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Metastaz – « Encounters » : L’invitation au voyage

Il est déjà tard, je suis seule sur le quai de la gare. Je cligne des yeux pour tenter d’apercevoir quelque chose au loin mais un brouillard persistant enveloppe les voies. Je sais qu’il doit passer ce soir. J’attends l’Orient Dub Express.

Le vent se lève soudainement. A 4h10 sonnantes, le sol se met à trembler sous mes pieds. Et un bruit fracassant résonne dans toute la gare. Les freins crissent et une vapeur étrange d’ambre mêlé des senteurs des plus rares fleurs d’Orient envahit tout l’espace. L’Orient Dub Express, majestueux, apparaît enfin devant moi. Une porte s’ouvre et un homme qui porte un tee-shirt à l’envers me fait signe d’entrer dans le wagon. J’entre. La porte derrière moi se referme brusquement. Au coeur du wagon se trouve un siège rouge entouré de multiples écrans et consoles. Je m’allonge dessus et pose sur mes cheveux en fleurs le casque audio relié aux consoles que me tend l’homme au tee-shirt à l’envers: « Ferme les yeux et écoute Nelson… Enjoy ». Maintenant que je suis à bord, je sais que (re)commence ici une étrange expérience sonore… celle d’Encounters, le nouvel album de Metastaz alias Thomas Simoe, sorti le 29 octobre… « Attention aux fermetures des portes, le train va partir… »

…une étrange expérience sonore commencée il y a un an, lorsque je montai par hasard à bord de l’album Orient Dub Express et découvris le patchwork électro-dub world de Metastaz.  Combien de fois me suis-je laissé bercer par des titres comme « Orient folk », « Draw me a rainbow » ou encore l’introduction « Ghost and Assassin » ? Comme un double jeu/JE de miroirs et de résonances magnétiques, le titre qui ouvre l’album Encounters se nomme « Girl and Assassin » et je le trouve superbe, envoûtant:  on y retrouve ce savant mixage de dub et de trip-hop à consonance orientale et de samples d’extraits cinématographiques souvent inquiétants. Un mélange d’énergie, de rage et de douceur tout à la fois…


Encounters est l’oeuvre d’un orfèvre du son électro-dub hip-hop, ponctuée de quatorze chapitres qui sont avant tout des rencontres. Bien sûr, on retrouve Miscellaneous (déjà présent sur Orient Dub Express) sur trois titres hip-hop : s’éveiller sur le très vitaminé « Supah »  (titre que l’on a pu découvrir sur la compilation du FX100 de Jarring Effects, bien avant la sortie de l’album) ;  ressentir le lancinant vent du désert qui souffle sur « Hashashin »; se relaxer sur « Skreeem! » aux accents plus bristoliens. Mais d’autres rencontres se font comme Miss Mey sur l’intriguant « Vampire », Dr Israël sur le vaporeux « Babylon Surround Dem », Sir Jean du Peuple de l’Herbe sur le très électronique « Run come learn », Nastasia Paccagnini sur « Here it is » au rythme charnel des battements d’un coeur vibrant.

Encounters offre de très beaux moments de calme et de volupté avec « Prince of Persia » notamment mais aussi le japonisant « Ballet of Shadows » où l’on croirait voir tomber des pétales de fleurs de cerisiers sur un lac aux reflets roses et argentés. Alors que « Miss Fortune » s’achève, l’homme au tee-shirt à l’envers ôte avec délicatesse le casque audio de ma tête, me sourit et chuchote à mon oreille: « Il semblerait que tu aies fait un beau voyage Nelson? ». Nul doute qu’avec Encounters, Metastaz continue l’invitation au voyage sonore d’Orient Dub Express à travers la Perse-Iran, l’Inde, en passant par Babylone… en explorant encore et toujours de nouveaux espaces, en invitant de nouvelles voix, en distillant de nouveaux sons pour charmer sans cesse nos oreilles électriques jamais rassasiées.

Posté par Miss Nelson le 01/11/2012

Encounters est en téléchargement libre sur le site officiel de Metastaz: http://www.metastaz.net

L’album est en écoute intégrale ici: http://soundcloud.com/metastaz/sets/metastaz-encounters-sept2012/

Dans cette chronique se trouvent des extraits empruntés à « L’invitation au voyage » de Charles Baudelaire, (Les Fleurs du Mal).

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Mekanik Kantatik à La Maroquinerie le 4 novembre 2011 (1/2): poétik ludik

Quelqu’un me serre fort dans ses bras mais je ne suis pas là, si loin déjà, ailleurs, au-dessus de moi, je vois la rue pavée où je suis tournoyer sous mes pieds, jusqu’à la nausée. Quelqu’un me soulève, mes petites baskets à lacets roses se détachent du sol, « je te dévore » mais mon corps se dérobe, se Kamisole dans un arK-en-ciel noir parallèle.  Quelqu’un me regarde et me parle mais je remets le casK sur ma tête, je ne veux rien entendre d’autre que des sons étranges fuser dans mes oreilles, se distiller dans mon cerveau, j’écoute « Draw me a Rainbow » de Metastaz (Orient Dub Express). Je vois ses lèvres me dire quelque chose mais je n’entends plus sa voix, ses mots, s’ils sont vrais s’ils sont faux, seule la musiK Kompte. D’un geste de la main, il désigne son Koeur mais le mien est verrouillé. A triple tour. Dieu seul sait où j’ai pu ranger cette satanée Klef. Je me suis encore égarée. « Sauve-toi de moi », « sauve-moi de toi ». Je me retourne, je me détourne, je tourne les talons. Je fous le camp. Je m’échappe encore. Je reprends ma marche méKaniK de petit soldat désarticulé qui se relève toujours sans bien savoir pourquoi. Me sauver oui mais pour me réfugier où? Vingt-trois rue Boyer. Vingt-heure précises: j’échoue seule sur le rivage de La MaroKinerie. Un grand Black se tient devant moi. Je lui tends un bout de papier un peu chiffonné où il est imprimé: « Earthling, vendredi 04 novembre, 20h, placement libre ». Il me demande ma main, je lui souris et lui donne sans rechigner. Il me tatoue « La MaroKinerie » sur le poignet. Je descends au sous-sol et j’enlève mon casK pour entendre…

Pour entendre la première partie d’Earthling (live report à venir) ce soir, d’un tout autre genre, qui m’a tout simplement emballée. Il s’agit de Mekanik Kantatik. Un homme seul en scène, Nicolas Cante, pianiste surdoué, Karesse et frappe tour à tour avec une maîtrise déchaînée son piano esthétiKo-KaotiK tout droit sorti d’un film de Tim Burton.

Il est vêtu d’un tee-shirt avec une Kravate et surtout des baskets avec des lacets de couleur, et ça j’aime beaucoup, beaucoup… Ressaisissons-nous. Une fleur, un tournesol plus précisément, est aKKrochée à droite de l’instrument: cette petite touche de poésie ludiK a tout pour me plaire. Sur le piano, les Konsoles, boîtes à rythme et tout autre objet non identifié servant à malmener le son sont à portée de main de l’artiste.

Pendant une bonne heure, cet homme venu d’ailleurs qui ne s’adresse au public qu’avec une voix digitale transformée a le don de faire jaillir de son piano baroK un joyeux briK-à-braK sonore absolument déjanté mais dans le fond totalement travaillé dans le moindre détail. Sa musiK se nourrit autant de jazz très mélodiK, que d’éleKtro daft-punkien complètement saturé mais aussi de dance floor chargé de vitamine K, le tout distillé dans une mise en scène très théâtrale.  Elle a quelque chose d’euphorisant, je souris et ris à plusieurs reprises, elle me donne envie de bouger mon petit corps méKaniK.

Malmenant et dérangeant des sons bien arrangés, Nicolas Cante réussit à électriser un public interloKé, au départ très septiK et pas vraiment réceptif à sa musiK. Il le met dans sa poche puisqu’il en redemande encore. Surtout lorqu’il se met à jouer du Michel Berger au piano debout: « bon, ça suffit maintenant » ou bien quand il descend dans la fosse… Après le dernier morceau, la salle l’applaudit fortement en réclamant longtemps un rappel. Il nous quitte visiblement très ému. J’ai en tout cas très envie de le revoir sur scène un jour… Son album Improvisium 1.1 sortira le 12 janvier 2012. Place maintenant à… Mau et Earthling… (lire la suite du billet pour le live-report d’Earthling …)

Posté par Miss Nelson le 06/11/2011

Toutes les vidéos du concert (Miss Nelson 2011. Tous droits réservés): http://gallery.me.com/miss.nelson#100412
Le site officiel de Mekanik Kantatik: http://www.kantatik.net/

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