Archives de Tag: Live

Le Peuple de l’Herbe au Bataclan le 14 mars 2012

Je sors à Oberkampf. Je reconnais Barbooz pourtant masqué par la capuche de son sweat. Il m’emmène dans une pizzeria. « Alors? » Je lui raconte mon week-end thérapeutique dans l’Aisne qui flanque mal au coeur. Je flanche de comprendre tout ce que j’ai entendu pendant deux jours. Les larmes et les mots pourtant nécessaires mais pour quoi faire? Alors c’est comme ça. Je le sais depuis longtemps et je ne peux rien y faire. Je me sens fatiguée. Pourtant, il faudrait que je sois souriante et me taire. Ce soir heureusement je suis venue me vider la tête au Bataclan pour écouter Le Peuple de l’Herbe.

Nous descendons directement dans la fosse ce qui me permet de filmer d’assez près le groupe. Je ne les ai jamais vus en concert et ce que j’ai entendu de leurs prestations live n’est pas une légende: ils sont tout simplement bluffants sur scène. Ils sont d’une énergie incroyable et le public en redemande. Ils vont jouer bien sûr une grande partie du dernier album A Matter of Time, sorti en janvier 2012 mais aussi Cube et Radio Blood Money comme la machine infernale d' »History goes », « Mission », « Juda Not », mon titre favori « El Paso » et surtout le « thème » du Peuple qui les a fait connaître: « PH Theme » de Triple Zéro.

Les deux invités du dernier album sont venus ce soir. Tout d’abord Marie Nachury du groupe cabaret punk « Brice et sa pute » qui arrive vêtue d’une robe couleur papier peint des années 70 pour interpréter « Mars », le premier extrait vitaminé C de A Matter of Time. Sa voix androgyne ne déçoit pas en live: tantôt rageuse, tantôt montant dans les aigus.

Marc Nammour du groupe « La Canaille » sera aussi de la partie ce soir pour interpréter le très beau morceau hip-hop « Parler le fracas » qu’il a écrit pour le dernier album. C’est un grand moment du concert, avec un texte très engagé surtout à l’aube des élections approchantes… Le public chante le refrain haut et fort : « Oui Urgent Crier, Libérer les mots, sortir du silence comme d’un abcès trouver l’écho »…

Quand JC001 chante sur « A Matter of Time », le titre éponyme du dernier album, Barbooz me dit que sa voix lui file des frissons dans le dos.

Sir Jean et JC001 enflamment le Bataclan sur « Let us Play » extrait aussi de A Matter of Time.

Après un rappel brûlant, le concert s’achève sur « Jasmin in the Air ». Tout le monde ressort de là enthousiaste. Barbooz rentre chez lui. Je marche seule dans Paris. Je me retrouve dans la rue de The Owl qui doit dormir à cette heure tardive, je lui envoie un texto. Je descends dans le métro pour prendre mon train. Le son du Peuple de l’Herbe résonne dans ma tête et chasse les mauvaises herbes qui tentent de pousser en moi. Je rentre chez moi. Mes cheveux et mes vêtements sont imprégnés d’effluves d’herbes folles. Un texto de The Owl arrive: « Nelson, tu es encore là? », « Non, je suis rentrée chez moi, je me couche ». J’éteins la lumière. Je ferme les yeux. Je repense à… « Urgent crier ».

Posté par Miss Nelson le 01/04/2012

Voir toutes les vidéos du concert: http://gallery.me.com/miss.nelson/100463
Le site du Peuple de l’Herbe: http://www.lepeupledelherbe.net/fr/main/index.php
Le site de Brice et sa pute: http://www.myspace.com/briceetsapute
Le site de La Canaille: http://www.myspace.com/lacanaille

Publicités

6 Commentaires

Classé dans Le potager sonore

High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (1/3): Brain Damage, « Dub Sessions »

Max Dormoy. Je sors du métro, le casque sur ma tête, le FX100 de Jarring Effects dans mes oreilles. Il fait déjà nuit. Je suis en route vers le 104 pour voir le premier concert de la tournée de High Damage, la rencontre entre Brain Damage et High Tone, qui sera également à l’affiche du Télérama Dub Festival.  J’avais posté un billet à ce sujet le 7 août (lire ici).  Je commence à réaliser seulement maintenant que je suis en train de traverser une cité l’air de rien, que je suis la seule fille qui marche dans une rue à l’atmosphère de plus en plus glauque. Je croise des bandes qui s’interpellent d’un trottoir l’autre. Allez: plus qu’un pont à traverser au-dessus de la voie ferrée et j’y suis… quoique? J’appelle Barb’ooz venu m’accompagner, seule personne de mon entourage martien qui aime aussi le dub électro, pour le prévenir que je n’atteindrai peut-être pas le bout du pont ce soir… Barb’ooz me récupère au bout du pont juste avant que je ne disparaisse dans la nuit…

On arrive au 104 que je ne connaissais pas, une fois à l’intérieur, je constate que c’est un très bel endroit où je me sens bien. On grignote un petit bout dans le restaurant-bar et comme la dernière fois au théâtre Montansier à Versailles lors du mémorable festival du Potager du Rock le 14 mai 2011, on reconnaît les basses vibrantes de Brain Damage qui viennent chatouiller nos pieds engourdis par le froid. Vite, on rentre dans la salle de concert. Un homme me tend le programme du Télérama Dub Festival: » Vous connaissez? » Euh…

Le concert est annoncé pour une durée d’environ 3 heures et il durera effectivement 3h30 sans entracte, donc c’est une véritable performance à laquelle on assiste ce soir. La rencontre est un triptyque car divisée en trois parties, trois tableaux: Brain Damage seul tout d’abord présentant les Dub Sessions, puis la rencontre avec High Damage, et enfin l’épilogue avec High Tone seul.

Brain Damage est tout de suite à droite dans l’entrée de la salle sur une scène. Le public lui fait face. Une autre scène en face tout au fond de la salle est plongée pour le moment dans le noir… Raphaël le bassiste étant parti sur un projet solo, il n’y a que Martin aux commandes des machines ce soir. J’ai dû mal à réaliser en fait que je suis vraiment juste à côté de lui, je suis contre le promontoir où il joue. Je vois le macbook, les consoles, le clavier, ce qu’il fait. Comme à son habitude, Martin ne reste jamais en place, c’est assez impressionnant de le voir faire tous ces réglages sur sa machine tandis que ses pieds bougent à un rythme effréné  !

Un homme à côté de moi hurle à l’attention de Martin : « Fais péter des trucs bizarres! ». Une grande partie du public se déhanche déjà dans la salle. Les Dub Sessions donnent un ton absolument reggae au dub joué dans cette première partie. Le son délivré n’a rien à voir avec les basses oppressantes du dernier album Burning before sunset. On est plus dans l’ambiance d’un album comme Dub 2 dub mais avec une rythmique plus accentuée et des samples plus importants et remixés.

Après une heure de prestation environ à haut voltage, Martin nous fait signe de regarder à l’autre bout de la salle en face de lui. Tout le monde se retourne. Des musiciens s’installent derrière cinq panneaux blancs. C’est High Tone qui fait face maintenant à Brain Damage, le public se retrouvant dorénavant entre les deux groupes. La deuxième scène du fond s’éclaire peu à peu. High Damage va utiliser tout l’espace de la salle du 104 pour jouer, pour la rencontre de deux groupes phares du dub français… (Lire la suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011: High Damage, dub alien…)

Posté par Miss Nelson le 20/10/2011
(Photos et vidéos Miss Nelson 2011 Tous droits réservés) 

Pour voir toutes les photos et extraits vidéos du concert de High Damage au 104 le 14/10/2011 (Miss Nelson 2011 Tous droits réservés), c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
Toutes les dates du tour sur le site officiel de High Damage
Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

Poster un commentaire

Classé dans Le potager sonore

High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (2/3): High Damage, dub alien

(Suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (1/3): Brain Damage, « Dub Sessions »)Ce soir au 104, après une heure de prestation de Brain Damage (avec seulement Martin), on assiste à la fusion entre les deux groupes de dub, High Tone et Brain Damage, qui se font face, le public entre les deux. High Tone apparaît au fond de la salle en ombres chinoises derrière cinq grands écrans-toiles, Martin en face d’eux, est toujours derrière ses machines. Les basses sortent du sols, anxiogènes, les murs de la salle du 104 tremblent, le premier concert tant attendu de la tournée d’High Damage  commence. La mise en scène avec les jeux d’ombres et de lumières, d’images et de correspondances entre les deux groupes est très subtile et réussie.

Il fait de plus en plus chaud dans la salle comble. La nuit s’annonce très longue. Et c’est tant mieux car je n’ai absolument pas envie de dormir ce soir malgré la fatigue accumulée ces cinq derniers jours et les perles de pluie persistantes  dans mes yeux. Le dub d’High Damage est parfaitement alien. Mutant et inquiétant car il empreinte les basses lourdes et les cliquetis étranges aux deux derniers albums de Brain Damage et la rythmique plus électronique et métallique d’High Tone depuis Underground Wobble et Outback. Il en résulte un dub sombre et envoûtant qui fait vibrer une à une les 33 marches de mon épine dorsale.

Après quelques morceaux mettant le public particulièrement en appétit ce soir, High Tone enlève les cinq panneaux blancs placés devant eux. Un écran géant s’allume derrière la scène. La voix qui sort alors des enceintes est si reconnaissable qu’elle est saluée par une partie du public: c’est celle de Black Sifichi qui a collaboré avec beaucoup de groupes électros et dub comme Brain Damage mais aussi Doctor Flake sur son dernier album Flake Up. Sa voix dit: « High Damage » en même temps que les mots apparaissant sur l’écran: une hypnotique hérésie hystérique traverse alors tous les corps remuants dans la salle.

J’observe le public. C’est drôle de voir tout ce mélange des genres: un homme devant moi en chemise blanche et catogan; un autre qui agite sa tête avec de longs dreadlocks qui descendent jusqu’en bas du dos. Beaucoup portent le tee-shirt avec le logo du coffret FX100 de Jarring Effects sorti fin septembre. Quant à moi, je porte un tee-shirt noir de Zenzile avec le très beau visuel de l’album Living in Monochrome, des Docs bien sûr et une fleur dans mes cheveux.

Dread ou fleur dans les cheveux, on est tous là ce soir pour vibrer au son de High Damage: le public a l’air vraiment réceptif à cette nouvelle expérience sensorielle insufflée par la rencontre des deux groupes. High Damage c’est fini. High Tone salue Martin de Brain Damage et le public. Il ne reste plus qu’à être très patients puisque l’album studio ne sortira qu’en mars 2012 après la tournée du groupe… (Lire la suite du billet en 3 parties: « High Damage au 104 le 14 octobre 2011 (3/3): High Tone »)

Posté par Miss Nelson le 20/10/11
(photos et vidéos Miss Nelson 2011, tous droits réservés)

Pour voir toutes les photos et extraits-vidéos du concert de High Damage c’est ici: http://gallery.me.com/miss.nelson#100373

En concert le 12 novembre 2011 au Télérama Dub Festival, salle Michel Berger, à Sannois (95). 
Toutes les dates du tour sur le site officiel de High Damage
Toutes les dates parisiennes du Télérama Dub Festival 2011.
Le label Jarring Effects.

3 Commentaires

Classé dans Le potager sonore

Doctor Flake à La Boule Noire le 12 octobre 2011: consultation pour arythmie atypique

« Il y a un problème? » demandé-je au médecin en blouse blanche qui hoche la tête interloqué: « Taisez-vous Nelson ». Il repose le stéthoscope sur ma peau et tend l’oreille: « Je ne comprends pas ». Il observe les graphiques. « Je n’ai jamais entendu ça auparavant, votre coeur bat beaucoup plus vite que la normale et j’entends des sons, comme une musique, au rythme des battements de votre coeur… Je vais vous donner des médicaments car vous ne pouvez pas rester comme ça ». « Des médicaments pour quoi faire? Quels effets secondaires? ». Le médecin me sourit et dévoile ses dents terriblement blanches: « Ils vont ralentir votre coeur qui va enfin battre normalement, vous ne ressentirez plus les choses et les personnes aussi fort qu’avant. Vous ne serez plus émotive, ni sensible donc vous ne souffrirez plus, tous les événements glisseront sur vous, c’est merveilleux non? Ouvrez la bouche » « Non! Je ne veux pas de vos satanées pilules! » NE PAS AVALER. Je sors du cabinet en courant. E-perdue dans les rues, je compose le numéro habituel en cas d’urgence de Barb’ooz, quelque part sur les routes avec sa GT1000, le garde-fou, celui qui m’empêche de sauter, de couper, de débrancher une fois pour toute mon coeur et mon cerveau électriques: « Nelson, déconne pas, ne débranche pas. Je t’envoie chez un thérapeute spécialiste du coeur électrique à tendance hyperémotive. C’est le Doctor Flake, RDV à La Boule Noire le 12 octobre 19h30. » 

Le jour J, je frappe à la porte étroite de la Boule Noire à droite de La Cigale, quartier Pigalle, où je trainais encore il y a cinq jours (lire le Live-Report de Cascadeur). On m’ouvre. « Je suis venue voir le Doctor, c’est pour soigner mon coeur? » On me laisse passer: « Prenez place ». La salle d’attente est pleine de gens comme moi, les « Followers » du Doctor. Je me sens moins seule tout à coup. Placé à droite sur la scène, il pianote sur son clavier-magnéto qui délivre des sons comprimés qui facilitent l’assimilation des vitamines bénéfiques en agissant directement sur la bonne transmission de l’influx nerveux, ce qui a pour effet d’apaiser l’état de manque affectif permanent.

Le corps du Doctor ondule au rythme de sa musique, ses gestes si gracieux caressent les touches. Il dit en regardant la salle d’attente remplie de patients impatients de l’écouter jouer: « C’est précieux ça ». Touché, ému et nous aussi… Doctor Flake place une petite caméra tournée vers son clavier pour qu’on puisse le voir jouer sur le grand écran de la scène. Il nous présente sa mascotte « Eliott », petite poupée qu’il fait marcher sur les touches du clavier. Vale Poher et Miscellaneous sont de la partie ce soir pour la grande première du Doctor. C’est en effet la première date de sa tournée qu’il entame pour promouvoir son dernier album Flake Up sorti le 12 septembre 2011. La participation de Miscellaneous donne un ton hip-hop à Flake Up sur deux morceaux joués ce soir « Addiction » et « Followers »:

« Licensed to pills » et « Colloque sentimental » extraits du très beau Paradis Dirtyficiels seront réclamés par le public. Doctor Flake nous offre là deux moments très très intenses et réjouissants de cette consultation: démarrage en douceur de « Colloque sentimental »… « Qu’il était bleu le ciel et grand l’espoir… « , coup de tonnerre et arrivée progressive dans mes veines de la bile noire à la Boule Noire qui envahit mon cerveau ce soir et tout mon corps qui se met à tanguer de plus en plus fort, la tête dans les étoiles…

La consultation est finie, tous les morceaux-médicaments prescrits ce soir par Doctor Flake passent tous seuls. On ressort de La Boule Noire le coeur enfin « léger »… merci Jean-Marie pour la thérapie. Je repars avec une ordonnance « et la force improbable de continuer » (« Une île »): « A prendre de préférence le soir avant le coucher. Poursuivre le traitement indiqué sur la période hivernale et à renouveler car nécessaire. »

Posté par Miss Nelson le 16/10/2011

Les dates de la tournée
Lire le billet « Doctor Flake délivre une nouvelle ordonnance… »
Plus d’infos sur l’album « Flake up » sur le site de Doctor Flake: http://www.doctorflake.com/
Suivre Doctor Flake sur Twitter

Poster un commentaire

Classé dans Le potager sonore

Cascadeur à La Cigale le 7 octobre 2011: que saigne mon coeur

(Suite du billet « Cascadeur: choc émotionnel » du 25 avril 2011)... Vendredi soir. Tout le monde se dit au revoir et rentre vite chez soi. Pas moi. D’ailleurs, c’est où chez moi? Je ne sais plus. J’arrive en prenant mon temps à La Cigale très en retard mais le concert n’a pas encore commencé. Je suis venue voir Cascadeur. Cascadeur que je n’ai pas écouté une seule fois depuis le mois de mai 2011. Je sais que ça va faire très mal de réentendre ce soir tout le répertoire de l’album The Human Octopus… 

Quand j’ai découvert sa musique il y a déjà 6 mois, en avril 2011, j’étais arrivée à un moment de ma vie où j’ai pensé naïvement qu’elle allait vraiment changer. Mais je me suis cruellement trompée. J’ai tant écouté cet album à en être retournée, que la musique de Cascadeur reste liée à des moments précieux, uniques, hors de l’ordinaire, me laissant alors dans un état de lévitation permanente. Je n’ai pas senti la chute arriver, mon corps se fracasser contre une paroi sourde de glace.
Depuis, pour ressentir les choses, il m’arrive de marcher très vite dans le métro jusqu’à me cogner dans les gens, d’autres corps froids, des zombis automates quotidiens que je croise et qui me bousculent en retour. Je me prends des murs et des portes qui claquent à mon visage. Ne restent que les hématomes. Sentir la douleur c’est sentir quelque chose. La dernière fois lors de ma chronique de son album The Human Octopus, je finissais seule dans les rues de Paris. L’homme en deux-roues n’est jamais revenu me chercher.  Comme si je n’étais pas là, je n’avais jamais été là, comme si je n’avais jamais existé. La fleur dans son coeur s’est fanée. Ce soir, je ferme les yeux à nouveau à La Cigale et quand je les réouvre, Cascadeur entre en scène peu avant 9h accompagné de trois cordes et une flûte traversière. Il s’assied devant son piano en tenue blanche de cascadeur avec son casque de moto découvrant le bas de son visage. Des images défilent sur un ballon blanc, la lune, accroché en haut de la scène.

Cascadeur, alias Alex Longo, si fragile sous sa panoplie joue sa musique onirique et lunaire qui berce un public en plein émoi. Il se lève pour faire face à la salle. Je vois clairement juste le bas de son visage délicat sous le casque qui ressemble tant à celui qui… C’en est si troublant que le vague à l’âme m’envahit… Une doublure entre en scène pour lui ôter son casque (de dos) et lui mettre à la place un masque de Luchador bleu et blanc qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin du concert: on ne voit désormais plus que ses yeux et ses lèvres. 

Cascadeur sort sa fameuse Dictée magique qu’une seule génération aura connue, et on se dit que l’iPad n’aura jamais cet effet nostalgique dans plusieurs années… Le public répète chaque mot prononcé qui défile sur l’écran de la scène… Ce moment est vraiment très drôle, tout le monde se prend au jeu. Mais lorsqu’il joue les premières notes de  « Meaning », je ne peux plus retenir les larmes. « I’m strange man Like a ranger I’m invisible Like a monster But someday you understand Meaning of my worlds (…) I’m a speaker of the silence I’m the question now to you answer » . Les gens autour de moi sourient et moi, je tremble et je pleure dans la salle de me souvenir et de ressentir tant de choses… Je me rappelle d’une interview de Cascadeur où il avouait son  hyperémotivité:  » J’ose enfin être très émotif, pleurer et trembler visiblement, mais sous ma cagoule ». Quelqu’un dans la salle l’interpelle: « Enlève le masque ». Il répond avec tact: « Quel masque? ». Superbe. Je souris intérieurement: je porte moi aussi un masque invisible tous les jours et quand je ne peux plus tenir, je vais me cacher dans un coin à l’abri des regards pour pleurer. Alex Longo, mon étrange double?

Cascadeur jouera aussi « L’Odyssée », morceau qui l’a fait connaître avant son premier album: il lui permettra de gagner le concours CQFD des Inrocks et de figurer sur la compilation. Un rappel et un concert qui se termine sur « Bye bye » que chantonne Cascadeur assis au bord de la scène accompagné d’un guitariste assis à ses côtés. Alex Longo descend dans la fosse et traverse toute la salle pour saluer le public médusé par the human octopus. Cela ne devrait jamais finir. Avant de descendre dans le métro station Pigalle, je lève les yeux vers le ciel intriguée par la luminescence étrange que je sens au-dessus de moi: ce n’est plus le ballon blanc de la scène mais la vraie lune blanche quasi pleine, qui brille intensément dans la nuit. Bye bye et merci Alex Longo pour être « a strange man », pour ta fragilité et ta sensibilité qui te rendent si différent.

Posté par Miss Nelson le 09/10/2011

Lire la chronique de l’album The Human Octopus
Plus d’infos sur Cascadeur: http://www.cascadeursound.com/
http://www.myspace.com/cascadeur

1 commentaire

Classé dans Le potager sonore