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Les films du mois de juin: X-Men, Le commencement et L’Affaire Rachel Singer

Je sais que je vais en décevoir plus d’un/une en avouant que de tous les films vus en juin: X-Men Le commencement de Matthew Vaughn, Limitless de Neil Burger, Une séparation d’Asghar Farhadi, L’affaire Rachel Singer de John Madden, Omar m’a tuer de Roschdy Zem, ce n’est pas du tout Une séparation  que j’ai retenu. Encensé dans la presse, radio, ce film fait apparemment l’unanimité et pourtant, malgré les excellents acteurs certes, j’ai trouvé ce film pesant, parfois même pénible dans sa répétition, prévisible, et non, je n’ai pas été émue plus que cela par la dernière scène où se lance le générique. Je me souviens encore d’Animal Kingdom ou de Winter’s Bone qui sont des films qui m’ont vraiment bouleversée cette année quand Une séparation m’a véritablement ennuyée. Je trouve très bien que ce film iranien ait pu faire autant d’entrées par le simple bouche à oreilles mais là où c’est agaçant, c’est quand ça devient « bien » de l’avoir vu… Cela me rappelle la période Des hommes et des Dieux qu’il fallait absolument voir. Occultant le reste. Ah bon? Passons donc là-dessus.

J’ai préféré, oh mon Dieu est-ce possible?!, X-Men, si si, que j’ai pris grand plaisir à voir et L’Affaire Rachel Singer. X-Men, Le commencement, qui raconte la jeunesse et la rencontre de Professeur X et Magneto, rappelle les bons vieux James Bond de nos parents. C’est sans conteste le meilleur de tous les épisodes de la série que Matthew Vaughn nous livre ici à la fois léger, drôle, sensible, coloré et très sombre (la scène d’ouverture dans le camp de concentration où est retenu Magneto est impressionnante). Rien à redire non plus concernant le casting impeccable; on y voit d’ailleurs l’héroïne de Winter’s bone, Jennifer Lawrence, en mutant qui n’accepte pas sa véritable apparence physique couleur bleu Klein (merci à Lennso pour m’avoir fait découvrir ce bleu hypnotique à Beaubourg:)). Un film donc pour ceux donc qui aiment les Marvel mais aussi pour les autres qui ne connaissent pas la série X-Men, celui-ci est l’occasion de les découvrir en passant un très bon moment de cinéma.

Dans un tout autre registre, bien que la première scène du film de X-Men se déroule dans un camp de concentration, j’ai apprécié L’affaire Rachel Singer surtout pour l’interprétation à fleur de peau de l’actrice Helen Mirren (qui joue Rachel aujourd’hui), toujours très classe, et le très secret Sam Worthington que j’avais trouvé si fade et lisse dans Avatar et qui trouve ici un rôle à sa mesure. Rachel est rattrappée par son passé lorsqu’elle fut agent du Mossad dans sa jeunesse: avec deux autres agents, ils avaient organisé l’enlèvement du chirurgien de Birkenau afin qu’il soit jugé pour ses actes criminels envers les juifs pendant la deuxième Guerre Mondiale. Un film sur l’impossible vérité qui ronge, les non-dits, l’incapacité des personnages à exprimer leurs vrais désirs enfouis et leurs émotions toujours retenues; des personnages qui de ce fait passent à côté de leur vie. John Madden filme de très belles scènes du trio entre Rachel jeune (Jessica Chastain), David (Sam Worthington) et Stephan (Marton Cskosas) ou comment une femme peut épouser par dépit un homme alors qu’elle en aimera un autre toute sa vie durant.

Posté par Miss Nelson

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Le film du mois de mars: Winter’s bone

De tous les films vus en ce mois de mars, (Avant l’aube, Winter’s bone, Fighter), c’est Winter’s bone, film américain réalisé par Debra Granik, qui m’a fait l’effet d’un électrochoc cinématographique dont je ne suis pas prête d’oublier l’ambiance rêche et les images sèches.

La caméra de Debra Granik ne lâche pas le visage nu de Jennifer Lawrence sans une once de maquillage qui joue le rôle principal: Ree, une adolescente de 17 ans qui élève seule son frère et sa sa soeur plus jeunes qu’elle puisque leur mère, qui erre comme une âme en peine le regard effroyablement vide, est incapable de s’occuper ni d’eux, ni d’elle-même. Ils sont tous abandonnés par le père sorti de prison qui a donné comme caution leur maison familiale, leur seul toit. S’il ne se présente pas à l’audience du tribunal, la famille sera expulsée. Ree part donc seule à la recherche de son père et apprend qu’il a été tué: pour garder la maison, elle devra apporter la preuve que son père est bien mort.

Sans aucune autre bande son que celui du souffle du vent glacial pour l’accompagner, Ree arpente sans peur la forêt du Missouri où elle vit, à la rencontre de curieux habitants, sortes d’hommes et de femmes des cavernes, pas très causants, tous aussi loufoques les uns que les autres, souvent dérangés, parfois violents, voire vraiment barrés. Ils lui jouent un petit air de banjo, la repoussent, la menacent ou la tabassent, c’est selon (aucune image de violence gratuite n’est montrée: par exemple, Ree se fait tabasser dans un garage tandis que la caméra reste silencieusement face à la porte refermée).

On ne verra jamais le père, tout au plus sera suggéré ce qu’il en reste lors d’une étrange scène onirique entre cauchemar éveillé ou réalité hébétée, où des femmes, un peu sorcières, emmènent Ree dans un canot glissant lentement sur une eau noire recouvrant l’impensable… Cette curieuse scène hantera longtemps le spectateur. On traverse des moments tantôt bruts de décoffrage, tantôt empreints de pure poésie (la scène finale avec l’oncle de Ree qui joue du banjo avec les enfants est superbe). Il faut voir cette gamine faire plier un à un tous ces personnages qui croisent son chemin pour aller jusqu’au bout de sa quête. Jennifer Lawrence crève littéralement l’écran.

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