Le Potager du Rock 1/2: Kaly Live Dub au théâtre Montansier le 14 mai 2011

(suite du billet « Mon petit potager sonore »). Samedi 14 mai. Je cours à perdre haleine sur les trottoirs pavés direction le théâtre Montansier pour assister à la clôture du festival du Potager du rock (7-14 mai 2011). Il fait déjà nuit. Les étoiles tombent sur Versailles et dans mes yeux car le décor qui m’entoure est superbe. Je ne suis pas dans une salle de concert ordinaire. Le plafond voûté est recouvert de peintures. En son centre, un immense lustre repose comme un encensoir et éclaire la salle du théâtre, des balcons, à l’orchestre, à la scène où Kaly Live Dub installe son gros matériel. Tous les sièges sont remontés et la majorité du public est debout dans l’orchestre contre la scène. On a tous un sourire de gosse aux lèvres.

Le lustre s’éteint et le théâtre est plongé dans le noir. Des loops ondoyants sortent alors de l’antre du théâtre et s’enroulent autour de nos corps impatients. Les cinq membres de Kaly sont sur scène, et la pomme du mac qui surplombe les machines, de nouveau, luit entre les colonnes du théâtre.

Heureuse de les retrouver après leur prestation dans la toute petite salle du Nouveau Casino le 28 octobre 2010 (lire le billet). Depuis, je trimballe Kaly un peu n’importe où dans mon iPod en écoute le soir surtout les jours d’orage lorsque le ciel vire aux couleurs de Turner. C’est ce que j’aime lors des Live: c’est comme si je posais mon iPod sur la scène et que le son s’en échappait par la prise jack pour prendre forme le temps d’une nuit, transformant la prestation scénique en fantasme réel ou en réalité augmentée devant moi.

Par rapport au Nouveau Casino, le changement de décor est radical et le son n’a rien à voir non plus: moins fort, il bénéficie d’une résonance acoustique quasi-parfaite dans ce théâtre: on perçoit toutes les boucles et patchworks de sons habituellement perceptibles qu’au casque. Kaly pioche un peu partout dans son répertoire: Lightin’ the Shadows, le dernier album bien sûr mais aussi Fragments, notamment « Cross Ruling » où l’on m’explique que la bande son provient de Full Metal Jacket (encore appris quelque chose ce soir!), et le déjanté « See no sens » où je vois derrière moi des coulées de lumière bleue ruisseler le long des balcons du théâtre et sur les visages éblouis d’un public en lévitation…

Kaly embrase nos corps et le théâtre tout entier. Mais le temps est compté car nous sommes à un festival et le groupe lyonnais doit laisser place à ceux que je n’ai encore jamais vus en live et qui pratiquent un dub-électro unique très personnel et comme son nom l’indique absolument cérébral: j’ai nommé Brain Damage…

A l’entracte, je visite les alentours de la salle et me perds dans le dédale de couloirs rouges et sombres qui me semblent sans fin où sont exposés des mannequins en costumes de théâtre, j’ai l’impression qu’ils prennent vie devant moi comme dans une scène de David Lynch. Mon téléphone sonne, je frissonne: « T’es passée où bon sang?! Brain Damage vient de commencer! » Je sens les basses qui font craquer le parquet sous mes pieds. Je reconnais l’introduction lancinante d’un morceau du dernier album Burning before Sunset. Il n’y pas pas de doute, les deux moitiés du cerveau de Brain Damage sont sur scène là, juste derrière la porte… Re-play. Re-ssentir. Encore et encore. C’est ce que j’aime. Je pousse la porte… Lire la suite.

Voir les photos et vidéos du concert au théâtre de Montansier: http://gallery.me.com/miss.nelson#100359
Des infos sur Kaly Live Dub: http://www.myspace.com/kalylivedub
Label indépendant Jarring Effects: http://www.jarringeffects.net/fr/ 

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High Tone et RTSF à La Clef le 6 mai 2011

Fin de semaine, dernier étage, l’ascenceur s’ouvre: je suis arrivée à St Germain en Laye. Je descends. La chaleur dégringole. Au loin, j’aperçois des terrasses de cafés branchés blindées de jeunes couples qui s’extasient derrière leurs lunettes Prada fumées. Je n’ai rien à faire là. Je me suis encore trompée d’étage. Je remonte dans l’ascenceur. Je regarde l’heure, je suis en retard. Un groom m’interpelle: « quel étage? ». Je bois mon Yop. « Boissons interdites ici, qui a écrit Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?« , « Philip K. Dick », « Ok, bonsoir Nelson. Dernier étage au sous-sol, je ne vous accompagne pas et tenez, voici la clef ». Je range la clef dans ma poche. L’ascenceur descend à vitesse grand V et s’immobilise brusquement. Les parois commencent à vibrer. Je manque d’air. J’écrase le bouton « In Case of emergency ». Une voix sans âme sort du haut-parleur « calmez-vous Nelson, vous êtes arrivée et si vous aviez un tant soit peu de jugeote, vous auriez utilisé ce qu’il y a dans votre poche ». Sous le bouton d’urgence, il y a une serrure. Je sors la clef… La salle est pleine. RTSF déjà sur scène.

Deux concerts de dub ce soir à La Clef, petite salle de concert de St Germain en Laye pas loin du château. La première partie est assurée par RTSF, très jeune groupe de dub qui a le mérite de se donner à fond sur scène pour se faire connaître et de ne pas rester caché derrière des machines. Batterie, basse, guitare, tout y est. Le groupe s’en sort plutôt très bien et tente de réveiller le public de St Germain un peu édulcoré ce soir. Tâche d’autant plus difficile quand on fait la première partie de grandes pointures du dub comme High Tone. Le dernier album des Lyonnais, Outback (toujours chez Jarring Effects) m’ayant totalement laissée de marbre car délivrant un son froid sans émotion, je suis surtout là pour écouter les précédents albums.

Hélas, en dehors de la belle prestation de « Bad Weather » (extrait d’Acid Dub Nucleik), la majorité des morceaux qui seront joués ce soir sont extraits d’Outback. Et ils confirment ma première impression d’écoute au casque. Finalement, le concert représentera parfaitement l’album: des versions live identiques sans surprises, glaciales, livrées par les membres du groupes trop statiques derrière leurs machines. Le batteur pourtant situé au centre de la scène est presque toujours plongé dans le noir, la mise en scène étant axée sur les écrans géants placés au fond de la scène où passent soit par exemple le vidéo-clip de « Spank » en intégralité, ce qui ne représente aucun intérêt en live, soit des images hypnotiques censées bercer le public. Je n’attends pas en concert de voir un vidéo clip mais de voir les musiciens communiquer l’énergie (é)mouvante qui caractérise le dub électro de certains groupes de la scène française comme Idem, Ez3kiel, Brain Damage, Kaly Live Dub et High Tone à ses débuts. Mais là rien ne passe. High Tone délivre un son métallique sans émotion aucune, qui recouvre mon corps d’une enveloppe hermétique aux sensations, m’abrutit et martèle mon coeur au point que je n’entends plus ses battements comme s’il était enfermé dans une boîte en métal. Je ressors de là inerte, je ne ressens plus rien. N’était ce pas ce que je cherchais ce soir? Mais je n’aime pas ça. Car ce n’est pas moi. High Tone, wake-up!

Voir les photos et vidéos du concert: http://gallery.me.com/miss.nelson#100341
High Tone:  http://www.hightone.org/
RTSF: http://www.myspace.com/rtsfmusic
Label indépendant Jarring Effects: http://www.jarringeffects.net/fr/

    

Ez3kiel versus Hint: collision frontale à La Machine

Fin de semaine, vendredi soir. Exit les bottines lacées, le foulard en soie rose et la petite robe noire. J’enfile le pantalon bouffant et le sweat à capuche: je suis parée. Il est 22h dans les rues de Pigalle: me voici enfin arrivée. Je montre mon billet d’entrée à un man in black pas très bavard qui marmonne « OK » avec un geste sec me signalant que je peux y aller. Je rentre et descends dans l’antre de la Machine du Moulin Rouge.

Je traverse un couloir rouge le long d’un aquarium rempli de gens qui fument. Puis, c’est le stand du label Jarring Effects avec son équipe de passionnés. L’un deux me montre la dernière compilation Audio Activism 2 dont j’ai déjà reçu le lien dans ma boîte de Grabuge suite à mon post sur Kaly Live Dub au Casino. Les pochettes cartonnées des albums d’artistes produits par eux sont étalées sur une table: la plupart sont empilées sur mon étagère Louis XV made in Ikéa… Hightone, Kaly, Ez3kiel, Idem, Vuneny, les duos Wangtone, Zentone…

Les lumières s’éteignent: Ez3kiel et Hint entrent en scène. C’est pour les voir et les entendre que je suis là ce soir. Les Tourangeaux et les Angevins jouent ensemble et sont en tournée depuis plus d’un an maintenant pour présenter leur Collision Tour: la playlist est une correspondance de morceaux de l’un et l’autre groupe.

Pendant quelques heures, je ressens le choc frontal, la collision et la cohésion des genres, puis le mélange des envolées lyriques gracieuses d’Ez3kiel apaiser le rock expérimental tranché à vif de Hint, le chaud et le froid, le calme et la fureur, le son mélodieux des cuivres et du xylophone joyeux caresser la grosse caisse frappée par un tonnelier comme possédé. Ez3kiel apporte de la douceur harmonique à l’envolée de décibels des riffs métalliques de Hint. Le plaisir qu’ont ces deux groupes à jouer ensemble est explosif sur scène. Beaucoup plus tard, je marche dans la nuit lumineuse et froide des rues de Paname, le son incendiaire qui résonne encore dans mes oreilles empêche l’engourdissement de poindre son nez. La nuit est électrique.

Zenzile: ciné-concert « Le Cabinet du Dr Caligari »

Après le très bel album Pawn Shop, Zenzile revient sur scène avec un projet de dub osé et différent: jouer sur scène une bande originale basée sur le Dub du film allemand expressionniste et muet Das Cabinet des Doktor Caligari de Robert Wiene (1919).

Zenzile n’a pas écouté la BO de l’époque mais a visionné en premier lieu le film dans le silence pour ne pas être influencé. A partir de là, ils ont commencé à improviser et ont réalisé ce ciné-concert actuellement en tournée.

Ils ont fait l’ouverture du Télérama Dub Festival (du 18 novembre au 4 décembre 2010) jeudi dernier au Café de la Danse à Paris. J’y ai donc assisté: c’était un très beau moment d’entendre du son de dub électro sur un film expressionniste allemand de 1919. Les musiciens de Zenzile ont joué faisant face à l’écran géant où passait le film. On a pu entendre de vibrantes envolées de dub schizophrénique surtout lors de la deuxième partie du film.

On pense bien sûr à Fritz Lang qui aurait dû au départ d’ailleurs réaliser ce film et à Idem (dub rock électro) qui lors de sa tournée dans les Balkans en 2008 (j’ai pu les voir à Zagreb au KSET: photos ici) pour présenter leur album The sixth aspiration museum overview (Jarring effects), passait des extraits de films/images en noir & blanc sur sa boule blanche fascinante…

Zenzile avec la participation de Télérama offre 4 titres en téléchargement extraits de cette bande très originale sur leur site jusqu’au 30 novembre, dépêchez-vous!: http://www.zenzile.com/drcaligari/ Pour obtenir le code, laissez-moi un commentaire et votre adresse mail.

Posté par Miss Nelson

Plus d’infos sur les dates de concert de Zenzile ici: http://www.zenzile.com/

Kaly Live Dub: nouvel album et concert au Nouveau Casino

D’après Itunes, Kaly Live Dub est le groupe qui tourne le plus dans mes oreilles…  Peut-être parce que les sons étranges de leur dub magnétique arrivent à canaliser toutes mes émotions.

Kaly sort sous Jarring Effects (mon label favori qui n’a que du bon son: Ezekiel, Hightone, Vuneny, Idem… pour ne citer qu’eux…) son cinquième album Lightin’ the Shadows en format double: l’ombre (dub lourd électronique) et la lumière (dub plus reggae). J’avoue que ma préférence va à la première partie de l’album.

Je suis donc allée les voir au Nouveau Casino le 28 octobre 2010. Les basses étaient tellement profondes que les verres dansaient en se déplaçant sur le bar… certains tombaient au sol.

Ils ont joué une quinzaine de morceaux dont certains du très beau Répercussions. J’ai pris quelques photos et vidéos avec mon ibignou. Visiter ma galerie de photos et vidéos du concert de Kaly au Nouveau Casino le 28 octobre 2010.

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