Cela était surtout dû au fait qu’ils avaient joué une grande partie du dernier album que je boude un peu: Outback. Ce soir, ils vont jouer l’extrait « Spank » bien sûr mais vont aussi piocher dans le reste de leur répertoire dub plus éclectique (tour à tour downtempo, sombre, reggae…). De plus, ils ne sont pas du tout statiques bien au contraire, il faut dire qu’ils viennent de jouer plus d’une heure avec Brain Damage et la prestation qu’ils ont donnée ensemble de High Damage a conquis le public du 104 et on aimerait bien poursuivre l’expérience sensorielle chez nous sur la platine et au casque mais il va falloir attendre que l’hiver passe…

High Tone ouvre le bal avec une version de « Rub a Dub » remixée et absolument survitaminée qui enchante et secoue le peuple de l’herbe présent dans la salle sur des rythmes reggaes. On aura droit aussi au fameux « Bad Weather » devenu un passage indispensable de tout concert des Lyonnais. Les jeux de lumières notamment dans les teintes chaudes jaunes et rougeâtres sur la fin du concert sur la vidéo en noir et blanc d’un visage de femme en gros plan sont superbes. J’ai vraiment énormément de plaisir à les retrouver dans une telle forme, tant ils se donnent sur la scène du 104.

Le triptyque d’High Damage prend fin plus de 3h après l’apparition de Brain Damage.  Les Lyonnais et les Stéphanois ont réussi le très beau pari de leur émouvante rencontre sur scène tout d’abord. Pas de doute que l’album studio sera à la hauteur même s’il manquera toute la mise en scène visuelle très réussie qui participe fortement à l’émotion sensorielle ressentie ce soir.

Après un passage au stand de Jarring Effects, je repars avec un sweet noir Brain Damage de l’époque Spoken Dub Manifesto que beaucoup voulaient également mais il ne restait qu’une taille: « Il ne vous reste que ça comme taille, c’est du 12 ans, non? »  demande un grand gaillard à côté de moi. « C’est une taille femme » répond le vendeur, « et il n’en reste plus qu’un ». Et bien voilà, du 12 ans ça m’ira très bien, je le prends, merci et bonne nuit Jarring Effects. Je vais encore entendre des gens me dire « ça veut dire quoi ce qu’il y a d’écrit dans ton dos? » ou bien « Brain Damage? Oh, ça n’a pas l’air encore très gai tout ça ». Vouis vouis. On prend un dernier verre avec Barb’ooz et on sort du 104 où il n’y a plus grand monde désormais. Le froid s’engouffre dans ma veste et me glace jusqu’aux os. On passe devant une 206 coffre ouvert où les membres d’High Tone essaient d’engouffrer tant bien que mal tout leur matériel. Je quitte Barb’ooz et rentre chez moi. Mes voisins dorment depuis longtemps mais moi, je ne dormirai pas, pianotant sur Grabuge, les basses d’High Damage raisonnant encore dans ma petite tête tout le reste de la nuit. Quelques heures plus tard, The Owl m’appelle: « Nelson viens donc chez moi m’aider, mon iMac sous Tiger ne reconnaît pas mon iPhone 4S, je fais quoi? ». Je débarque à République les cheveux encore emmêlés d’étranges parfums, The Owl pas réveillée non plus m’ouvre la porte et me dit que mes cheveux sentent drôlement bon l’herbe rare des prairies « dubesques »: « Ce n’est rien, dis-je, je suis encore complètement highdamagisée… ». (Relire tout depuis le début… 🙂 )

Posté par Miss Nelson le 20/10/2011
(Photos et vidéos Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) 

Pour voir toutes les photos et extraits-vidéos (Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) du concert de High Damage c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
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Le label Jarring Effects.

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High Damage = High Tone + Brain Damage en tournée dès octobre

Depuis le mois de mai qui fut un concentré intense de live (High Tone, RTSF, Kaly Live Dub et Brain Damage), rien, nada, je ne suis pas allée voir un seul concert depuis. Ce qui commence sérieusement à manquer à mes oreilles désoeuvrées. L’été hélas est là et tous ceux que je vais voir jouer en live sont pour la plupart dans les festivals en Province et/ou en tournée dans les Balkans. Je sais qu’il faut en laisser un peu aux autres pendant ces deux mois arides en mode sound off. Encore un peu de patience et le Télérama Dub Festival va revenir me chatouiller les tympans en novembre pour sa neuvième édition, ainsi que le retour d’Idem, Dr Flake et bien d’autres encore…

Et voilà que la newsletter de Jarring Effects m’annonce qu’High Tone et Brain Damage partent en tournée ensemble sous le nom de High Damage présenter leur rencontre fusionnelle sur scène avant de sortir une galette en mars 2012. High Tone avait déjà pratiqué ce rapprochement des corps impatients du dub français avec Zenzile, Improvisators Dub, Wang Lei, Kaly Live Dub, sous les noms respectifs de Zentone, Highvisators, Wangtone et Kaltone, albums tous sortis sous le label Jarring Effects. Dernièrement, Ez3kiel l’a également fait avec Hint (même label) et j’avais vu leur prestation endiablée à La Machine à Paris le 28 janvier 2011 (à lire ici). A chaque album a précédé une tournée. Si le dernier album d’High Tone, Outback, et leur prestation scénique m’ont déçue, je suis curieuse de voir en concert ce que va donner cette rencontre avec les alchimistes du son, Brain Damage.

La tournée commence en octobre à… Paris! High Damage sera 2 jours au 104 les 14 et 15 octobre. Ils parcourront ensuite la Province et reviendront faire un tour dans le 95 à Sannois pour faire l’ouverture de l’édition 2011 du Téléréma Dub Festival bien entendu.

On connait déjà le déroulement de leur prestation/création scénique de 3h30 environ composée en trois parties: Prélude: Brain Damage Dub Sessions / High Damage / Epilogue: High Tone. Le tout accompagné de vidéos, sons et jeux de lumières.

>Ajout du 20_10_2011: lire le Live Report en 3 parties du triptyque d’High Damage pour le premier live au 104 le 14 octobre 2011

>Ajout du 20_10_11: High Damage en studio: premier aperçu…

>Ajout du 04_09_2011: Martin de Brain Damage sera seul sur scène car Raphaël le bassiste part pour d’autres projets. Merci à Simon pour cette info postée dans les commentaires de ce billet.

Posté par Miss Nelson

En concert les 14 & 15 octobre 2011 au 104-Cent Quatre, à Paris. Lire le Live Report de Miss Nelson
En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
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Le Potager du Rock 2/2: Brain Damage au théâtre Montansier le 14 mai 2011

(Suite du billet « Le Potager du Rock au théâtre Montansier ».) Depuis quelques jours déjà, pour préparer mes oreilles, j’avais fait tourner le Short Cuts Live de Brain Damage assez souvent sur la platine et l’iPod. Je m’endormais souvent sur l’intro de « Mundhu Live » (extrait de Short Cuts Live) qui me sert de doudou, de berceuse. On m’avait conseillé de lire du Marc Lévy pour me détendre et m’endormir le sourire béat après une dure journée de labeur mais cela me provoque des symptômes radicalement opposés c’est fou, non? Revenons-en à nos moutons électriques… Je ne les avais jamais vus en concert jusqu’à ce soir-là. Ce billet est aussi l’occasion de parler de ce groupe (chez Jarring Effects, label dont je parle souvent ici) car je ne l’avais pas encore fait sur Grabuge et cela fait longtemps que je voulais parler de leur son si particulier, si personnel.

Prélude: Brain Damage, un son émotionnel à part dans la scène dub française

Originaires de St Etienne, ils ne sont que deux comme les deux hémisphères du cerveau, brain: le bassiste et l’ingénieur du son. Leur dub est à part dans la scène française, plutôt intimiste, complètement cérébral (d’où leur nom?…), parfois sombre et anxiogène comme ils le qualifient eux-même mais pas seulement, certains diront « ambient« , je dirais « émotionnel », à la fois profond et à fleur de peau, à l’opposé d’High Tone justement qui fait maintenant un dub froid depuis Outback, qui ne me touche plus. Comme quoi on ne peut pas définir ce genre de musique, on entend souvent à propos du dub-électro qu’il s’agit d’une ligne de basses avec quelques variations de samples. Un raccourci. Alors que finalement, c’est comme n’importe quel autre genre de musique, ce qu’on entend et donc l’effet que cela nous procure dépend de notre émotivité et de notre sensibilité, c’est cela qui donne vraiment la tonalité, la teinte à ce que l’on écoute, à ce que l’on perçoit. Comme pour un tableau, une sculpture, un film, un livre… C’est la charge émotionnelle de l’instant que l’on apporte à l’oeuvre que l’on regarde, que l’on écoute, que l’on ressent, qui fait que cette oeuvre prend du sens ou non pour soi, qu’elle vous « parle » ou vous indiffère. Pratiquant un dub très intimiste en studio, Brain Damage est pourtant réputé pour électriser totalement la scène quand ils jouent en live.

Le concert au théâtre Montansier, samedi 14 mai

Nous y voilà enfin… L’ingénieur sur sa machine à son à droite. Le bassiste à gauche. Au fond 5 boules blanches en forme de lampes qui me rappellent la boule blanche d’Idem (Zagreb, Idem, KSET: remember Nelson…) A deux, ils vont secouer le petit théâtre comme jamais. Les voix graves si reconnaissables et les cliquetis du son de Brain Damage font frémir les piliers de la salle et courent sur ma peau telles des ondes filantes épidermiques.

Le répertoire varie entre le dernier album Burning before Sunset (dont le titre porte toute sa signification ce soiret  Short Cuts. Pour achever le festival, Brain Damage transforme le théâtre en boîte à musique déchaînée. Leur son si intimiste sur album prend une toute autre teinte sur scène avec une rythmique plus rapide. Le public en transe ondule contre les planches de la scène: on est tous en train de « burning before sunset« . Les spots circulaires recolorent les peintures du plafond voûté. Au-dessus de moi, des gens se déhanchent dans les balcons. J’imagine le théâtre les autres soirs avec tous ces gens assis en rang d’oignon tous bien habillés, pas un qui moufte alors que cette nuit, c’est un déchaînement de sons et de lumières auquel j’assiste. Tout le monde danse les yeux clos avec un sourire planant. Hypnotisée je suis par cette ambiance électrique qui mélange cette nuit un son si électronique résolument moderne à un décor tout en retenue, si classique.

L’alchimiste du son n’a jamais les deux pieds posés en même temps sur le sol tant il bouge avec frénésie à chaque réglage. Le moindre dialogue avec le public est samplé, mixé dans sa machine et sert d’introduction à quelques morceaux. Mais le duo s’excuse et débranche tout car le théâtre doit fermer ses portes. Quelqu’un hurle dans la salle « On s’en fout, seule la musique compte ce soir ». Oui, toutes les nuits du samedi devraient être ainsi, des nuits magiques qui vous laissent en suspens au réveil à l’envers, avec cette impression d’avoir vécu ou bien fantasmé quelque chose qui n’a rien à voir avec l’ordinaire. La fermeture du festival du Potager du Rock 2011 au théâtre Montansier restera une expérience sonore, visuelle, cérébrale et corporelle mémorable.

Posté par Miss Nelson

Voir les photos et vidéos du concert: http://gallery.me.com/miss.nelson/100361
Des infos sur Brain Damage: http://www.myspace.com/braindamagedub

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High Tone et RTSF à La Clef le 6 mai 2011

Fin de semaine, dernier étage, l’ascenceur s’ouvre: je suis arrivée à St Germain en Laye. Je descends. La chaleur dégringole. Au loin, j’aperçois des terrasses de cafés branchés blindées de jeunes couples qui s’extasient derrière leurs lunettes Prada fumées. Je n’ai rien à faire là. Je me suis encore trompée d’étage. Je remonte dans l’ascenceur. Je regarde l’heure, je suis en retard. Un groom m’interpelle: « quel étage? ». Je bois mon Yop. « Boissons interdites ici, qui a écrit Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?« , « Philip K. Dick », « Ok, bonsoir Nelson. Dernier étage au sous-sol, je ne vous accompagne pas et tenez, voici la clef ». Je range la clef dans ma poche. L’ascenceur descend à vitesse grand V et s’immobilise brusquement. Les parois commencent à vibrer. Je manque d’air. J’écrase le bouton « In Case of emergency ». Une voix sans âme sort du haut-parleur « calmez-vous Nelson, vous êtes arrivée et si vous aviez un tant soit peu de jugeote, vous auriez utilisé ce qu’il y a dans votre poche ». Sous le bouton d’urgence, il y a une serrure. Je sors la clef… La salle est pleine. RTSF déjà sur scène.

Deux concerts de dub ce soir à La Clef, petite salle de concert de St Germain en Laye pas loin du château. La première partie est assurée par RTSF, très jeune groupe de dub qui a le mérite de se donner à fond sur scène pour se faire connaître et de ne pas rester caché derrière des machines. Batterie, basse, guitare, tout y est. Le groupe s’en sort plutôt très bien et tente de réveiller le public de St Germain un peu édulcoré ce soir. Tâche d’autant plus difficile quand on fait la première partie de grandes pointures du dub comme High Tone. Le dernier album des Lyonnais, Outback (toujours chez Jarring Effects) m’ayant totalement laissée de marbre car délivrant un son froid sans émotion, je suis surtout là pour écouter les précédents albums.

Hélas, en dehors de la belle prestation de « Bad Weather » (extrait d’Acid Dub Nucleik), la majorité des morceaux qui seront joués ce soir sont extraits d’Outback. Et ils confirment ma première impression d’écoute au casque. Finalement, le concert représentera parfaitement l’album: des versions live identiques sans surprises, glaciales, livrées par les membres du groupes trop statiques derrière leurs machines. Le batteur pourtant situé au centre de la scène est presque toujours plongé dans le noir, la mise en scène étant axée sur les écrans géants placés au fond de la scène où passent soit par exemple le vidéo-clip de « Spank » en intégralité, ce qui ne représente aucun intérêt en live, soit des images hypnotiques censées bercer le public. Je n’attends pas en concert de voir un vidéo clip mais de voir les musiciens communiquer l’énergie (é)mouvante qui caractérise le dub électro de certains groupes de la scène française comme Idem, Ez3kiel, Brain Damage, Kaly Live Dub et High Tone à ses débuts. Mais là rien ne passe. High Tone délivre un son métallique sans émotion aucune, qui recouvre mon corps d’une enveloppe hermétique aux sensations, m’abrutit et martèle mon coeur au point que je n’entends plus ses battements comme s’il était enfermé dans une boîte en métal. Je ressors de là inerte, je ne ressens plus rien. N’était ce pas ce que je cherchais ce soir? Mais je n’aime pas ça. Car ce n’est pas moi. High Tone, wake-up!

Voir les photos et vidéos du concert: http://gallery.me.com/miss.nelson#100341
High Tone:  http://www.hightone.org/
RTSF: http://www.myspace.com/rtsfmusic
Label indépendant Jarring Effects: http://www.jarringeffects.net/fr/

    

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